ZIBYA ISSACK

J’écoutais par hasard une chanson d’Abba lorsque d’innombrables messages sur mon portable tonnèrent au loin, dans la cuisine. Mon amie Sonia m’annonça cette triste nouvelle :  « Tu te souviens de notre lecturer Farhad Khoyratty ? Ce bon vivant n’est plus ». D’autres messages pleuvront plus tard. Sadia, Roy et Mico n’en reviennent toujours pas. « Pourquoi lui » ? Parce que Dieu l’a voulu ainsi. Nous nous plions à sa volonté.

Un Lecturer exceptionnel. Farhad (qui insistait pour qu’on l’appelle ainsi) était en effet ce passeur extraordinaire qui savait parfaitement concocter la formule magique pour déclencher chez ses étudiants l’intérêt et le goût pour la littérature anglaise. Il avait tout aussi bien l’art de communiquer l’amour de son métier. En mesure aussi de nous transporter dans les méandres de la littérature classique et des théories littéraires, Farhad croyait en ses étudiants et s’affranchissait avec facilité de tous les préjugés du monde. Il incarnait aussi l’humilité et l’authenticité, et fait désormais partie du cercle des poètes et écrivains qui ne disparaîtront jamais à nos yeux. Fin intellectuel, brillant, cultivé, passionné, Farhad nous a ouvert les yeux sur le monde – un autre monde, d’où son éternelle déconstruction. Far…away, our Farhad a aujourd’hui rejoint une sphère dans laquelle on se donne inéluctablement rendez-vous dans le trépas.