Un ébéniste de Villebague accuse un de ses voisins, un sergent de police, d’y faire la pluie et le beau temps depuis pas moins d’une vingtaine d’années. En février 2011, il a été blessé lors d’une agression qui a eu lieu chez lui, devant témoins… Un groupe mené par le sergent en question serait à l’origine de cet acte mais personne n’a été arrêté, alors que l’identité des agresseurs a été communiquée à la police par des témoins oculaires.
Dans une pétition au Complaints Investigation Bureau portant la signature de la victime, Sarran Goojha, et d’une dizaine de voisins, ces derniers soutiennent : « It is of no use to repeat all the brutal and shameful acts of the said PS as all has been said already in our last petitions. But what has happened on the 6th February 2011 at Villebague has been witnessed by us all and this is why this time we, as undersigned, have decided to submit to your authority this petition in place of the victim who has narrowly escaped death on the 6th instant. »
C’est au début des années 1990 que les relations entre l’ébéniste et l’agent de police auraient commencé à se détériorer. Les pétitions, les plaintes logées au Complaints Investigation Bureau, à qui il revient d’enquêter sur des cas d’abus émanant des membres de la force policière, seraient tout bonnement ignorées. En 2006, selon ses voisins, le sergent, « un proche du pouvoir » protégé par sa hiérarchie, soutiennent-ils avait proféré des menaces à l’endroit de la mère de l’ébéniste, alors que celle-ci était âgée de 88 ans, mais la police n’a rien fait pour le rappeler à l’ordre.
En février 2011, la maison de l’ébéniste a été saccagée par une équipe de gros bras, constituée par le policier, allèguent-ils. Bien que des policiers soient venus sur place pour constater les dégâts, et conduire l’ébéniste, qui a reçu plusieurs coups, à l’hôpital, aucune arrestation n’a été faite jusqu’ici.
Les pétitionnaires rappellent que plusieurs personnes avaient téléphoné à la police étant donné que la situation s’aggravait et devenait dangereuse, et qu’une foule s’était massée devant la résidence et l’atelier de la victime. Tous ceux présents, disent-ils, ont vu un groupe de gens mené par le policier, chacun muni d’un bâton ou d’une barre de fer, défiant la victime en laçant des propos tels que « sorti ta, zordi nou fini twa ». La victime a pu se sauver en courant, relate la pétition, le visage ensanglanté, pour aller se cacher chez un voisin. Ne le voyant pas, les énergumènes auraient alors saccagé de fond en comble l’atelier, démolissant tout ce qu’ils voyaient.
Trois policiers ont pris 45 minutes pour arriver sur place. Ils devaient conduire l’ébéniste à l’hôpital et lui conseiller de ne pas rentrer chez lui. « Nou konsey ou al res kot enn fami », lui ont-ils dit. Il est à noter que sa famille a depuis des années quitté la localité. Pour la police tout s’est arrêté là, aucune suite n’ayant été donnée à cette affaire. Les voisins se sont demandé si les autorités policières attendent que le pire soit commis avant de passer à l’action.
Vendredi dernier, M. Goojha s’est rendu au poste de police de Pamplemousses pour consigner une déposition dans laquelle il informe qu’à partir de samedi, il habite de nouveau chez lui à Villebague.