Les 7 et 8 septembre dernier, la Dr Catherine Gaud, chef du service d’immunologie au CHU Félix Guyon (Belle-Pierre, Réunion), a animé une session de formation poussée à l’invitation du ministère de la Santé, destinée aux professionnels de la médecine, plus particulièrement, ceux qui traitent des patients porteurs du sida. Cette initiative est à mettre au compte du gouvernement « dans le but de rester collé aux progrès et développements en matière de traitement et de prise en charge des patients séropositifs », explique Dhiren Moher, président de PILS (Prévention, Information et Lutte contre le Sida), partenaire de RIVE, Ong réunionnaise au sein de laquelle oeuvre Dr Gaud. Dans le sillage de la visite de cette personnalité dans la lutte contre le sida, à la Réunion et dans la région océan Indien, un D.U (diplôme universitaire) sera dispensé dans les prochains mois à l’intention d’une quinzaine de médecins mauriciens.
Le MIH de Pamplemousses avait accueilli  « une pléiade de professionnels de la santé, tant des spécialistes de la médecine, que des pharmaciens, des infirmiers, mais aussi des généralistes et même un sexologue », explique au Mauricien Dhiren Moher, président de PILS. Le but était de mettre à jour les progrès enregistrés dans le domaine des traitements et des soins relatifs au sida. Il faut savoir que, depuis 2013, Maurice n’a pas revu son protocole destiné aux Personnes vivant avec le VIH (PVVIH), et vu les avancées tant en matière des molécules, entre autres, dans le monde.  
De fait, l’infirmier attaché à l’ong PILS, Subiraj Gangabissoon, faisait partie de cette équipe qui a bénéficié d’une formation de « mise à jour, animée par la Dr Gaud, de l’île de la Réunion. C’est à la demande du ministre Husnoo, au nom de l’état que ce partenariat a pu être concrétisé. » Par ailleurs, « vu les  relations entre PILS et RIVE, l’association soeur de l’Île de la Réunion, dont C. Gaud est une cheville ouvrière, nous avons pu faciliter cet échange », ajoute encore le président de l’Ong mauricienne.
Pour sa part, le ministre Husnoo a noté que « la diminution des cas de sida enregistrés de 2005 à ce jour est due  en large partie à la mise en place des mesures de Réduction des Risques (RdR), dont le programme d’échanges de seringues (NEP) et le traitement à base de la méthadone. » Il a aussi noté que « les campagnes de sensibilisation contribuent aussi à la prise de conscience ».
Première et majeure retombée de la tenue de cet atelier de travail de deux jours : « un Diplôme Universitaire (D.U) sera organisé et pourra accueillir une quinzaine de médecins mauriciens, dans les prochains mois », indique Dhiren Moher. Cette formation théoriquesera dispensée par la Dr Catherine Gaud, e ainsi que plusieurs autres médecins, attachés à son service à l’île soeur, dont le Dr David Mété, du service d’addictologie du CHU de Belle-Pierre, également. « Puisque nous avons, à Maurice, une complexité bien spécifique, avec les Usagers de Drogues Injectables (UDI) et la transmission du sida. À l’issue de cette formation en vue de leur DU, les médecins auront la possibilité de mettre en pratique les connaissances acquises, toujours grâce à C. Gaud, car ils seront amenés à évoluer dans son service, auprès des patients atteints de VIH, pendant un mois. Ils pourront ainsi côtoyer des personnes affectées, également. » D. Moher rappelle que « cette formation a été décidée dans le sillage de l’atelier de travail de la semaine dernière, où nombre des participants ont fait état de leur désir de formation poussée et évolutive, afin de comprendre et aider pour ce qui est des pathologies liées au sida.
 » Nous ciblons des jeunes professionnels désireux d’aider à alléger le fardeau des PVVIH en leur offrant un traitement de qualité et une approche humaine et décente », a-t-il dit.
Lundi dernier, lors d’une séance de travail entre la Dr Gaud et le ministre en présence de Dhiren Moher, différentes options de coopération ont été évoqués, tels que la dispensation de la méthadone dans les postes de police; la nécessité de relancer des campagnes soutenues et agressives pour le dépistage du sida au sein de la communauté en général, et non seulement parmi les populations clés; le besoin d’avoir un programme d’éducation de santé sexuelle dans les écoles et les collèges d’état ainsi que des avenues de collaboration pour encourager les femmes, porteuses du virus du sida, à venir vers le traitement de manière régulière. »