Pour sa première édition mauricienne, le festival Passe-Portes bénéficiera de la présence bienveillante et toujours rayonnante de Claudia Cardinale. Ce monstre sacré du cinéma européen a en effet accepté d’être la présidente d’honneur du jury 2014, aux côtés de Bernard Faivre d’Arcier qui en sera le président. En coulisse, les organisateurs finalisent la logistique et les accords avec les partenaires pour cet événement théâtral et musical qui se tient du 27 mai au 1er juin au centre de conférence de Grand-Baie.
Catherine Swagemaker et François Moravic auraient pu se contenter de confier la présidence du festival Passe-Portes 2014 à l’une des pointures qui composent son jury (Claude Brasseur, Patrick Chesnais, etc.). Ils l’ont d’ailleurs fait en choisissant Bernard Faivre d’Arcier, mais une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, ils vont pouvoir marquer cette première édition mauricienne de la présence quasi mythique de Claudia Cardinale. Cette star européenne, très sollicitée, qui a illuminé une palette tout à fait impressionnante de grands films internationaux et joué sous la direction de cinéastes qui ont fondamentalement marqué l’histoire du septième art (Visconti, Gance, Fellini, Hathaway, Leone etc.), a aussi connu une carrière au théâtre non moins marquante (notamment sur des textes de Tennessee Williams). En 2005, elle a publié une autobiographie sous le titre Mes étoiles. Au-delà de ses nombreuses distinctions cinématographiques, son engagement politique marqué à gauche et ses prises de position sur les droits des femmes en ont fait aussi un personnage dont la voix est écoutée au-delà des salles obscures. L’Unesco en fait son ambassadrice de bonne volonté en 1999.
Habitué de Passe-Portes, lui-même ancien directeur de festivals et de salles de théâtre, Bernard Faivre d’Arcier assurera la présidence du jury qui devrait compter onze membres, comédiens de carrière dans le cinéma francophone, agents artistiques ou dirigeants de salle.
Spectacles et rencontres
Du côté de la logistique et de l’organisation, face aux doutes qu’enclenchent systématiquement ce genre de première fois et d’événement culturel, Catherine Swagemaker nous précise notamment à propos du prix des soirées (de Rs 400 à Rs 1 800 en carré d’or) que chacune d’entre elle est conçue pour apporter plus que la simple vue d’un spectacle en salle. Ces billets en vente chez Otayo devraient apporter la possibilité à la fois d’assister à des pièces de théâtre ou à des concerts, de voir des maquettes de projets théâtraux, d’échanger après les spectacles avec les artistes impliqués dans le projet, et même de boire un verre payant avec quelque célébrité au bar qui va être aménagé au centre de conférence. « Nous aurions bien sûr aimé proposer des places à des tarifs plus bas, mais nous devons absolument équilibrer nos comptes si nous voulons pérenniser le festival. Nous ne bénéficions d’aucune aide publique pour apporter ce projet à Maurice de la part des institutions mauriciennes, et nous payons plein pot ne serait-ce que la location de la salle et son équipement. C’est un risque que nous avons décidé de prendre parce que nous y croyons fermement. Nous bénéficions heureusement du sponsoring de Corsair pour les billets des personnalités et artistes qui feront le déplacement jusqu’ici. Nous comprenons tout à fait que ce projet surprenne et soulève des doutes pour sa première édition, mais nous gageons que les sponsors et les aides viendront en 2015 lorsque chacun aura mesuré les effets de la première édition sur la création et la vie culturelle mauricienne… »