Abus et trafic de drogues : Le PM fait une nouvelle sortie contre des « brebis galeuses »

Pravind Jugnauth : « Dans certaines autorités et institutions, des gens se laissent corrompre par l’argent facile »

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Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, intervenant, à l’occasion de l’International Day Against Drug Abuse and Illicit Trafficking, a fait une nouvelle sortie contre des « brebis galeuses » de certaines institutions. « Dans certaines autorités et institutions, des gens se laissent  corrompre par l’argent facile », fait-il comprendre. Il a lancé un appel aux médias, sans citer de noms, de « prendre leurs responsabilités » dans ce combat. « On ne peut pas se contenter de faire du sensationnalisme, comme pour défendre ces trafiquants, et se contenter de répéter qu’il y a du Planting », allègue-t-il. Il a par contre rendu un vibrant hommage aux ONG, qui jouent un rôle vital et assurent des services psychologiques en aidant les victimes dans le processus de réintégration au sein de la communauté.
Dans son intervention, Pravind Jugnauth a souligné l’importance du High Level Drug and HIV Council, placé sous sa présidence. « La responsabilité du gouvernement consiste  à développer une stratégie axée sur la surveillance et la supervision de la situation nationale de la drogue dans le pays. Cela nous a permis d’effectuer des saisies. À ce jour, sur notre territoire, nous avons saisi pour Rs 15 milliards de drogues. Nous pouvons imaginer l’impact dévastateur que cela aurait eu si cette drogue était entrée dans la communauté », dira-t-il encore.

Pravind Jugnauth déplore cependant que, « malgré tous les efforts et le travail abattu » pour mener le combat contre les trafiquants, certains font preuve d’un comportement antipatriotique. Il ajoute que « ces derniers ne prennent pas en compte l’intérêt du pays et passent leur temps à faire des commentaires négatifs, au lieu de soutenir cette action que nous entreprenons ».

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« Je ne voudrais pas mentionner de quelles bandes je parle. Mais chacun doit prendre ses responsabilités. En tant que Premier ministre, je ne laisserais pas mon attention détournée par ce genre de commentaires. J’assume les responsabilités que mon peuple m’a données. J’ai de la détermination et de la conviction, et je continuerai à le faire, malgré tous les obstacles et menaces que je reçois personnellement », poursuit-il.
Pravind Jugnauth revient sur le fait que, « contrairement à l’ancien gouvernement », le sien a institué une commission d’enquête sur la drogue. « Depuis combien d’années n’a-t-on pas demandé l’institution d’une telle commission ? Pendant tout ce temps  il n’y a pas eu de commission d’enquête. Mais nous, nous l’avons fait », reprend-il. Il a par ailleurs fait comprendre que 85% des recommandations de la commission ont été adoptées et mises en pratique. Quant à celles qui restent, elles devront être « réajustées » afin, dit-il, « d’améliorer leur efficacité ».

Le Premier ministre concède que les trafiquants disposent de « centaines de millions de roupies », ce qui leur permet d’honorer leurs commandes. À ce stade, le Premier ministre a critiqué ceux qui, « dans certaines autorités et certaines institutions, se laissent corrompre par l’argent facile ». Il poursuit : « Les trafiquants ont de l’argent et, pour faire leur business, ils en donnent à un certain nombre de personnes dans des organismes d’autorités. »

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Pravind Jugnauth reste néanmoins positif. « Je dois admettre que, malgré quelques brebis galeuses qui se laissent influencer, la majorité des personnes sont sincères, honnêtes et collaborent pour que ce combat contre les trafiquants puisse être mené. »
Rappelant avoir déjà dit que « la corruption a infiltré certaines institutions » grâce à l’argent généré par des activités illicites, il ira plus loin : « ce n’est pas juste certaines institutions qui sont concernées. Certains essaient aussi de corrompre certains politiciens. »

Le Premier ministre a alors fait une sortie contre les médias. « Alors que nous menons ce combat et que nous avons réussi à attraper certaines personnes, je demande aux médias de prendre leurs responsabilités. On ne peut pas se contenter de faire du sensationnalisme, comme pour défendre ces trafiquants, et de répéter qu’il y a des cas de Planting », dit-il.

« Nous sommes un État de droit. La justice se prononcera sur les preuves et les témoignages, mais on dirait qu’au lieu d’effrayer la mafia, on essaie de pousser la population à avoir peur. On essaie de créer un climat de terreur pour montrer que ce sont les autorités qui agissent mal. Mo leker fermal lorsque je vois ce genre de comportement, parce que je sais avec quelle difficulté et avec quel courage nous menons ce combat. (…) La mafia, avec les moyens financiers dont elle dispose, peut renverser un gouvernement », déclare-t-il.

Il a ensuite tenu à féliciter les ONG, qui sont sur le terrain, connaissent les victimes et connaissent leur souffrance. « Le gouvernement fait tout ce qu’il peut. Mais nous avons besoin du coup de main des ONG. Leur mission est vitale, car elles assurent les services psychologiques et aident les victimes à se réintégrer dans la communauté. »
En guise de conclusion, il dira : « je compte sur les ONG pour faire l’éducation et la prévention, et aider les  victimes à intégrer la société. Elles ont l’expertise et la compétence pour les faire. » Avant de leur assurer qu’elles continueront à avoir le soutien, notamment financier, du gouvernement.

La vice-Première ministre et ministre de l’Education, Leela Devi Dookun, est pour sa part revenue sur « l’importance d’avoir de l’empathie » envers les victimes de la drogue. De son côté, la coordinatrice résidente du bureau des Nations Unies, Lisa Simrique Singh, expliquera qu’il est vital de « put people first by ending stigma and discrimination ».
La cérémonie d’hier matin aura aussi permis d’entendre un slam, un sketch et un séga de Clarel Armel, intitulé Blackmamba.

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