Nombril du monde est un grand vaisseau qui traverse le temps et les tempêtes. Une propriété que Paul-Marie Le Dantec (Bertrand d’Unienville) tient de ses aïeux. Saloni Kapoor (Vinaya Sungkur-Burrel) orchestre insidieusement le naufrage du domaine pour venger sa grand-mère. La bienveillance de Paul-Marie envers la jeune femme et son frère, Ashwin (David Furlong), ne changera rien aux idées vengeresses de Saloni. Car cette tutelle est perçue comme un rachat de conscience, en mémoire d’une liaison entretenue avec leur défunte mère. Saloni est pétrie de rancoeur pour avoir baigné dans l’amertume de Shana, une grand-mère devenue acariâtre.
Dans un nuage de fumée, le spectateur est transporté dans le temps. Vinaya Sungkur-Burrel prête aussi ses traits à Shana, jeune domestique drapée d’un sari ivoire. Elle et Charles (Benjamin Gilot) s’aiment clandestinement d’un amour interdit par l’époque. En 1936, un descendant de colon et une enfant de coolie ne peuvent pas s’aimer. Pourtant, ce sentiment les unit malgré la désapprobation des leurs. Le cloisonnement ethnique et le repli identitaire ne le permettent pas. Charles est promis à une fille de sa condition; Shana à un vieil homme bedonnant mais bien doté.