Le jeune écrivain Aqiil Gopee  présente un recueil de nouvelles tout à fait réjouissant aux éditions de l’Atelier. Préfacé par Ananda Devi, qui a en quelque sorte trouvé dans ses textes une sorte de jeune miroir, ce petit livre intitulé Fantômes sonde les profondeurs de l’âme dans ses recoins les plus obscurs et ses ressorts les moins rationnels.
Même s’il est écrit par un très jeune homme, Fantômes n’aligne pas les exagérations gothiques dont toute une frange de la jeunesse actuelle est friande. Non, cet écrivain de 19 ans qui a publié son premier livre à 14 ans sous le titre La pièce sonde les profondeurs du coeur et de l’âme pour en quelque sorte courtiser les frontières de l’amour, et se permettre sans limites toutes les fantaisies de l’imagination.
Du monologue d’un être possédé par la folie adressé au cadavre d’un ami, à cette histoire déjà connue d’un être enterré vivant qui parvient peu à peu à remonter vers la surface de la terre mais rend son dernier souffle à quelques centimètres de l’oxygène tant espérée, l’auteur place son lecteur dans les situations les plus inconfortables, de celles qu’on n’ose pas imaginer mais qui pour cette simple raison nous fascinent littéralement à cause de cette impossibilité de les connaître. Comment imaginer la mort qui, par définition, ne peut être vécue. Aqiil Gopee ose le faire et nous entraîner dans une odyssée macabre.
Ses textes transportent aussi le lecteur de l’autre côté du miroir, dans un monde fait de désirs inavouables et d’êtres légendaires. Les histoires de Fantômes fricotent avec l’animalité, les créatures fantastiques, la folie des hommes et les grands mythes de l’humanité. Pourtant, cette écriture limpide et la luminosité qui s’en dégage ne laissent jamais d’amertume. Sans doute est-ce cette lumière intériorisée dans les style de son écriture qui permet à cet auteur de nous emmener en toute confiance dans le « coeur ténébreux de l’écriture » et le « noir d’âme ».