La sanction est lourde pour Marie Ange Li Kam Wa, mère du pongiste Warren Li Kam Wa et Javed Ghanty, licencié de l’AMTT. Les deux ont été trouvés coupables d’avoir utilisé un langage inapproprié envers des joueurs et menacé un membre de l’Association mauricienne de tennis de table (AMTT) respectivement. Cette décision a été entérinée lors de la dernière réunion du comité directeur de l’AMTT, le 27 novembre dernier.
Les incidents sont survenus lors des championnats nationaux, le 30 septembre dernier. Marie Ange Li Kam Wa aurait, selon des allégations faites par un groupe de six pongistes, utilisé des termes inappropriés. Ce qu’elle nie avec la plus grande véhémence. « Je réfute ces faussetés. Je n’ai jamais utilisé de tels propos », clame-t-elle.
Une lettre émanant des six pongistes et faisant état de ces propos alors été déposée à l’AMTT. L’Association s’est saisie du dossier et mis sur place un « hearing committee » afin de faire la lumière sur ces incidents. « J’ai personnellement présidé ce comité. Nous l’avons invité à donner sa version des faits », explique Vimal Basanta Lala, secrétaire de l’AMTT. Pendant la tenue de ce comité, Marie Ange Li Kam Wa a nié les faits qui lui sont reprochés.
Après Mme. Li Kam Wa, c’était au tour des pongistes de s’expliquer. « Nous avons écouté tout le monde et avons soumis un rapport à l’AMTT. » Une fois le rapport soumis, l’AMTT s’est réunie pour décider de la sanction. Elle est lourde : deux ans d’interdiction à toute activité organisée par l’AMTT. « Nous ne pouvons tolérer que des gens tiennent de tels propos dans l’enceinte du gymnase et de la Fédération », fait ressortir Vimal Basanta Lala.
Mais Marie Ange Li Kam Wa ne souhaite pas rester là. « Quand je me suis expliquée, Vimal Basanta Lala a dit “Ok, Ok, blié ça.” Mais je me réserve le droit de poursuites suites aux fausses déclarations à mon encontre », avance Marie Ange Li Kam Wa.
Elle analyse les choses différemment, cependant. « Je me demande si ce n’est pas une forme de vengeance depuis l’épisode où on avait sollicité l’Ombudsperson for Children à l’époque des championnats d’Afrique. »
De l’autre côté, Javed Ghanty a écopé de cinq ans de suspension. Déjà sous le coup d’une suspension d’un an pour avoir occasionné des incidents l’année dernière, le pongiste — qui allait retrouver sa licence au mois de février 2013 — ne devra s’approcher du gymnase ou de toute autre structure où se tient une activité de l’AMTT.
Il aurait, selon les faits qui lui sont reprochés, insulté Vimal Basanta Lala sur le parking du Centre national de tennis de table, à Beau-Bassin. Mais Javed Ghanty avance que c’est le secrétaire de l’AMTT qui l’aurait provoqué. « Il a insulté ma famille. C’est lui qui m’a provoqué. J’ai même consigné une déposition contre lui au poste de Police de Barkly », martèle Javed Ghanty.
Vimal Basanta Lala, lui, se défend. « Je n’ai rien dit de mal sur sa famille. Moi aussi j’ai été au poste de police pour une déposition. Là-bas, on m’a dit qu’il avait effectivement fait une déposition contre moi. Mais on ne l’a pas cru, car il y a beaucoup de précédents contre lui », avance le secrétaire de l’AMTT.
Donc, après les incidents, l’AMTT lui a envoyé une lettre pour qu’il se présente devant un comité disciplinaire. Mais Ghanty nie avoir reçu une quelconque convocation. « Je n’ai rien reçu. Ni lettre de convocation, ni lettre de suspension. Ce comité était illégal », affirme-t-il.
Mais l’AMTT se défend. « Nous l’avons écrit à l’adresse qu’il avait laissée à l’AMTT. Lors de sa dernière audition devant un comité disciplinaire, nous l’avons envoyé une lettre à cette même adresse et il était venu. Mais s’il a changé d’adresse, c’est son devoir d’en iinformer l’AMTT », soutient Vimal Basanta Lala.
Le comité disciplinaire, présidé par Me. Ruhomatally, a pris connaissance de la précédente sanction prise à l’encontre de Javed Ghanty. L’AMTT était représentée par Me. Alan Mahadia. Le comité disciplinaire a statué que Javed Ghanty devrait être suspendu. « L’AMTT a fait son devoir. Nous ne pouvons accepter qu’une personne vienne faire du désordre dans l’enceinte de l’Association », soutient avec fermeté Vimal Basanta Lala. Cependant, la porte reste ouverte. « Il existe toujours la possibilité de faire appel si jamais ils pensent que leurs droits ont été bafoués », souligne le secrétaire de l’AMTT.
En attendant, tout le monde se défend. « A l’AMTT, nous avons respecté les procédures. Nous avons la conscience claire », poursuit Vimal Basanta Lala. Marie Ange Li Kam Wa et Javed Ghanty aussi clament la même chose. En attendant, les choses vont-elles s’arranger ? Là est là question.