Sur plusieurs tableaux, en ce moment, c’est… la honte ! Des parlementaires qui se chamaillent tels des gamins dans une cour de récré — sauf qu’eux le font au détriment de la poche du contribuable. Cela s’est passé jeudi. Des ministres ayant « lourdement fauté » dans leur politique de vendetta où, encore une fois, c’est le peuple qui finit par être affecté : c’est l’affaire Betamax.
Il y a aussi une politique d’opacité persistante et oppressante de la part de la Santé par rapport aux cas de contamination et de transmission de COVID-19. Ce qui aboutit, inévitablement, à des comportements à risque des uns et des autres, et favorise la circulation du virus (un variant ?) aux quatre coins du pays. Et dans tout cela, une décision prise, au pif, il nous semble bien, pour une réouverture, même partielle et contrôlée, de nos frontières. Sérieusement au pif, parce que le compte pour parvenir au taux requis d’immunité collective sera loin d’être atteint, le 15 juillet prochain. Et cela, c’est le ministre du Tourisme himself qui l’a déclaré, la semaine dernière, sur les ondes d’une radio privée, dans le sillage du discours budgétaire où cette mesure a été annoncée…
La semaine dernière, nous évoquions déjà, dans cette colonne, le caractère illogique d’une décision émanant de la Santé consistant à décréter les dortoirs de travailleurs étrangers zones rouges. Décision toute aussi déplorée et décriée par des syndicalistes, des médecins et d’autres observateurs sociaux. Moins de 24 heures après, cinq autres dortoirs ont été décrétés zones rouges. Comment interpréter cela ? Doit-on comprendre que pour le ministère de la Santé, la question est davantage d’enfermer les potentiels malades et qu’ils prennent le risque de contaminer leurs camarades négatifs ?
Idem dans la communication quotidienne des nouveaux cas enregistrés. Toutes sortes de formules sont trouvées, au quotidien, dans les communiqués du NCC, pour travestir la vérité. Que l’on dise simplement au peuple que X nombre de nouveaux cas ont été enregistrés dans tel et tel endroit du pays, avec quelques indications afin que les personnes ayant été en contact avec ces nouveaux malades puissent prendre leurs précautions, agir comme des Mauriciens matures et responsables, se faire dépister et traiter, entre autres.
Avec l’avarice des propos prônée par les autorités, ce n’est pas la confidentialité des malades qui prime, mais plutôt le “collateral damage” effectué par les membres de Lakwizinn. Ça, personne n’en est dupe. Cependant, le peuple se demande jusqu’à quand il se rongera les freins avant de descendre dans les rues, traduire son ras-le-bol.
Le deuxième grand oral de Renganaden Padayachy, la semaine dernière, a laissé tous ceux qui souhaitaient ardemment un budget de relance, primordial après ces deux crises successives de COVID-19, ayant brutalement et sérieusement impacté la vie de la plupart des Mauriciens, sur leur faim. Plutôt, on se retrouve avec de l’argent injecté dans un centre cardiaque hi-tech à… Côte-d’Or, (bientôt la nouvelle capitale de l’île ?), ainsi que dans d’autres projets mirobolants dont on ne verra probablement jamais l’achèvement, ni même le début.
Et encore une fois, beaucoup de sous alloués à la répression (la police et les équipements pour traquer les trafiquants de drogue), surtout. Mais pas le moindre centime pour le traitement et la réhabilitation ! Comme quoi, les centres et les travailleurs sociaux engagés dans ce secteur, et qui sont au chevet des familles accablées par ces drames humains, n’ont plus qu’à fermer boutique et se recycler dans d’autres secteurs plus porteurs…
Honte, vraiment, à ces décideurs qui sont d’avis que l’humain n’est pas au centre du développement et du changement !