Après la nuit chaude de lundi -Haniff Peerun (MLC) : « Un couvre-feu peut être une mesure d’urgence, mais il ne peut remplacer une politique à long terme »


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« Plusieurs questions méritent d’être posées quant à ses conséquences sur la vie quotidienne des citoyens et son efficacité à long terme. Nous comprenons la nécessité de rétablir le calme et de prévenir les actes de violence. La sécurité des personnes et des biens doit rester une priorité. Toutefois, si le couvre-feu peut être envisagé comme une mesure temporaire dans une situation exceptionnelle, il ne saurait constituer, à lui seul, une réponse aux frustrations qui s’accumulent au sein de la population.

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« Le couvre-feu intervient dans un contexte où les travailleurs doivent continuer à assurer leurs responsabilités professionnelles et où plusieurs secteurs doivent poursuivre leurs opérations. Dès questions pratiques se posent. Comment les travailleurs du secteur du transport pourront-ils rejoindre leurs dépôts dès 6 heures du matin afin de prendre leur service ? À quelle heure les autobus pourront-ils commencer à circuler pour transporter les autres travailleurs ? Quelles dispositions sont prévues pour les employés qui doivent se présenter sur leur lieu de travail avant ou peu après la levée du couvre-feu ?
« Il est essentiel que les autorités communiquent des directives claires aux employeurs, aux opérateurs de transport et aux travailleurs afin d’éviter toute confusion et de limiter les perturbations économiques. Une mesure de cette importance doit être accompagnée de modalités pratiques adaptées aux réalités du terrain.
« Mais au-delà du couvre-feu, une question fondamentale demeure : quelles sont les causes profondes de cette colère populaire ? Le coût de la vie, les préoccupations liées aux pensions, l’augmentation des frais de licence, les difficultés d’approvisionnement en eau et les nombreuses autres difficultés auxquelles les citoyens sont confrontés au quotidien ne peuvent être ignorés.

Dans le même temps, les dépenses jugées excessives de certains élus risquent de renforcer le sentiment d’injustice et d’éloignement entre les dirigeants et la population.
« Nous estimons qu’il ne suffit pas de contenir les manifestations ou de prévenir les débordements. Il faut également écouter les citoyens, reconnaître leurs difficultés et apporter des réponses concrètes à leurs préoccupations.
«  Le maintien de l’ordre public est indispensable, mais il doit aller de pair avec le respect des droits des citoyens, la protection des activités essentielles et la recherche de solutions durables.
« Un couvre-feu peut être une mesure d’urgence, mais il ne peut remplacer une politique à long terme visant à répondre aux difficultés de la population. »

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