Joanna Bérenger, Fron Progresis Militan « Un Sovereign Future Fund pour préparer l’avenir »

 

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Joanna Bérenger, parlementaire du Fron Progresis Militan siégeant dans les rangs de l’opposition, a dit regretter que le budget 2026-27, qualifié de courageux par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, est en fait du courage imposé au peuple. Elle a fustigé la réforme de la pension à la retraite, déploré l’inégalité dans la politique de congés de maternité et de paternité, estimant que cela jouera contre les femmes, plaidé pour la préservation de l’écosystème et insisté sur la transparence dans les projets de développement.
Joanna Bérenger a fait ressortir qu’il est souvent demandé aux citoyens ordinaires, surtout à la classe moyenne, de consentir à des sacrifices, mais que les élus en font rarement. Elle a dénoncé la situation autour de la pension de vieillesse. « L’année dernière, le gouvernement avait décidé de ne plus accorder la pension à 60 ans. Cette année, il revient sur sa propre réforme. Quelques jours plus tard, après avoir traumatisé une population, il revient sur la réforme de sa réforme. Nous ne savons plus à quoi s’attendre. Comment se sentir en sécurité avec un tel bat-bate ? » dit-elle.
Pour elle, cette réforme de la pension marque un changement de philosophie que le Premier ministre et ministre des Finances voulait introduire, sans même avoir consulté ses collègues du conseil des ministres. Elle s’est aussi interrogée si c’est uniquement le Means Test qui sera gelé, ou aussi, l’option d’avoir une pension réduite à partir de 60 ans.
« L’annexe mentionne bien que si quelqu’un opte pour la pension à 60 ans, il aura un montant réduit pendant toute sa vie. Qui se sentira obligé de prendre sa pension à 60 ans ? Ce sont les travailleurs manuels qui font un travail pénible ou ces ménagères qui attendaient la retraite pour avoir leur autonomie », poursuit-elle.
Joanna Bérenger a aussi attiré l’attention sur le déficit budgétaire pour l’année 2025-26, qui était annoncé à 4,9%, mais qui, en réalité, a atteint 6%, soit Rs 46,5 milliards. « De plus, pour 2026-27 nous annonçons 3,7% si les Rs 10 milliards attendus dans le deal Chagos sont obtenus. Et ce chiffre inclut également ce qu’on aurait économisé avec la pension. »
Joanna Bérenger a relevé également que l’État a prévu des revenus de Rs 203 milliards alors que les dépenses sont estimées à Rs 250 milliards. « Quand la dette dépasse la croissance, c’est un signal d’alarme qu’il ne faut pas ignorer. Ce sont les générations futures qui paieront la facture », trouve-t-elle. Toujours en ce qui concerne les sacrifices, elle a précisé que les mesures annoncées dans la pension des élus sont « encore trop modestes ». Elle a cité l’exemple de 1982, où le ministre des Finances d’alors avait introduit la Sales Tax, ce qui selon elle, a mené au miracle économique.
Elle a déploré qu’un an après le précédent budget, le gouvernement revienne avec la même communication et le même gaspillage. « Où en est la Fiscal Responsibility Act ? », se demande-t-elle. Au niveau de la fiscalité, elle estime dommage qu’on réclame seulement à ceux qui gagnent plus de contribuer plus et que les patrimoines accumulés et plus-value ne soient pas considérés.
Le point positif évoqué par Joanna Bérenger : le congé menstruel, qu’elle considère comme une avancée. Cependant, elle s’est dit déçue par la Maternity Leave de 12 mois et la Paternity Leave de 6 semaines, respectivement. « C’est une mesure discriminatoire. Les femmes seront désavantagées à l’embauche », affirme-t-elle. Selon elle, il fallait un congé parental partagé et sur un pied d’égalité, avec un mécanisme de soutien aux entreprises. De même, a-t-elle ajouté, « comment cette mesure pourrait encourager les couples à avoir des enfants s’il n’y a aucune mesure d’accompagnement, notamment pour les crèches et le logement ? »
Au chapitre de l’environnement, Joanna Bérenger a pointé du doigt un « fossé énorme » entre les discours et la réalité. Parlant de la récente pollution à Pointe-aux-Sables, elle a indiqué que les pêcheurs et les habitants réclament de la transparence et non pas de slogans. Elle a aussi regretté que depuis le 10 juin, aucun plan de réhabilitation n’a été communiqué. De même, elle s’insurge contre les travaux sur les dunes de sable à Belle-Mare autorisés à aller de l’avant, alors même que le conseil de district avait émis un Notice pour l’arrêt des travaux. « Quel signal est-on en train d’envoyer ? La loi ne s’applique-t-elle pas pour tous ? »
Étant une île, a-t-elle ajouté, les plages sont importantes pour le tourisme et le lagon pour la pêche. « Les détruire ne serait pas seulement une faute écologique, mais une faute économique », prévient-elle.
Élaborant sur les projets de l’IA, Joanna Bérenger a invité à la prudence. « Je refuse l’idée que c’est une solution miracle. Quel est l’intérêt de cet outil si nous ne mettons pas en cause notre modèle de développement, de la rente à la production ? » Elle a aussi questionné la stratégie par rapport à l’IA ? « Où sont les techniciens et ingénieurs qualifiés pour les centres de données et qu’en est-il des emplois qui vont disparaître ? Le budget ne répond à aucun plan d’accompagnement », se demande-t-elle.
Joanna Bérenger a proposé la création d’un Sovereign Future Fund. « L’idée est simple : utiliser une partie de la richesse créée aujourd’hui pour préparer les transformations de demain. Un fonds national capable d’investir dans les technologies émergentes, la formation continue, la reconversion professionnelle et la protection des travailleurs touchés par l’automatisation », a-t-elle indiqué.
D’après elle, les bénéfices de l’IA ne doivent pas être happés par une poignée de grandes entreprises, mais doivent profiter à tous. Elle a plaidé pour une société égalitaire et l’investissement dans ce qui dure, dont l’éducation.
« Je cherche un moteur de croissance, mais je vois qu’on prévoit encore plus de main-d’œuvre étrangère, alors que nos jeunes quittent le pays. Pourquoi ne pas les convaincre de rester ? » regrette Joanna Bérenger, invitant ainsi à s’interroger sur le modèle et à penser à la société à bâtir pour l’avenir.

 

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