La situation sur la scène locale s’enflamme depuis le début de la semaine écoulée, soit le jour même de la présentation en première lecture du Sports Bill 2013 à l’Assemblée Nationale. La raison de cette montée d’adrénaline entre le ministère des Sports et le Comité Olympique Mauricien (COM) c’est le fameux «feu vert du CIO» que le ministre avait évoqué dès que le Bill fut rendu public, dans les colonnes mêmes du Week-End du dimanche 1er décembre. Or ce feu vert du CIO est sérieusement remis en question aujourd’hui par la lettre de Jérôme Poivey, Head of International Relation and Governance avec les National Olympic Committees.
Dans ce courrier adressé au président du COM, Philippe Hao Thyn Voon, Jérôme Poivey explique en des termes très clairs sur la question du feu vert di CIO. «Notre rôle n’est évidemment pas « d’approuver préalablement » un projet de loi. Par conséquent, nous vous confirmons (comme je vous (ndlr: PHTV) l’ai dit explicitement au téléphone vendredi dernier (ndlr: 29 novembre) et ce, je l’ai également signifié le même jour au premier secrétaire du ministère directement) que le CIO n’a pas donné d’ « aval » préalable au projet présenté», a notamment écrit Jérôme Poivey.
Ce dernier précise au départ de son courrier que le rôle du CIO consiste à aider et accompagner les parties conernées dans ce travail à savoir le ministère des Sports, le CNO et les fédérations nationales dans le cadre d’une feuille de route tracée par le CIO et l’ACNOA. «C’est exactement ce que nous avons fait jusqu’à maintenant», soutient encore l’auteur de la lettre. Plus encore, Jérôme Poivey, précise qu’il a demandé à ce que le projet de loi soit utilisé comme une base de discussions entre les parties concernées. «Afin, dit-il, de peaufiner et de finaliser le projet en plein accord entre toutes les parties, dans le cadre de dialogues ouverts et constructifs et sans précipitation inutile», avance Jérôme Poivey.
Le Head of Institutional Relations and Governance du CIO soutient aussi que les parties doivent travailler dans une logique de discussions et de compromis. «Ceci est d’autant plus que chacun doit admettre objectivement que, même si tout n’est pas parfait, la situation progresse sensiblement», soutient-il en conclusion de son courrier. Reste que cette missive vient comme un pavé dans la marre et qu’aujourd’hui il est à constater tout le dégât qu’a fait l’affirmation du PS, Dev Phokeer samedi dernier lors de la rencontre MJS-fédérations sur ce point précis. En effet, le PS du MJS était allé jusqu’à affirmer que personne ne pouvait mettre en doute la parole d’un ministre et que dans la foulée une possible «démission avait été évoquée si une personne prouvait le contraire». A moins que Dev Phokeer n’a rien compris après des heures et des heures de discussions quotidiennes avec Jérôme Poivey, il va sans dire que cela lui fait une belle jambe, au ministre lui-même qui se retrouve bel et bien au pied du mur.
Interrogé hier après-midi sur cette affirmation du CIO, le ministre a essayé de « set the records right », comme il le dit lui-même à Week-End. «J’assume pleinement mes propos. Depuis que nous avons discuté sur le projet de loi  avec le CIO et les fédérations nationales, nous avons soumis une liste de 47 points. Par le biais d’une réunion avec le COM, les fédérations n’ont soulevé que 5 points de discorde. Nous avons étudié ces 5 points et nous avons soumis nos contre-propositions au CIO, qui en retour a fait des contre-propositions et des avenues de compromis. Je dois dire que « we agree to disagree » avec le CIO sur ces 5 points, mais nous avons pris en considération les voeux du CIO. Donc si ce n’est pas un avis favorable du CIO, je me demande c’est quoi alors?» s’interroge le ministre, un peu agacé par la tournure que prennent les choses.
Le ministre revient sur la question du feu vert du CIO: «Si j’ai bien compris ce qui a été publié dans la presse d’aujourd’hui (ndlr: hier) le CIO n’est pas habilité à donner son feu vert à un projet de loi. Alors  quel feu vert le COM s’attend à ce que le CIO donne au Sports Bill? Nous sommes un pays souverain et nous assumons notre responsabilité vis-à-vis du mouvement sportif. Je  voudrais attirer votre attention que dans tous les courriers de Jérôme Poivey que ce soit à l’adresse du ministère des sports ou au COM, le CIO n’a jamais remis en question notre projet de loi. Même en ce qui concerne la structure mise en place pour l’enregistrement des clubs et des fédérations», dira Devanand Ritoo.
Reste donc que la balle est lancée et sans doute des responsabilités sont à assumer.