JONATHAN CHICOT

La gratitude est un bien joli mot. Rien qu’à l’entendre, il fait plaisir aux oreilles. Dire merci, c’est faire exister l’autre. C’est le reconnaître dans sa dignité profonde et, en même temps, apprécier ce qu’il est et ce qu’il fait. Être reconnaissant et remercier l’autre, c’est aussi donner de la valeur au service rendu par l’autre et se sentir important et valorisé par celui qui est l’auteur de ce service. À savoir que l’aide peut être perçue comme un soutien apporté à quelqu’un qui nous est inférieur alors que le service authentique met la personne soutenue sur un pied d’égalité avec celui qui rend le service. D’autant plus que la démarche de celui-ci est de lui procurer du bien, avec gratuité, et ce sans rien attendre en retour, restaurant ainsi la personne dans sa véritable identité. De nos jours, dire merci peut paraître dans certains cas anodin.

Par exemple, disons-nous tout le temps merci au receveur qui nous tend un ticket de bus? À notre maman ou épouse qui nous a préparé un bon petit plat ? À l’éboueur qui vient récupérer nos déchets ? Ou encore au planton au bureau qui nous a servi une tasse de thé ? On peut dire que c’est simplement leur devoir ! C’est vrai, mais ce qui malheureusement détériore la qualité du service rendu, c’est le manque d’appréciation de l’autre, c’est réduire l’autre à son « devoir », sa personne m’importe donc peu.

La gratitude s’exerce dans les petites choses ordinaires de la vie, mais, à la longue, on voit que l’impact qu’elle peut avoir est bien plus qu’ordinaire ! La règle d’or possède en elle-même quelque chose de gratifiant : « Fais aux autres ce que tu aurais aimé que l’on fasse pour toi ! »