Joanna Bérenger a voulu dénoncer les incohérences et l’insuffisance du budget. Elle considère que le budget ne consiste qu’en de belles paroles qui ne se traduisent pas dans la réalité. Ainsi, dit-elle, alors que le gouvernement prévoit des revenus de l’ordre de Rs 150 milliards, que des miettes sont distribuées aux plus vulnérables. « On aide davantage les plus fortunés », soutient-elle.
Elle estime que le budget ne contient aucune mesure pour booster la productivité et éliminer la pauvreté, mettre un terme à la fuite des cerveaux, booster la productivité ou éliminer la pauvreté, stopper l’inflation et arrêter la dépréciation de la roupie. « Non seulement aucune solution n’est apportée pour régler les problèmes de fonds, mais certaines mesures budgétaires viennent aggraver les problèmes sociétaux », fait-elle ressortir.
Joanna Bérenger a dénoncé l’annonce de la démolition du bâtiment Emmanuel Anquetil pour le remplacer par une mini-forêt endémique . « Non seulement la démolition n’est pas recommandée par le gouvernement lui-même, mais l’annonce de la mise en terre de quelques arbres alors que ce même ministre permet à travers l’EDB le déboisement pour divers projets irréguliers est risible », a-t-elle dit en citant entre autres le déboisement de quelque 650 arpents à Roches-Noires. Il s’est demandé où iront les débris après la démolition du bâtiment.
Toujours en ce qui concerne cette région de Roches-Noires où le gouvernement veut privilégier une Smart City, elle est supposée être une zone protégée. « La biodiversité devrait être protégée. Ce faisant, le gouvernement piétine non seulement le plan directeur du gouvernement 2020-2030 mais aussi supposément la Strategic Environnement Statement », s’insurge-t-elle.
L’intervenante a demandé au ministre de publier un bilan de déforestation et de reforestation. Elle estime que si le gouvernement utilisait le système d’Environmental Economic Accounting, cela aurait permis d’intégrer la nature dans toutes les décisions du gouvernement.
Poursuivant son intervention, elle a expliqué que sur les Rs 1,6 milliards prévues au National Environment and Climate Change Fund, seulement un tiers a été alloué au projet de nettoyage et d’embellissement. Elle maintient que tous les projets devraient prendre en considération leur impact sur l’environnement et leurs effets au titre du changement climatique.
Tout un autre volet de son intervention a été consacré à l’énergie renouvelable et à l’utilisation de la biomasse pour la production, de l’énergie renouvelable. En ce qui concerne l’objectif du gouvernement de 60% d’énergie renouvelable dans l’Energy Mix, elle note qu’en 2022 l’énergie renouvelable ne représentait que 17,3% alors qu’en 2021, elle était de 21%. Ce qui laisse planer des doutes sur la possibilité pour le gouvernement d’atteindre son objectif en matière de production énergétique.
Joanna Bérenger a aussi dénoncé la politique gouvernementale prônant l’extrême libéralisation du marché du travail et a plaidé pour la valorisation des produits locaux et de la main-d’œuvre locale. Il déplore que ce budget ne contienne rien pour encourager l’emploi des travailleurs locaux. Il constate un manque d’optimisme en l’avenir. Elle a finalement critiqué la décision visant à enlever des terrains à quelques organisations sociales culturelles afin de favoriser un Blue-Eyed Boy du jour.
Elle a conclu en affirmant que ce gouvernement veut faire en sorte qu’on retourne au modèle d’avant l’indépendance. De plus, elle a lancé un appel à la jeunesse en vue de ne pas se laisser aveugler par quelques billets de banque et à une mobilisation contre un modèle économique injuste, axé sur la main-d’oeuvre bon marché.

