Un matin, il a croisé deux habitants sous l’emprise de drogue synthétique : un collégien et un adulte. Pour Alain Laviolette, c’était déjà deux cas de trop. En deux mois, cet habitant de Résidence La Caverne a réuni voisins et parents pour mettre sur pied l’association Valer Nou Lavi. Discussions, réunions, projets et actions au programme, pour agir vite. Les 2, 3 et 4 octobre, ce sera le début des activités pour sensibiliser les jeunes et rallier d’autres habitants à leur démarche.
Ils s’estiment heureux de mener une vie calme et paisible à Résidence La Caverne et dans ses environs, malgré l’existence de quelques cas isolés de délinquance chez les jeunes et des problèmes liés à l’alcool. Comme partout ailleurs, ils ne peuvent pas être complètement à l’abri. Tous les jours ne sont pas “roses”. “Nous pouvons affirmer que nous sommes parmi les rares à être épargnés par certains fléaux très dévastateurs et par la mauvaise réputation que l’on traîne”, souligne Alain Laviolette.
 
Prendre les choses en main.
Ce dernier a eu le déclic lorsqu’il a vu deux habitants sous l’emprise de drogue synthétique. “Je ne pouvais pas être indifférent. C’était très choquant, ils étaient tellement perdus. Le lendemain, lorsque je suis parti à la rencontre de l’un d’eux, il ne se souvenait plus de rien. J’ai compris que cette drogue est très dangereuse. C’est à ce moment que j’ai eu l’idée de cette association.”
À ce jour, Jacques Laval Berry, Corine Remillah, Jocelyn Permal, François Bontemps, Alain Remillah et Solange Kishtoo sont quelques-uns des quinze membres actifs au sein de la nouvelle l’association Valer Nou Lavi. Ils habitent tous l’endroit depuis de nombreuses années. Si leur situation est “plus ou moins stable”, c’est, disent-ils, parce que “nous avons développé une mentalité de non-assistés. Quand quelque chose va mal, nous n’attendons pas que d’autres agissent pour nous. Ensemble, nous prenons les choses en main, sans perdre de temps. Ces valeurs ont toujours porté ces fruits ici et nous sommes fiers d’avoir réussi pas mal de combats.”
 
Trois jours d’activités.
Comme le pays est actuellement touché par le problème de drogue synthétique, ces adultes, qui sont eux-mêmes des parents, ne veulent pas attendre qu’on compte des victimes pour réagir. Ils ont déjà pris le taureau par les cornes, et comptent donner leur maximum pour agir comme boucliers. Trois jours d’activités sont prévus début octobre. “Nou pe kont amenn bann zafer pozitif pou touy bann zafer ki kapav negatif ek nwizib a nou bann zenes. Pena kestion ki sa fleo la vinn terni nou site. En tout cas, nous n’allons pas lâcher prise tant que tout le monde, des plus petits aux plus âgés, ne sera pas informé, conscientisé et suffisamment formé pour dire non à cette drogue.”
La première grande activité de l’association se tiendra du vendredi 2 au dimanche 4 octobre. Trois jours chapeautés par les membres de Valer Nou Lavi sur le terrain de football de Résidence La Caverne. Le programme est chargé et varié, avec plusieurs ateliers. Il y aura une partie dite “sérieuse et informative”, avec la présence de la NATRESA, du Centre Idrice Goomany, de la Brigade des Mineurs et de la Road Safety Unit, qui les soutiennent dans leur projet social. L’association espère que les projections et échanges avec ces représentants “vont être très bénéfiques pour notre endroit. Ils répondront aux questions et apporteront tous les conseils nécessaires à nos jeunes”.
 
Coup de pouce.
Ce sera aussi l’occasion de découvrir d’autres activités “plus divertissantes et ludiques” : éducation, métier, démonstration culinaire, exposition et apprentissage de sculpture, théâtre et slam, et surtout plusieurs initiations et compétitions sportives. “Nous avons eu beaucoup d’athlètes de l’endroit qui ont participé à des compétitions internationales. Ils veulent aussi apporter leur contribution à notre projet pour redonner le goût du sport aux jeunes et leur faire découvrir quelque chose de nouveau” précise le président.
Valer Nou Lavi compte établir un calendrier d’activités et ne compte pas s’arrêter à cette première initiative. “Le travail commence chez nous, mais pourquoi pas faire bénéficier d’autres endroits de nos idées afin que cette drogue ne puisse pas faire plus de ravages et de victimes ? Tout le monde est capable de faire barrière aux choses négatives. Il faut parfois juste un coup de pouce et de quoi nous guider dans la bonne direction. Au sein de l’association, nous sommes motivés à donner le maximum pour faire en sorte que les choses positives sortent gagnantes et que tout ce qui est négatif soit détruit à la source même”, conclut l’interprète de Fagote, François Bontemps. L’auteur-compositeur et chanteur a déjà écrit un titre et le single sera présenté lors de l’ouverture des activités à Résidence La Caverne.