Pour la troisième édition de la tournée rodriguaise, qui s’est tenue du 26 au 31 août à Maurice et du 23 au 26 août à La Réunion, les organisateurs affichent une satisfaction totale, à commencer par Richard Payendee, commissaire du Tourisme et de l’Environnement. « Rodrigues s’est positionnée comme une destination unique et a su développer ses stratégies pour augmenter sa visibilité dans la région ».
« Nos produits sont très demandés à Maurice, que ce soit le miel, le maïs, le pamplemousse de Rodrigues, le poisson salé ou l’ourite séchée. D’ailleurs, il n’est pas encore midi et la plupart des produits sont déjà écoulés. Les opérateurs touristiques aussi sont satisfaits. De par les activités proposées, Rodrigues reste une destination phare qui répond à l’attente de tout un chacun », affirme Richard Payendee, qui considère par ailleurs qu’il faut impérativement réduire le délai du stimulus package. « Ce n’est pas une bonne idée de faire la réservation avant 15 jours pour pouvoir bénéficier du tarif préférentiel de billet d’avion à Rs 5 430 au lieu de Rs 8 000. Tout le monde se plaint de cela. N’importe qui devrait pouvoir venir à Rodrigues sans réserver aussi longtemps à l’avance ».
Une des retombées de la tournée à La Réunion a trait à « la mise en place d’un accord technique et commercial entre l’aéroport de Pierrefonds et Plaine Corail. L’aéroport sera comme le fer de lance pour la promotion rodriguaise ». Rodrigues, dit Richard Payendee, a beaucoup d’attraits. « On a de beaux lagons, tout est naturel à Rodrigues. On veut aussi mettre en place un concept d’accueil car souvent il faut acheter un bonjour. Au niveau des échanges culturels, on se concentre sur trois marchés principaux, Maurice, La Réunion et la France. Nous voulons que les autres achètent de l’authenticité chez nous. D’où l’idée prochaine de mettre en place des Eco-Lodge ». Il souligne que Rodrigues a été pionnière pour l’abolition des sacs en plastique : « Avec des briques de jus récupérées, on a fait des sacs. On prépare en brique nos propres jus de limon ou papaye. Il y a une interdiction chez nous lors des fêtes d’utiliser des produits qui viennent d’ailleurs, même nos gâteaux doivent être de provenance locale. C’est un moyen de promouvoir les produits faits pays ».
Richard Payendee soutient que Rodrigues sera le seul endroit au monde qui fonctionnera à 100 % à l’énergie renouvelable d’ici 2030. « On veut faire de Rodrigues une île écologique. On veut avoir notre propre électricité. La seule barrière qu’on peut rencontrer, c’est la volonté politique. Il ne faut pas que les techniciens du CEB craignent de perdre leur boulot. Il faut leur collaboration pour permettre d’exporter le surplus sur le réseau. On va aussi encourager l’utilisation de véhicules électriques ».
Concernant l’élevage, notre interlocuteur insiste qu’il sera fait sur une autre échelle et que les animaux seront nourris avec du maïs, de l’acacia, entre autres, de manière à ce que leur chair ait un autre goût. « On veut faire de l’agriculture bio et donner aux produits de Rodrigues un goût différent de ce que l’on mange habituellement. On ne veut pas nourrir les animaux avec des produits concentrés afin qu’il y ait une différente palette culinaire qui fait le label de Rodrigues ». Richard Payendee conclut en disant que Rodrigues « is leading the way. Avec la fermeture de la pêche à l’ourite, la non-utilisation des sacs en plastique, aujourd’hui d’autres nous suivent et c’est un bon point ».