À tous les niveaux, c’est désormais l’escalade ! D’abord et surtout concernant le nombre de cas positifs à la COVID-19. Les chiffres enflent chaque jour, donnant sérieusement le tournis à tout un chacun.

Qu’il s’agisse du ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, visiblement dépassé et qui s’affiche désormais régulièrement flanqué de nouveaux acolytes destinés à soutenir (cautionner ou crédibiliser ?) ses dires, souvent balbutiés, quand ils ne sont pas prononcés du bout des lèvres. Et autant de la part de citoyens responsables qui ne peuvent que regarder, dans un lourd silence empreint d’impuissance, taisant leur colère et leur fureur face à, primo, un système de santé qui n’a pas su faire face comme il se doit à cette deuxième vague définitivement très mal gérée, et secundo, le total manque de transparence des politiques qui nous dirigent. Tous, nous sommes invariablement animés du même sentiment que l’escalade cause, actuellement, une vague qui se révélera probablement, hélas!, irréversible…

Jagutpal a raison quand il martèle que les gestes barrières doivent être scrupuleusement respectés pour bloquer le virus. Il y a malheureusement, en effet, une grosse attitude de foupamalisme de la part d’un grand nombre de nos compatriotes : il n’y a qu’à voir le gros flot de personnes qui s’est déplacé dans les centres commerciaux depuis le 1er mai dernier ! Et cette semaine, dans les rues de la capitale, c’était pire… Ce, alors que le nombre de nouveaux cas positifs ne cessait d’augmenter !

L’escalade, c’est aussi et surtout, en ce weekend où les musulmans du monde entier célèbrent l’Eid Ul Fitr, marquant le mois béni du Ramadan, les terribles affrontements entre Israéliens et Palestiniens. Cette année, les attaques meurtrières ont frappé en plein cœur de Jérusalem alors que les Palestiniens priaient ! N’est-ce pas le summum de l’horreur ? Qui frappe des hommes, des femmes et des enfants, des civils, qui observent le jeûne ? N’y a-t-il plus de foi ni loi dans ce monde déjà brutalement et violemment terrassé par l’autre monstre invisible, la COVID-19 ? Est-ce que les morts par milliers engendrés par ce virus, de par le monde, n’ouvrent pas encore les yeux de ceux qui demeurent accrochés à leur parcelle de terrain ? Ceux qui sont partis, emportés par la maladie ou les attaques n’ont rien emmené avec eux, sauf ce que leurs cœurs contenaient et ce que leurs actions ont laissé comme héritage. N’y a-t-il pas là une leçon à retenir ? Face aux injustices dont est victime le peuple palestinien, les politiques et les citoyens engagés comme Cassam Uteem, Xavier-Luc Duval, leader de l’opposition, Lalit, le MMM et le PTr se sont positionnés.

L’escalade, c’est aussi cette nouvelle saisie record de Pointe-aux-Canonniers, avec plus de Rs 3,7 milliards d’héroïne et de haschich. Nous sommes, actuellement à Maurice, dans une configuration où des gangs qui tirent les ficelles du trafic sont de plus en plus jeunes, et de moins en moins soupçonnables. Et ainsi que nous l’avons fréquemment rapporté dans Le Mauricien, ces éléments ne sont nullement ni nouveaux, ni choquants. Le travailleur social de longue date Danny Philippe avait, dès 2015, tiré la sonnette d’alarme sur cet aspect.
Et le plus inquiétant, c’est l’éventualité où ces gangs en viennent, à un certain moment, à des règlements de comptes sanglants, comme c’est le quotidien dans nombre de pays tels que le Brésil, le Mexique, la Colombie, entre autres, où le narcotrafic fait loi. Nous sommes, actuellement à Maurice, encore à un stade où les choses ne dérapent pas. Et ce n’est pas grâce aux autorités, qui privilégient la répression.

Le gouvernement de Pravind Jugnauth pense sérieusement régler le problème de la drogue par ce moyen. Mais la question qui est totalement éludée, occultée, voire ignorée, c’est si autant de drogue(s) entrent dans le pays, combien y a-t-il d’usagers de ces produits illicites ? Il n’existe, depuis 2002, aucune étude scientifique pour estimer la population active d’usagers de drogues, qu’elles soient injectables, fumées ou ingérées autrement. Qu’attend-on ? Que des légions de toxicomanes de tous bords, en cruel manque, fassent exploser les capacités des hôpitaux et centres de santé, déjà débordés avec la COVID-19 ?