Le projet de marché à l’encan, qui sera implémenté à Belle-Rive, a été abordé hier à Pointe-Jérôme, où s’est tenu un « Farmers Day » organisé par le Small Farmers Welfare Fund (SFWF). À cette occasion, le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, Mahen Seeruttun, a demandé à quelques centaines de planteurs présents : « Allez-vous refuser une infrastructure moderne, comme le National Wholesale Auction Market, qui vous permettra de vendre vos légumes dans de meilleures conditions que celles qui existent aujourd’hui ?? »
Présent hier à Pointe-Jérôme pour un « Farmers Day » organisé par le SFWF, Mahen Seeruttun a longuement parlé du projet de marché à l’encan, qui sera implémenté à Belle-Rive et qui devrait, dès juin 2019, selon le ministère, faciliter la tâche des planteurs. « Depuis des années, vous vous rendez à l’encan à 2 ou 3h du matin pour vendre vos légumes dans des conditions déplorables, dans l’insécurité et sans infrastructures de base et autres facilités. Il y a aussi le vol, la pluie, la boue, etc. Aujourd’hui, lorsque nous voulons y mettre de l’ordre, des gens viennent dire que “planter pa oule sa !”. Les planteurs refuseraient-ils une infrastructure moderne ?? » s’est interrogé le ministre, avant de demander aux planteurs s’ils sont d’accord pour continuer d’opérer « dans les conditions déplorables actuelles ».
Auparavant, Mahen Seeruttun avait rendu hommage aux planteurs et aux éleveurs, car « si pena zot, nou pa pou kapav viv ». Et de déclarer : « Vous êtes devenus encore plus importants aujourd’hui avec la situation précaire de l’alimentation dans le monde (…) Vous prenez des risques avec le changement climatique et les nouvelles maladies. Il y a aussi la population mondiale, qui augmente de jour en jour, alors que la superficie de terres allouée à l’agriculture diminue. Il devient donc encore plus important de vous aider pour que vous puissiez produire davantage avec moins de terres disponibles. »
D’où, selon Mahen Seeruttun, l’attention spéciale que porte le gouvernement à ce secteur. « Si le SFWF existe aujourd’hui, c’est pour assurer votre bien-être et celui de vos familles. Il faut dire qu’à chaque fois que le MSM est au pouvoir, nous avons accordé la meilleure considération aux planteurs et aux éleveurs », a-t-il affirmé. Et d’ajouter : « Nous ne faisons pas que parler et annoncer. Les mesures sont à votre disposition et je vous demande de prendre avantage d’elles. »
Mahen Seeruttun a aussi évoqué le vieillissement de la main-d’oeuvre agricole. « La main-d’oeuvre devient rare dans ce secteur. Le gouvernement a, de ce fait, augmenté l’allocation offerte sous le plan de la mécanisation tout en exemptant les équipements agricoles de la TVA. De plus, vous pouvez aussi importer de la main-d’oeuvre étrangère », a-t-il relevé. Au chapitre de la sécurité alimentaire, il a évoqué le lancement en 2016 d’un plan stratégique pour l’agriculture. Pour conclure, il a exprimé sa satisfaction de constater qu’il y a « déjà une hausse dans la production agricole ».