Chagos : Badenoch accuse Farage de vouloir « brader » le territoire à Trump

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Le leader de Reform UK affirme qu’il aurait proposé à Donald Trump de garantir l’utilisation de Diego Garcia par les États-Unis en échange de son silence sur les Malouines. La cheffe des conservateurs britanniques dénonce une démarche « humiliante », tandis que Farage l’accuse d’avoir déformé ses propos.

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Le dossier des Chagos provoque une nouvelle passe d’armes au sein de l’opposition britannique. Kemi Badenoch, cheffe du Parti conservateur, et Nigel Farage, leader de Reform UK, se sont vivement affrontés autour d’une proposition que ce dernier aurait envisagé de soumettre au président américain, Donald Trump : garantir aux États-Unis l’utilisation de la base militaire de Diego Garcia à perpétuité, en contrepartie d’un engagement de Washington à ne plus remettre en question la souveraineté britannique sur les îles Malouines.

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L’affaire a éclaté après la diffusion des propos de Nigel Farage dans un podcast américain. Le leader de Reform UK y explique comment il aurait négocié directement avec Donald Trump en liant les deux dossiers territoriaux.

« J’aurais dit : “Écoutez, vous savez quoi, mon vieux ? Les Chagos, c’est à vous. Diego Garcia, à perpétuité, la base militaire américaine la plus stratégique au monde” », a-t-il déclaré, avant d’expliquer qu’il aurait demandé en retour au président américain de « cesser de parler des îles Malouines ».

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« Je lui donne quelque chose. Je demande quelque chose en retour. Il comprendrait cela. C’est un homme d’affaires. C’est un négociateur », a ajouté Nigel Farage, défendant une approche fondée sur un échange de concessions.

Badenoch : « C’est humiliant »

Ces déclarations ont suscité une réaction cinglante de Kemi Badenoch. La dirigeante conservatrice estime qu’une telle proposition reviendrait à sacrifier un territoire britannique pour obtenir le silence du président américain sur une autre question de souveraineté.

« Céder un territoire britannique en échange du silence de quelqu’un n’est pas un accord. C’est humiliant », a-t-elle affirmé.

Elle a également mis en cause le jugement de Nigel Farage, rappelant les enjeux liés à la sécurité nationale britannique. « Il n’y a aucune fierté nationale dans la manière dont il parle de notre pays. Ce sont des propos irréfléchis et désinvoltes de la part d’un homme qui veut être responsable de la sécurité nationale britannique », a-t-elle déclaré.

Kemi Badenoch a insisté sur la position de son parti concernant les deux territoires : « Les îles Chagos sont britanniques. Et les Malouines sont britanniques et le resteront, indépendamment de ce que dit le président américain. Lorsque Donald Trump a raison, nous devons le dire. Lorsqu’il a tort, nous devons avoir la confiance nécessaire pour le lui dire. »

Mis en cause, Nigel Farage a rapidement contre-attaqué. Il reproche à ses adversaires d’avoir délibérément confondu la question de l’archipel des Chagos avec celle de l’utilisation militaire de Diego Garcia par les États-Unis.

« C’est du journalisme totalement malhonnête », a-t-il rétorqué, soutenant que sa proposition portait sur la garantie d’accès à la base militaire américaine, et non sur la cession de l’ensemble de l’archipel à Washington.

« Je précise clairement que je suis opposé à la cession de la souveraineté à Maurice. Je proposerais aux États-Unis l’utilisation de Diego Garcia à perpétuité. En contrepartie, je voudrais que l’Amérique cesse de parler des Malouines », a-t-il expliqué.

Le dirigeant de Reform UK affirme par ailleurs avoir davantage défendu les Chagos que les conservateurs et les travaillistes, qu’il accuse de vouloir abandonner le territoire à Maurice. Il a également évoqué son soutien aux initiatives visant à favoriser la repopulation des îles par les Chagossiens.

Selon la presse britannique au-delà de la controverse, cet échange illustre la rivalité croissante entre les conservateurs et Reform UK pour occuper l’espace politique à droite au Royaume-Uni. Les deux formations s’étaient jusqu’ici retrouvées dans leur opposition au projet du gouvernement britannique de transférer la souveraineté des Chagos à Maurice, tout en préservant l’utilisation stratégique de Diego Garcia par les États-Unis.

La dispute, toujours selon les observateurs politiques britanniques, met toutefois en lumière une différence dans la manière de défendre les intérêts britanniques. Kemi Badenoch rejette l’idée de lier deux questions de souveraineté dans une transaction avec Washington. Nigel Farage, lui, présente sa proposition comme un échange pragmatique destiné à protéger la position britannique sur les Malouines, alors que Donald Trump a suscité des inquiétudes à Londres en ne réaffirmant pas sans réserve la souveraineté britannique sur cet archipel de l’Atlantique Sud.

 

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