2014 s’en est allé il y a de cela deux semaines. Le mouvement sportif mauricien a lui un nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports depuis le 17 décembre dernier en la personne de Yogida Samynaden. A 40 ans, ce membre du Mouvement Socialiste Militant a été élu dans la circonscription No. 8 à Quartier Militaire-Moka. Il a succédé à Devanand Ritoo, l’ancien footballeur du Cadets Club, candidat battu dans la circonscription No. 5 à Pamplemousses-Triolet. Coïncidence ou pas, c’est en décembre 2008 que Devanand Ritoo avait pris ses quartiers à l’Emmanuel Anquetil Building à Port-Louis et c’est aussi un mois de décembre – 2014 cette fois – qu’il a plié bagages.
Qu’on le veuille ou non, c’est la transition de l’année 2014 avec le changement de gouvernement à la tête de la République de Maurice. Un changement à tous les niveaux avec le parachutage de Yogida Samynaden au ministère de la Jeunesse et des Sports. Une surprise pour la classe sportive dans la mesure où c’est les noms de Alain Wong, d’Alain Aliphon, de Guito Lepoigneur, voire même d’Aurore Perraud, qui étaient cités avec insistance. C’est finalement un parfait inconnu – du moins dans le paysage sportif – qui a atterri dans ce marocain ministériel. Il n’empêche qu’il a déjà affiché ses intentions en déclarant vouloir être un ministre de proximité.
Après avoir pris le temps de rencontrer les officiers de son ministère, avec lesquels il sera appelé à travailler pendant les cinq prochaines années, Yogida Samynaden avait laissé entendre qu’il recherchera la collaboration de tous ceux concernés par le sport, dont les fédérations. A ce titre, une première rencontre avec les présidents de ces fédérations a déjà eu lieu fin décembre, au NPF Building, à Rose-Hill. L’occasion pour lui d’expliquer sa vision de voir les choses et surtout de rassurer la classe sportive.
Comme tout nouveau ministre, Yogida Samynaden n’a pas manqué au traditionnel exercice de « leve paké alé ». Dans ce petit jeu, ils sont nombreux à avoir fait les frais à commencer par le président du Mauritius Sports Council, Kris Appadoo, le président du Trust Fund for Excellence in Sports, Désiré Tsang, et Mary-Anne Joyjob, présidente de la Commission nationale de sports féminins. Qui pour remplacer ceux qui sont partis ? Une chose est sûr, l’ancien cycliste Gilles l’Enteté, qui devait à un moment donné être candidat de l’Alliance Lepep au No. 20 à Beau-Bassin/Petite Rivière, devrait se voir logiquement confier un poste à responsabilité au ministère de la Jeunesse et des Sports.
Pour sa part, Devanand Ritoo, remplaçant de Sylvio Tang à la tête de ce ministère à la suite d’un remaniement ministériel en décembre 2008, aura laissé le sport mauricien sur sa faim, lui qui se disait prêt à tout faire pour redonner confiance à la classe sportive. Et pourtant, il aura eu six longues années devant lui pour tirer le sport local vers le haut. S’il est vrai de dire que beaucoup de bonnes performances ont été obtenues tant au niveau continental que mondial sous son mandat, en revanche, on ne peut en dire autant pour ce qui est d’une politique sportive bien établie.
C’est justement là que Devanand Ritoo a flanché, car il aura été incapable, pendant six longues années, de poser le sport mauricien sur des bases solides. Il a certes relancé les Jeux de l’Avenir et les Jeux de l’Espoir, mais force est de constater que trop d’importance a été accordée à l’élite et que la masse a été grandement négligée. C’est sans aucun doute sa gentillesse qui lui a fait perdre des points, alors que son accessibilité lui aura joué de mauvais tours. Devanand Ritoo s’est trop laissé marcher sur les pieds et a surtout manqué de fermeté sur certains dossiers chauds. A titre d’exemple, le Sports Act de 2013 est tout sauf un cadre légal qui oblige les fédérations à se mettre en conformité.
Pour conclure, nous dirons que l’ancien ministre a manqué de lucidité et a été trop souvent mal guidé. Sa bonne conscience ayant sans doute pris le dessus sur la raison, Devanand Ritoo s’est entêté à mettre son nez là où il ne le fallait pas. En somme, c’est un bilan mi figue-mi raisin que Devanand Ritoo a laissé au mouvement sportif mauricien. Ce ne sont pas les occasions qui ont manqué à l’ancien ministre de marquer des points. Malheureusement pour lui, il n’a pas su en tirer profit. En revanche, il manquera aux athlètes avec lesquels il avait su être proche. On retiendra aussi que Devanand Ritoo aura été celui qui a nettement revu à la hausse les cash prizes et autres allocations financières attribuées dans le cadre d’une bourse de haut niveau.