La Fête des Mères est célébrée ce dimanche 30 mai, chez nous, dans une ambiance pas tout à fait festive. Avec la résurgence des cas de COVID-19, cette semaine, la panique, engendrée par le virus, règne un peu partout dans le pays, zones rouges ou pas.
Mais en même temps, nombre de citoyens, bien que responsables et avertis, n’en peuvent plus. Ces deux confinements quasi successifs, la précarité de l’emploi pour un très grand nombre d’entre nous, la perte carrément d’un salaire pour beaucoup d’autres encore, le fait que les vaccins ne protègent pas (encore) totalement, et toute cette foule d’incertitudes qu’a générée cette pandémie, depuis l’an dernier, font qu’on se sent un peu tous… au bout du rouleau.
Il est vrai que la gestion de cette deuxième vague de COVID-19 chez nous aurait pu être (nettement) meilleure. Dès le premier jour, le 9 mars dernier, l’ancien patron de la Santé, le Dr Vasantrao Gujadhur, avait quasiment donné le “road-map” pour contenir et, par incidence, contrôler, la nouvelle épidémie. Il préconisait, de prime abord, un “total lockdown”. Ce qui aurait impliqué, évidemment, une fermeture totale du pays pendant une dizaine ou une quinzaine de jours au minimum. Pendant cette période, les officiers de la Santé auraient retracé l’origine de la nouvelle source de contamination et auraient fait le nécessaire pour que le virus ne circule plus à partir d’un moment.
Cette donne prévoyait également que, pour les familles les plus démunies vivant au jour le jour, des dispositions spéciales soient prises, comme tel avait été fait l’an dernier, pour que ses membres et surtout leurs enfants ne dorment pas le ventre vide. Cela est tout à fait réalisable et aurait aidé à assainir une situation déjà, début mars dernier, qui laissait entrevoir des faiblesses. Mais l’administration de Pravind Jugnauth, avec le ministère de la Santé sous la tutelle de Kailesh Jagutpal, a préféré une tout autre option… Avec le résultat, qu’aujourd’hui, on patauge dans la gadoue !
La Fête des Mères cette année sera célébrée dans le respect des strictes consignes sanitaires, cette fois plus que jamais, justement à cause de la résurgence du virus qui désormais circule aux quatre coins du pays… Ce que souhaitait absolument éviter tant le Dr Gujadhur que tous ceux d’entre nous qui, étant sensés, avaient censé compris, dès le départ, qu’il valait mieux consentir à quelques sacrifices que d’avoir à encaisser une facture salée. Prions seulement que des “cocovid” — comme il y en a eu beaucoup cette année — ne baissent pas la garde pour enflammer une épidémie qui donne le tournis à des officiers déjà dépassés par les événements !
Certainement, la plupart d’entre nous font les frais de cette crise sanitaire inédite, ce qui provoque des répercussions multiples : quasiment toutes les sphères de nos vies sont impactées. Mais de là à devenir imprudents et négliger les gestes barrières, cela serait de la pure bêtise ! Parce qu’un nouvel exercice budgétaire nous attend au tournant. Parce qu’avec les mauvaises notes de la Banque mondiale et les autres scandales financiers, qui ont lourdement entaché notre image internationale, nous allons passer par des étapes très dures pour remonter la pente.
Plus que jamais, cette période est cruciale pour chaque Mauricien, parce que la relance de notre pays repose désormais sur nos épaules. Nous ne pouvons que prier que nos dirigeants soient bien inspirés. Des scandales et des bourdes, ce gouvernement en a plusieurs à son actif. Peut-être qu’un nouveau souffle viendra rectifier le tir et qu’enfin Pravind Jugnauth consentira à laisser d’autres, dont ceux qui se trouvent dans l’opposition, donner le coup de main qu’il faut pour remettre notre pays sur de bons rails solides. Mais n’en demeure que nous devons, chacun, assumer une grande part de responsabilités dans cette relance.
La magnifique chanson d’Arno, Les Yeux de ma mère, d’où l’on puisait la force nécessaire et le courage requis pour remonter cette rude pente, pourrait nous servir, à ce titre…

Husna Ramjanally