Poursuivant sa campagne régionale hebdomadaire, l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam s’est insurgé contre la montée de l’insécurité dans l’île. A Curepipe où il intervenait vendredi, le leader du PTr a de nouveau remis en question la capacité du gouvernement Lepep à diriger le pays et à assurer la sécurité des citoyens et des étrangers. Les coups de feu ciblés contre l’ambassade de France et le St-Georges, de lundi dernier, sont, selon Navin Ramgoolam, la preuve que la sécurité est en péril.
C’est sans transition que l’ancien Premier ministre a critiqué Showkutally Soodhun, ministre des Terres et du Logement, pour sa politique de proximité avec l’Arabie Saoudite. «Showkutally Soodhun se déguise en Cheikh pour prendre le parti de l’Arabie Saoudite alors qu’il aurait dû faire attention, car on sait tous que l’Iran est en conflit avec ce pays! » Le pays, a ajouté Navin Ramgoolam, est « anba lao! » Et de préciser qu’en 18 mois de pouvoir le gouvernement Lepep « pe kontiynn avek enn politik vanzans ». Il en veut pour preuve qu’à la Commission indépendante anticorruption (ICAC), 28 dossiers sur des conflits d’intérêts ont été bloqués !
Commentant la suspension de Hassen Fakim, Deputy General Manager du Central Electricity Board (CEB), et de la prise de position du leader de l’opposition, Paul Bérenger, sur cette affaire, Navin Ramgoolam a estimé que la mise à l’écart de l’employé du CEB a été délibérée. « Hassen Fakim compte 39 ans de service. On l’accuse d’avoir remis un document à Paul Bérenger. J’ai moi aussi été leader de l’opposition et jamais Hassen Fakim ne m’a remis de lettre sur le CEB!», a déclaré Navin Ramgoolam. Il a défendu l’intégrité de Hassen Fakim et affirme que si ce dernier était toujours au CEB, il aurait attiré l’attention sur l’achat de turbines à gaz constituant ainsi un obstacle pour le gouvernement. Il a aussi félicité Paul Bérenger pour les questions posées à ce sujet. « C’est le rôle du leader de l’opposition de poser des questions. Je félicite Paul Bérenger pour cela, sinon Maurice aurait payé très cher pour cela. Il a aussi été très clair sur cette lettre, il a dit que ce n’est pas Hassen Fakim qui lui a révélé des informations. »
Comme il le concède quasiment chaque semaine, Navin Ramgoolam a rappelé à ses partisans au No 17 qu’il ambitionne de briguer les prochaines élections générales. Sa mission est, a-t-il dit, est de former les jeunes pour la relève politique. « Mo ena lexperians. Mo kapav transmet mo lexperians. Aux prochaines élections, je ferai de la place pour beaucoup de jeunes et de femmes. » 
L’ancien Premier ministre est revenu sur le « naufrage économique » du pays, la hausse de la dette publique et les dépenses de Rs 4,1 milliards, la montée de la corruption, l’affaire BAI, le baisemain de Roshi Badhain à Pravind Jugnauth, le nouveau traité de non-double imposition avec l’Inde… S’agissant de ce traité, Navin Ramgoolam a estimé que « ce deal a été pire que celui d’Illovo » et que «Zot inn touy enn sekter prodiktif. Zot inn vann enn vas ki donn dile pou enn lelefan blan! »