Clency Bibi (GWF) : « Le feu couvait sous la cendre depuis un certain temps »

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« C’est malheureux que nous en soyons arrivés là, par manque de prévoyance et de discernement. Le feu couvait sous la cendre depuis un certain temps. La classe syndicale avait pourtant attiré l’attention des autorités sur la frustration grandissante d’une population qui ne voit pas le bout du tunnel. Les caisses sont vides pour certains, mais pas pour d’autres. Il n’aura fallu qu’une étincelle pour que la population se révolte. »

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« La General Workers Federation (GWF) et la CSG Solidarité expriment leur vive préoccupation face à la situation qui prévaut actuellement dans le pays, ainsi qu’à la décision du gouvernement d’instaurer un couvre-feu dans plusieurs régions. Les deux organisations syndicales condamnent toute forme de violence, de vandalisme, de dégradation ou de destruction de biens publics et privés. Elles rappellent toutefois que la préservation de l’ordre public ne saurait, en aucune circonstance, servir de prétexte à une restriction disproportionnée des libertés fondamentales et des droits démocratiques.
« La GWF et la CSG Solidarité soulignent que toute mesure exceptionnelle doit être strictement temporaire et proportionnée à la situation. Elles attirent particulièrement l’attention du gouvernement sur les conséquences concrètes du couvre-feu pour les travailleurs, notamment ceux employés dans les services essentiels, les transports et les entreprises fonctionnant selon un système de rotation (shift system).
« Au-delà des mesures de sécurité, le gouvernement doit également examiner les tensions, les difficultés et les frustrations qui traversent la société mauricienne. La réponse à la crise ne peut se limiter aux seules mesures sécuritaires : elle doit également comporter des dimensions sociales et économiques. La GWF et la CSG Solidarité demandent ainsi au gouvernement de privilégier le dialogue, la transparence et la concertation avec les forces vives de la nation, en particulier avec les organisations syndicales.
«L’ordre public doit être rétabli, certes, mais pas au détriment de la démocratie, des libertés fondamentales et des droits des travailleurs. »

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