Poursuivi dans une affaire de trafic de drogue devant les Assises, le Dr Fazal Golamgouse a demandé la liberté conditionnelle en attendant son jugement. L’État a objecté à cette demande en disant que le médecin pourrait s’enfuir et également commettre un autre délit. Le demandeur a des antécédents pour des délits de drogue et était en liberté conditionnelle quand il a été arrêté. Le juge fera connaître sa décision le 18 mars.
Mamad Fawzee Hosenbocus, Yousouf Ally Hosenbocus, Husnabee Salarun, Mohammed Amanoula Carrim, Mahamad Yousoufkhan Omar Saïb et le Dr Fazal Golamgouse sont poursuivis devant la Cour d’assises pour une affaire de trafic de drogue. Le Dr Golamgouse, médecin d’une cinquantaine d’années, s’est présenté hier devant le juge Benjamin Marie Joseph et a nié toute implication. Le médecin, défendu par Mes Rama Valayden et Neelkanth Dulloo, a demandé la liberté conditionnelle.
L’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) reproche au Dr Fazal Golamgouse d’avoir aidé Mahamad Yousoufkhan Omar Saïb qui tentait de prendre possession de 37 boulettes d’héroïne en juillet 2010. Selon l’acte d’accusation, il s’agit de 394,4 grammes d’héroïne d’une valeur de Rs 5,9 millions transportés par le passeur malgache Ndrenato Rakotoarisoa. Compte tenu des circonstances aggravantes dans cette affaire, notamment la valeur de la drogue qui est supérieure à Rs 1 million (article 41 (4) de la Dangerous Drugs Act), le ministère public les soupçonne d’être des trafiquants de drogue. Ils risquent, s’ils sont trouvés coupables, 60 ans de servitude pénale et une amende allant jusqu’à Rs 2 millions selon l’article 41 (3) de la DDA.
La demande de liberté conditionnelle du Dr Fazal Golamgouse a été objectée. La partie civile était représentée par le State Counsel Me Soonil Thannoo. L’inspecteur Seebaluck de la brigade anti-drogue a fait comprendre que le médecin était déjà en liberté conditionnelle quand il a été arrêté pour le présent délit. La police craint qu’il ne commette un autre délit s’il est relâché. L’inspecteur Seebaluck a également soutenu que le médecin pourrait se sauver vu la gravité de la charge.
Me Rama Valayden a contre-interrogé l’inspecteur de police. Le policier a confirmé que le médecin a un lieu de résidence et qu’il est soutenu par sa famille. Me Valayden a également soutenu qu’aucune preuve n’a été présentée devant la cour pour soutenir que le prévenu a tendance à ne pas répondre présent quand il est demandé par la Cour et qu’il n’y a aucune preuve qu’il savait que le Malgache était un passeur.
Le demandeur a été appelé à la barre des témoins par son avocat et a soutenu qu’il n’allait pas se sauver et qu’il a toujours été ponctuel quand il devait se présenter devant une cour de justice dans le passé. « Je demande la conditionnelle pour pouvoir aider mon fils dans ses études… Il passe un examen important l’année prochaine », a fait comprendre le Dr Golamgouse. Et d’ajouter : « Ils ont fait appel à mes services en me disant que le Malgache souffrait de constipation chronique. » Parlant du serment d’Hippocrate, il a déclaré qu’en tant que médecin, il a le devoir de sauver des vies et d’apaiser les douleurs de tous ses patients. Il a soutenu que si un médecin ne fait pas son travail, il peut être poursuivi par le Medical Council. Il a aussi affirmé qu’il est prêt à respecter toutes les conditions que la cour lui imposerait s’il devait bénéficier de la liberté conditionnelle.
Me Thanoo a expliqué que le médecin a plusieurs antécédents criminels notamment pour possession d’héroïne pour sa consommation personnelle et pour n’avoir pas daté des prescriptions. « Le caractère du personnage peut être défini par ses antécédents avec la justice. L’affaire a déjà été logée devant cette cour et le procès ne devrait pas tarder. » Et d’ajouter qu’« aucune condition ne pourrait réduire ou éliminer les risques que l’applicant se sauve ». Le ruling est prévu pour le 18 mars.