Bhadain affirme que « la pension est soutenable »

La pension de vieillesse dans sa forme traditionnelle est « soutenable » et le gouvernement ne peut justifier sa réforme par des arguments financiers. C’est ce qu’a affirmé dimanche le leader du Reform Party, Roshi Bhadain, lors d’un meeting organisé à La-Louise, Quatre-Bornes. Prenant le contre-pied de l’argument du gouvernement selon lequel le système actuel ne serait plus viable à long terme, il a soutenu que Maurice dispose des moyens nécessaires pour maintenir la pension universelle à 60 ans.

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« La pension est soutenable. Il y a de l’argent dans le pays », a-t-il fait ressortir, estimant que la remise en cause de cet acquis relève davantage d’un choix politique que d’une nécessité économique. Il ajoute que la pension universelle représente un héritage social majeur qui a permis à plusieurs générations de Mauriciens de vivre dans la dignité après une vie de travail. « Depuis 1958, cette pension n’a jamais été coupée. Même pendant le Covid, elle n’a pas été coupée », a-t-il dit ajoutant que de nombreuses personnes âgées n’auraient pas pu subvenir à leurs besoins sans cette mesure introduite il y a plus de six décennies.

« À l’époque, il y avait de l’exploitation. Beaucoup de ces personnes n’auraient rien eu à manger lorsqu’elles atteignaient l’âge de 60 ans s’il n’y avait pas eu la pension universelle. Nos gran-dada, nos grands-parents, si zot pa ti gagn pansion iniversel, nou pa ti pou la zordi », s’insurge-t-il.

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« Maurice est un État souverain »

Le leader du Reform Party a également rejeté les arguments faisant référence aux recommandations des institutions internationales ou aux contraintes liées à la dette publique. « Nous sommes un État souverain et indépendant. Ce n’est pas une institution extérieure qui doit nous imposer sa volonté », estime-t-il. Roshi Bhadain a notamment critiqué la crainte affichée, selon lui, par le gouvernement vis-à-vis des agences de notation et du Fonds monétaire international (FMI).

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Pour Roshi Bhadain, la question n’est pas celle d’une absence de ressources, mais celle des priorités budgétaires. Il a ainsi évoqué la Contribution Sociale Généralisée (CSG), affirmant que le gouvernement aurait collecté environ Rs 16 milliards alors qu’environ Rs 11 milliards auraient été utilisées pour financer les prestations sociales. « Vous avez pris Rs 16 milliards et dépensé Rs 11 milliards. Où est passée la différence ? », s’est-il demandé.

Il a également dénoncé une éventuelle réduction des avantages liés à la CSG, notamment les allocations destinées aux familles, aux enfants ou aux mères. « La caisse n’est pas vide. Il n’y a pas assez d’argent pour nos aînés », a-t-il déclaré, critiquant les dépenses liées aux privilèges de l’État.

Au-delà de la dimension politique, Roshi Bhadain a voulu présenter la défense de la pension universelle comme une cause dépassant les clivages partisans. « Nous avons invité tout le monde dont Joanna Bérenger, Adrien Duval, Rama Valayden. Nous ne voulions pas faire une affaire politique mais une affaire nationale pour tous les Mauriciens », estime-t-il.
« Que vous ayez voté PTr, MMM, MSM, Nouveaux Démocrates ou Rezistans & Alternativ, tout le monde a une personne âgée à la maison. Le combat que nous menons touche tout le monde, peu importe où l’on habite ou le salaire que l’on gagne », fait-il valoir. Il a également justifié la présence d’Alan Ganoo sur l’estrade, malgré les réactions hostiles d’une partie de la foule. « Vous pouvez ne pas être d’accord avec Alan Ganoo, mais il est le seul politicien qui a eu le courage de venir défendre la question de la pension », dit-il.
S’adressant aux syndicalistes présents au rassemblement, il a ajouté : « pena nangne de politik. Nou pe lager pou nou bann gran dimounn. »

Roshi Bhadain a également annoncé qu’il rétablirait la pension à 60 ans en cas de victoire aux prochaines élections. Il a indiqué que le financement pourrait être revu à travers un système tenant compte des revenus, afin que les personnes les plus aisées ne bénéficient pas nécessairement du même traitement que les plus vulnérables.
Le leader du Reform Party a aussi revendiqué avoir contribué à faire reculer le gouvernement sur certains aspects de la réforme après la présentation du budget, s’appesantissant sur le fait que « c’est après mes interventions et mes explications que le gouvernement a dû reculer sur certains points », a-t-il affirmé.

Le moment le plus politique de son intervention a été son appel lancé au Junior Minister Sydney Pierre. Il a affirmé avoir rencontré ce dernier, qui a estimé qu’il était aujourd’hui placé devant un choix entre la discipline gouvernementale et ses convictions personnelles. « Si to deboute dapre prinsip, si to pe lager pou sa ti lepep-la, pou sa klas mwayenn, dan plas tou bann multimiliarder ki pe benefisie ar sa gouverneman-la, to plas rezerve dan Reform Party », dit-il.

S’adressant directement au Junior Minister, il a lancé :« aster, klak laport-la mo frer ! Avoy sa bann zwiser-la promene. Vinn dibout ar lepep, vinn lager pou bann pansione. Ekout to konsians avan vot Finance Bill. »

Selon Roshi Bhadain, un départ de Sydney Pierre permettrait également au Reform Party d’obtenir une représentation parlementaire et lui donnerait l’occasion d’intervenir directement à l’Assemblée nationale.

En conclusion, Roshi Bhadain a appelé les Mauriciens à dépasser les divisions politiques et à rester vigilants face aux tentatives de division. « Le changement viendra lorsque tout le monde décidera de changer. Il ne faut pas que les gens nous achètent, nous divisent ou nous tentent avec de l’argent et de fausses promesses », a-t-il déclaré.

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