Dans le cadre d’une enquête menée par la Consumers Advocacy Platform (CAP) sur la vente à crédit, l’association relève que la nouvelle concurrence dans ce secteur « ne profite pas aux consommateurs ». À titre d’exemple, la CAP estime que « le recours aux “debt collectors” ou encore la saisie en cas de non-paiement des mensualités sont quelques-uns des pièges » de ces plans de crédit. La plateforme invite ainsi les consommateurs à faire preuve de vigilance.

La CAP cite le cas d’un opérateur très connu, « qui offre depuis quelques mois des solutions de crédit à la consommation et qui exige de l’emprunteur/acheteur de prendre une assurance en guise de garantie sur l’argent avancé » au client. « Le client est impérativement dirigé vers la compagnie d’assurances Swan. » Or, pour la CAP, si l’opérateur a bien le droit d’exiger une assurance, « cela pourrait être en violation de la Competition Act, car il ne donne pas au client le droit de choisir son assureur ». De plus, « le client ne dispose pas d’une copie des conditions de la couverture d’assurance avant d’y souscrire ».

Une filiale de l’opérateur en question, selon la CAP, propose des solutions de crédit à la consommation sur le marché local : contrats de crédit (“hire purchase”), prêts et leasing. « Elle affirme que le déboursement de fonds se fait dans les trois jours suivant la date de signature du contrat. L’opérateur impose toutefois un montant minimum, soit Rs 10 000. La période maximale de remboursement est de 48 mois, contre 30 sous le “Hire Purchase Agreement”. Il existe aussi des options de 6, 12 18 ou 24 mois. L’emprunteur ne dispose pas de toutes les informations relatives aux conditions de l’offre du crédit ou de l’emprunt. L’on ne peut, par exemple, demander une copie du contrat en vue de l’étudier à tête reposée. »

Pour la CAP, « nous avons pu comprendre qu’en cas de retard aux paiements, l’opérateur peut recourir à la récupération des arrérages par l’entremise de “debt collectors”, une pratique qui n’est pas permise sous la Hire Purchase Act ». De plus, « la saisie d’articles achetés n’est pas écartée, une information dont ne dispose pas le demandeur de crédit ».

L’association déplore d’autre part qu’aucun assureur alternatif ne soit disponible. Mis au courant de la situation par la CAP, un cadre de la Competition Commission n’y a toutefois vu « aucune pratique anticoncurrentielle, aucune alternative n’étant disponible sur le marché ». Mais la CAP estime que cet élément devrait être tenu en compte par les consommateurs avant d’avoir recours aux services de financement du crédit.

Mosadeq Sahebdin, président de la CAP, soutient par ailleurs que deux autres opérateurs offrent des plans de crédit ne tombant pas sous le contrôle de la Hire Purchase Act. « Ces plans n’étant pas illégaux, il convient aux consommateurs de faire preuve de vigilance et de poser toutes les questions avant d’adhérer à tel ou tel plan de crédit. Ces plans de crédit n’offrent pas les mêmes protections que le contrat prévu par la Hire Purchase Act. »