Des dessins tatoués sur la peau sont synonymes de fashion, d’identité ou d’une envie tout simplement de se faire plaisir. Se différencier des autres, mettre son amour en évidence en gravant le prénom de l’être aimé sur son avant bras ou simplement opter pour la lettering afin d’immortaliser à jamais un mot qu’on voudrait exposer aux yeux des autres. L’univers du tatouage est un cercle ouvert à toutes propositions à la fois simple et insolite. Pour en savoir plus, incursion chez les jumeaux Kelly et Kenny Cangy de Twins Tattoos Studio Ltd.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    À notre arrivée au Twins Tattoos Studio Ltd, quatre personnes attendent en vue de se faire tatouer. Yash nous montre son tatouage au cou, une araignée, et qui de loin, semble bien réelle, « c’est une manière de vaincre mon arachnophobie. J’attends mon tour pour mettre un autre motif insolite. » Steeven, lui, nous parle de son tatouage de l’ange St-Michel qui combat Lucifer. « C’est plus cet aspect religieux que j’ai voulu faire ressortir. Chaque jour est un combat, une lutte et ce dessin me rappelle que le bien arrive toujours à combattre le mal. » Deven lui parlera du « brotherhood. Trois amis et moi avons le même tatouage, symbolisant qu’on est des frères de coeur ». Pour Karine, 17 ans, ce sera son premier tatouage. Elle affirme avoir eu l’accord parental. « Je suis confiante que tout se passera bien. »
Dans cette ritournelle de nuances de sentiments, les deux jumeaux Kenny et Kelly Cangy arborent un large sourire. Leur antre est devenu le repère des passionnés du tatouage. Ils ont démarré alors qu’ils n’avaient que 17 ans. Kenny Cangy est d’avis que cet art leur a permis de faire quelque chose de positif dans leur vie. « On est passé par des galères incroyables, une enfance assez difficile, mais l’art c’est aussi une reconversion. »
Une panoplie d’idées, de dessins, certains s’inspirant du style tribal intemporel et d’autres plus personnalisés, comme se faire tatouer le portrait de sa femme sur l’avant-bras. « Certaines filles préfèrent se tatouer à la Rihanna. D’autres optent pour des dessins raffinés, fleur, papillon, fée, plumes de paon, ou pour les signes astrologiques. Il y a aussi la lettering qui est une loving memory. Une phrase d’un être cher et qu’on a choisi de se faire tatouer sur la peau. » S’agissant des autres motifs prisés, on retrouve le loup, avec la lune en arrière plan, le portrait de l’élu de son coeur, les oiseaux, etc…
Cover up
Kenny Cangy est d’avis que le tatouage est aussi un moyen efficace de vaincre certains complexes. « On peut cacher certains petits défauts. On les appelle les cover up. » Une balafre, une cicatrice profonde, les jumeaux s’attellent à les masquer par un beau dessin. Le tatouage, soutient Kenny Cangy, n’est plus réservé qu’aux « bad boys. Le tatouage sied aussi à la fille qui étudie à l’université, les employés de bureaux, les ménagères, chacun y trouve son compte ». Au tatouage simple, s’ajoute aussi le permanent et la tattoo addiction. « Plus, ils en ont sur le corps, plus ils en redemandent. »
Se faire tatouer un dessin nécessite entre 30 minutes et douze heures et le prix oscille entre Rs 200 à Rs 100 000, dépendant de la dimension du dessin sur le corps.
Toutefois, il précise qu’enlever un tatouage et le faire remplacer par un autre est compliqué. « On recommande bien en avance aux amoureux d’éviter de faire inscrire le prénom de leur moitié sur leur corps car en cas de rupture, ils voudront sans doute le faire enlever. Or, un tatouage est indélébile, cela reste jusqu’à la mort sur la peau. D’où un long moment de réflexion. »
S’agissant de l’hygiène, pour chaque client, des aiguilles neuves sont utilisées, répondant à une stérilisation conforme aux règlements. En 2011, les deux frères ont été invités à la première convention de tatouage tenue à La Réunion. « C’est une façon de partager nos connaissances et d’apprendre aussi d’autres techniques. En tatouage, le mot qui revient, c’est convivial, friendly. Le tatouage, c’est aussi une marque d’amitié qui unit les gens autour d’une même passion. »
Parlant de la compétition qui prévaut dans ce secteur, Kelly Cangy dira que « chacun a sa chance. Le tatouage est devenu un luxe. À La Réunion, le prix pour un tatouage est de 50 euros et avec la technique 3D, ce créneau est porteur et permet à chaque artiste tatoueur de s’exprimer. » Les deux jumeaux expliquent à tour de rôle avoir tout appris par eux-mêmes. Kenny Cangy étant sorti premier en dessin, cela a aidé les deux frères à mieux maîtriser cette technique en se partageant mutuellement leur savoir-faire.
Les deux frères insistent sur le professionnalisme et la qualité. « Les mineurs doivent avoir l’approbation des parents avant de se faire tatouer et on exige aussi que le client remplisse un formulaire et nous renseigne sur son état de santé. » Tous les équipements et l’encre à tatouer, disent-ils, sont commandés de l’étranger. Ils font également des piercings et des implants. « Le client nous fait confiance et notre maxime est qu’il sorte de chez nous satisfait et qu’il en parle à ses autres amis. Nous n’avons pas droit à l’erreur », conclut Kelly Cangy.