Business Mauritius craint que le secteur de l’exportation ne soit fragilisé.

Une nouvelle séance de travail entre partenaires sociaux fixée au 4 décembre.

Une proposition du secrétariat du National Wage Consultative Council (NWCC) a mobilisé l’attention des membres du comité hier à la Victoria House, à savoir un salaire minimum de Rs 9 700 et une allocation de Rs 500 pour arriver à un “Guaranteed Income” de Rs 10 200. Une proposition qui n’a pas fait l’unanimité au sein du conseil, qui s’est réuni, hier.

Interrogé par Le Mauricien à l’issue de cette réunion, qui a duré environ trois heures et s’est déroulée à huis clos, Pradeep Darsun, Chief Operating Officer (COO) de Business Mauritius, a qualifié les échanges de « très constructifs » autour de cette proposition, disant cependant noter que le secrétariat, composé d’officiels du gouvernement, a travaillé sur des chiffres « hypothétiques ». Le président du comité explique que les chiffres qu’il a envisagés concernant un salaire minimum de Rs 9 700, auquel viendrait s’ajouter une allocation de Rs 500 sous forme de Topping-Up, comme c’est le cas depuis l’introduction du National Minimum Wage. Le “Guaranteed Income” serait donc de Rs 10 200. « Et au fil des cinq prochaines années, cette allocation sera appelée à être absorbée », a-t-il soutenu.

Selon lui, Business Mauritius « ne comprend pas trop comment on est arrivé au chiffre de Rs 9 700 ». Il poursuit : « Nous avons donc réclamé des précisions pour étudier l’impact sur différents secteurs de l’économie, tout en reconnaissant qu’il y a certains secteurs qui ont les moyens. Pour eux, un salaire minimum de Rs 9 700 ne causera pas de problème, mais je suis un peu soucieux pour les secteurs manufacturiers et liés à l’exportation. Pour ce qui est de l’exportation, je peux déclarer à chaud que ce secteur n’a pas la capacité de payer un salaire minimum de Rs 9 700. Nous avons donc fait part de nos inquiétudes au président du NWCC. Nous allons lui adresser une communication officielle à ce sujet mais, pour l’instant, nous avons l’intention de poursuivre les consultations avec nos membres », a-t-il estimé.

Le président de Business Mauritius a également affirmé qu’il poursuivra les discussions « pour que le gouvernement vienne de l’avant avec des mesures d’accompagnement pour les secteurs vulnérables ». Interrogé à propos de cette proposition du secrétariat, le président du NWCC, Beejaye Kumar Appanah, explique qu’il n’y a pas de consensus quant à cette proposition, raison pour laquelle une nouvelle réunion a été fixée au 4 décembre. « Je ne peux pas parler ouvertement de cette proposition car il n’y a pas de consensus. Nous allons continuer à déblayer le terrain jusqu’au 4 décembre. »
Le président de la Fédération des syndicats du service civil (FSSC), Rashid Imrith, s’est de son côté réjouit de la proposition du NWCC, car elle rapproche de ses propres propositions formulées lors des négociations tripartites. « Nous avons dit qu’il faut basculer vers une hausse de Rs 1 200 sur les salaires des employés des secteurs public et privé avec l’introduction d’un salaire minimum de Rs 9 000.

En faisant cela, le gouvernement sera sur les rails d’une “High Income Economy”. Plus important encore : il finira par créer un “feel good factor”. Nous insistons donc pour que le salaire minimum soit porté à Rs 10 200. Il faut faire en sorte qu’à la longue, le salaire minimum reflète l’Average Monthly Expenditure, qui frôle la barre des Rs 29 800 pour une famille de quatre enfants », dit-il.