Gawkurrun Seetohul, acteur, écrivain et dramaturge, a connu une carrière fulgurante dans le domaine du théâtre en hindi et en bhojpuri. Il compte à son actif plus de trente ans d’expérience dans l’art théâtral, et a été consacré meilleur acteur à de nombreuses reprises pour des pièces en hindi, bhojpuri, ourdou ou anglais. Spontanéité, humour et émotion caractérisent la trame de son écriture prolifique. A travers son club, la Vacoas Raang Bhoomi Kala Mandir, fondé en 1975, il a donné ses lettres de noblesse au bhojpuri. Une centaine de trophées ornent actuellement ses vitrines à Vacoas, faisant la fierté de sa famille, qui l’a toujours soutenu tout au long des années où il a évolué sur les planches.
Âgé de 53 ans et rongé par la maladie, Gawkurrun Seetohul continue cependant à jouer en fauteuil roulant et embrasse tous les genres. C’est un homme de spectacle efficace et sérieux, dirigeant avec un instinct infaillible ses acteurs et possédant le sens aigu de l’ombre et de la lumière. Il remet toujours en question la société, et ses pièces sont inspirées de faits réels et d’expériences vécues.
Ayant fait ses preuves dans la rédaction de pièces en hindi, en ourdou, en kreol, en bhojpuri et en anglais, Gawkurrun monte actuellement une pièce en français. Pour ce qu’il s’agit des oeuvres en anglais, il peaufine actuellement la deuxième partie de Stranger et Blood is thicker than water.
C’est en 1975 qu’il se fait connaître du public avec Beti Ka Dhan et avec Swarg Ka Khondar. Gawkurrun a été proclamé meilleur metteur en scène pour Maa, Swarg Ban Gal Navak, Apan Beti Parayi Patoh et Apan Ghar Paraya Log, The Night Visitors et The Refund en 1997.
Gawkurrun Seetohul a aussi cassé la baraque avec la présentation de Naya Zamana, une satire sociale alliant comédie, situations cocasses, humour noir et morale. A l’opposé de tous les faux semblants et les trompe-l’oeil d’une histoire ayant pour thème l’unité de la famille, Gawkurrun présente une vision douloureuse d’une réalité sociale. Celle de la femme qui passe son temps dans des soirées mondaines au lieu d’inculquer à ses enfants les valeurs morales. Les enfants, livrés à eux-mêmes, deviennent des drogués, des coureurs de jupons et des zougadères. Acteur au jeu incandescent, Gawkurrun a ému les spectateurs lors de sa prestation pour cette pièce.
Gawkurrun a transmis son amour pour le théâtre à ses trois fils, Dharma, Rajiv et Rajeeshwar. Ils se sont distingués au festival d’art dramatique organisé par le ministère des Arts et de la Culture dans différentes langues, et sont déjà presque des vedettes. Rajeshwar a ajouté un autre fleuron à son palmarès en enlevant un prix dans le cadre de la First Mobile Competition, concours organisé par la Mauritius Film Development Corporation.
Gawkurrun estime que le théâtre se meurt à Maurice. « Les gens n’obtiennent pas les permissions nécessaires pour participer à des répétitions ou assister à des représentations. Les artistes évoluent souvent devant des salles clairsemées. Il est primordial de se déplacer vers les gens dans les villages », a fait ressortir M. Seetohul.