ÉCHANGES COMMERCIAUX — NOUVEAUX TARIFS US : Donald Trump épargne les exportations de Maurice

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MEXA:  « À compter de ce 24 juillet, aucun tarif douanier US ne s’applique aux exportations mauriciennes vers les États-Unis »

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Soulagement dans le camp des exportateurs mauriciens. Alors que les États-Unis annoncent de nouveaux droits de douane de 10 % et 12,5 % visant 60 partenaires commerciaux, Maurice échappe aux nouvelles mesures tarifaires de la Section 301. La Mauritius Export Association (MEXA) y voit une avancée majeure pour le pays et un avantage compétitif pour ses exportateurs, notamment dans le textile.

Le président américain Donald Trump frappe une nouvelle fois avec de nouveaux droits de douane punitifs. Les États-Unis ont annoncé, hier, l’imposition de tarifs de 10 % et 12,5 % sur les marchandises provenant de 60 partenaires commerciaux, dont l’Union européenne et la Chine. Washington justifie ces mesures notamment par la nécessité de lutter contre l’importation de produits fabriqués avec du travail forcé.

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Dans ce contexte de durcissement de la politique commerciale américaine, Maurice fait figure d’exception. Pour les opérateurs engagés dans l’exportation, notamment ceux qui ciblent le marché américain, l’annonce est accueillie avec un mélange de soulagement, de satisfaction et de joie, après plusieurs mois d’incertitude et de stress. La Mauritius Export Association (MEXA) confirme en effet qu’aucun nouveau tarif américain ne s’applique désormais aux exportations mauriciennes vers les États-Unis. « À compter d’aujourd’hui, 24 juillet 2026, aucun tarif douanier américain ne s’applique aux exportations mauriciennes vers les États-Unis », souligne l’association. Pour la MEXA, cette décision constitue « une avancée majeure pour Maurice et son secteur exportateur », après plus d’un an de changements dans la politique commerciale américaine ayant affecté de nombreux partenaires des États-Unis.

Avant d’en arriver là, le parcours aura été particulièrement mouvementé. En avril 2025, les États-Unis avaient introduit un nouveau ‘reciprocal tariff’ sous l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA). Maurice avait alors été soumis à un tarif de 40 %, avant que celui-ci ne soit ramené à 15 % à compter d’août 2025.

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Après la décision de la Cour suprême des États-Unis, le 20 février 2026, jugeant illégal le IEEPA reciprocal tariff, l’administration américaine avait invoqué la Section 122 de la US Trade Act de 1974. Un tarif temporaire de 10 % avait ainsi été appliqué aux importations en provenance des partenaires commerciaux américains à compter du 24 février 2026. Maurice était alors passée d’un tarif de 15 % à 10 %. La Section 122 arrivant à expiration ce vendredi 24 juillet, le bureau du United States Trade Representative (USTR) avait proposé un nouveau cadre tarifaire sous la Section 301 de la US Trade Act, avec des droits supplémentaires compris entre 10 % et 12,5 % pour un grand nombre de partenaires commerciaux.

C’est finalement une autre issue qui se dessine pour Maurice. « Following the announcement made by the USTR yesterday, MEXA is pleased to confirm that Mauritius has been excluded from the new Section 301 tariff measures. Consequently, as from today, no additional US tariff applies to Mauritian exports to the United States. This is a significant achievement for Mauritius », souligne l’association.

Avantage

Pour la MEXA, cette exemption place désormais les exportateurs mauriciens dans une position plus favorable sur le marché américain. Les États-Unis représentent 11 % de nos exportations totales de biens, pour une valeur d’environ Rs 8 milliards (en 2025). Désormais, les exportations mauriciennes continueront de bénéficier de l’accès en franchise de droits dans le cadre de l’AGOA, tout en échappant aux nouveaux tarifs américains. « Mauritian exports will now continue to benefit from duty-free access under AGOA, while also being free from any additional US tariff measures. This provides Mauritian exporters with a strong competitive advantage over several major textile-producing countries that are now subject to additional Section 301 tariffs, including Vietnam and China (12.5%) and Bangladesh and India (10%), subject to applicable product exemptions », fait ressortir la MEXA.

Pour l’association, cette situation représente donc une opportunité pour les opérateurs locaux, particulièrement dans le textile et l’habillement, face à des concurrents majeurs désormais soumis à des droits de douane supplémentaires.
La MEXA attribue cette issue favorable à une collaboration soutenue entre le gouvernement et le secteur privé. Elle estime notamment qu’une grande partie du mérite revient à la mission conjointe menée à Washington DC en avril dernier par le ministre de l’Industrie, Aadil Ameer Meea, avec la MEXA représentant le secteur privé. Cette mission avait permis d’engager des discussions avec l’administration américaine et des membres du Congrès sur les relations commerciales entre Maurice et les États-Unis. La délégation mauricienne avait également rencontré de hauts responsables de l’USTR, des échanges qualifiés de « highly productive » par la MEXA.

L’association met également en avant les efforts de ses membres pour favoriser une relation commerciale bilatérale plus équilibrée avec les États-Unis. Des fabricants mauriciens ont ainsi commencé à s’approvisionner en coton américain pour l’industrie textile locale. Une récente cargaison de ‘soybean meal’ américain a également été importée pour le secteur local de l’alimentation animale.

Accord bilatéral

Si la MEXA accueille favorablement cette décision, elle estime toutefois que le travail doit se poursuivre. Elle encourage ainsi le gouvernement à poursuivre les discussions en vue d’un accord commercial bilatéral qui permettrait d’apporter une plus grande visibilité aux opérateurs mauriciens et de préserver un accès préférentiel au marché américain au-delà de l’expiration de l’AGOA.
L’enjeu est donc désormais de transformer ce répit tarifaire en avantage durable. Après des mois d’incertitude sur l’accès au marché américain, l’objectif est de maintenir le dialogue avec Washington et renforcer les relations commerciales et d’investissement entre les deux pays.

 

AADIL AMEER MEEA : « Rester lucide malgré l’avantage de l’AGOA »

Le ministre Aadil Ameer Meea estime que l’exclusion de Maurice des nouvelles mesures tarifaires américaines au titre de l’article 301 constitue une évolution positive pour le secteur d’exportation, notamment pour l’industrie textile et de l’habillement. Il attribue cela en partie aux démarches entreprises directement auprès des autorités américaines. « Nous avons pris l’initiative de nous rendre à Washington pour engager un dialogue direct avec l’USTR. Nous avons défendu le dossier mauricien avec sérieux et détermination », affirme-t-il.

Avec la fin de la surtaxe temporaire et le rétablissement de l’accès préférentiel sous l’AGOA, les produits mauriciens éligibles peuvent de nouveau entrer sur le marché américain en franchise de droits. Le ministre estime que cette situation offre aux entreprises mauriciennes « un avantage concurrentiel important face à plusieurs grands pays producteurs qui seront désormais soumis à des droits additionnels ». Elle pourrait contribuer à consolider les commandes, attirer de nouveaux acheteurs américains et booster l’image de Maurice comme plateforme de production fiable et respectueuse des normes internationales.

Cependant, Aadil Ameer Meea appelle à ne pas considérer cette avancée comme acquise. « Nous devons toutefois rester lucides : l’extension actuelle de l’AGOA arrive à échéance le 31 décembre 2026. Cette avancée ne constitue donc pas une solution définitive, mais une fenêtre d’opportunité que nous devons utiliser pleinement et sans tarder. »
Le gouvernement entend ainsi poursuivre les discussions avec Washington afin de parvenir à un cadre commercial plus durable et prévisible. « Nous devons continuer à explorer toutes les possibilités, qu’il s’agisse d’un accord bilatéral, d’un arrangement commercial réciproque ou d’un mécanisme préférentiel spécifique », souligne le ministre.

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