Des photos de résidences d’enquêteurs et leurs coordonnées extraites du cellulaire du trafiquant présumé
L’étau se resserre autour de Steven Moothoocurpen (35 ans) après sa quatrième arrestation par la Financial Crimes Commission (FCC). Le Central Criminal Investigation Department (CCID) devrait prochainement l’interroger dans le cadre de l’enquête sur des menaces ciblant Sanjay Dawoodarry, directeur général de la FCC.
En mars dernier, deux balles ainsi qu’une lettre anonyme contenant des menaces avaient été retrouvées au domicile de Sanjay Dawoodarry, dans les hautes Plaines-Wilhems. La police avait alors procédé à l’arrestation d’un suspect, qui a expliqué avoir uniquement été chargé de déposer les objets sur place. La présence de Steven Moothoocurpen dans le voisinage peu avant cette découverte n’était toutefois pas passée inaperçue. Faute d’éléments suffisants à l’époque, le Central CID ne l’avait pas interrogé dans cette affaire.
La situation pourrait cependant prendre une nouvelle tournure à la lumière des éléments récupérés sur son téléphone portable. Les experts du département Forensic de la FCC ont notamment découvert, dans l’appareil, des photographies de domiciles de plusieurs enquêteurs ainsi que leurs coordonnées. Steven Moothoocurpen devra prochainement s’expliquer sur la présence de ces données et sur l’usage qu’il aurait pu vouloir en faire.
Compte tenu de la gravité des éléments versés au dossier, il est désormais considéré comme un High-Profile Criminal. Lors de sa comparution devant le tribunal de Moka, hier, il a été escorté par des éléments de la Special Support Unit. Une accusation provisoire de Conspiracy, en vertu de la Criminal Code Act, a été retenue contre lui.
Steven Moothoocurpen a, par ailleurs, retenu les services de Me Neil Pillay. Ce choix intervient alors que Me Nushumi Kandai, qui l’avait précédemment représenté, a été interrogée Under Warning dans le cadre de la même enquête.
La FCC s’est opposée à sa remise en liberté sous caution, faisant notamment valoir le risque qu’il puisse tamper with witnesses, soit tenter d’influencer ou d’interférer avec des témoins. Le suspect a finalement été conduit au centre de détention d’Alcatraz, où il est maintenu seul dans une cellule. Il est de nouveau attendu en cour ce vendredi où auront lieu les débats sur sa demande de remise en liberté.
Lors de son interrogatoire dans les locaux de la FCC au Réduit Triangle, Steven Moothoocurpen serait resté silencieux au sujet des documents confidentiels retrouvés dans son téléphone. Parmi ces documents figureraient notamment des Applications Orders concernant la saisie de véhicules à son domicile ainsi qu’à ceux de complices présumés, lors d’une opération menée l’année dernière dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent. Des Judge’s Orders ont également été retrouvés sur l’appareil. Selon les éléments de l’enquête, certains de ces documents auraient été transmis à son avocate.
Parallèlement, une équipe de la cellule intelligence de la FCC tente d’établir la provenance d’une vidéo qui circule actuellement sur les réseaux sociaux. Celle-ci montre un Diary Book présenté comme appartenant à la commission. Des informations concernant plusieurs suspects y apparaîtraient, notamment dans le cadre de l’affaire Reward Money, ainsi que leurs numéros de comptes bancaires.
Dans le même contexte, un Chief Investigator de la FCC a déposé une plainte au Central CID au cours de la semaine. Il a affirmé que des informations à caractère diffamatoire circulent sur Facebook et aurait notamment fait référence au contenu de ce Diary Book.
L’enquête se poursuit afin de déterminer l’origine de ces fuites, les personnes impliquées ainsi que les circonstances dans lesquelles des informations et documents confidentiels auraient pu se retrouver hors des circuits officiels.

