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L’ONU AU BOUT DU ROULEAU – Gouvernance mondiale à déconstruire à tout prix

En 2020, à l’occasion du 75e anniversaire de l’ONU, le secrétaire général de l’Organisation avait tiré la sonnette d’alarme sur l’état déplorable de notre planète et le climat de « méfiance qui domine la scène internationale, paralysant le multilatéralisme ». Deux années plus tard, son constat est, malheureusement, encore plus accablant : « Le monde est plus que jamais au bord du précipice et nous en sommes tous responsables et coupables ». En effet, mises à part les diverses crises qui secouent actuellement la planète – climatique, écologique, énergétique, sanitaire, alimentaire, sécuritaire, etc –, la guerre en Ukraine, qui a fait déborder le vase, a considérablement hanté la 77e session de l’Assemblée générale, du début jusqu’à la fin, sans qu’aucune suggestion tangible n’ait été formulée afin de sortir de l’impasse, ce bien que la planète se trouve au bord d’une nouvelle déflagration après la menace nucléaire brandie par Moscou et une riposte éventuelle « ferme » de Washington, comme a annoncé le président Biden.

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Ainsi, devant l’échec flagrant de la communauté internationale de faire émerger une civilisation globale plus sûre, prospère et solidaire, le statu quo onusien ne peut constituer l’option souhaitable. Alors que le monde a beaucoup évolué depuis la création de l’ONU, une idée conçue en février 1945 à la conférence de Yalta sur les ruines encore fumantes de la Seconde Guerre mondiale, cette plate-forme internationale est demeurée pratiquement figée ces sept dernières décennies. Perçue donc comme un bouledogue sans dents, l’Organisation doit impérativement se réinventer et, selon de nombreux observateurs, être convertie in fine en une haute autorité de l’administration globale par un accroissement de ses pouvoirs, son budget et ses moyens d’intervention dans tous les points chauds de la planète susceptibles de déstabiliser la paix mais aussi dans la gestion de toutes les ressources naturelles dans le but d’assurer une meilleure distribution de la richesse globale et éventuellement, un développement convenable dans toutes les régions du monde. Vaste programme certes pouvant même laisser entrevoir des considérations purement utopiques, mais au vu de l’état actuel de la planète, il va sans dire que les paramètres du fonctionnement de l’ONU doivent essentiellement être réajustés afin qu’elle puisse accomplir sa mission qui n’est autre que la sauvegarde du bien-être et de la sécurité de tous les peuples, dans les meilleures dispositions possibles. Car les atteintes portées à la Terre et ses habitants – pauvreté, famine, guerre, maladies, destruction de la biodiversité, etc – puisent leur source, d’une façon ou d’une autre, dans l’injustice sociale.

En ce qui concerne les conflits interfrontaliers, le plan de réforme de l’ONU présenté par le Comité des Nations unies en 2004 dans le sillage de l’invasion de l’Irak par une coalition occidentale menée par les Américains à la base des informations erronées sur les armes de destruction massive supposément détenues par Saddam Hussein, aurait certainement permis à l’Organisation de s’approprier des pouvoirs nécessaires pour pouvoir gérer les conflits armés de manière adéquate. Ce plan, en effet, recommande que tout État réponde d’abord à cinq critères fondamentaux avant d’obtenir l’autorisation de recourir à la force :

1. Gravité de la menace : la menace est-elle suffisamment claire et grave pour justifier l’utilisation de la force militaire ?

2. Objectif de l’action : est-il établi que le but principal de l’action militaire envisagée est de stopper ou de prévenir la menace en question, quelles que soient les autres motivations de l’opération ?

3. Dernier recours : toute option non militaire pour faire face à la menace a-t-elle été explorée ?

4. Moyens employés : est-ce que l’importance, la durée prévue et la force de l’action militaire envisagée sont proportionnelles à la menace en question ?

5. Conséquences de l’opération : existe-t-il une probabilité raisonnable pour que l’action militaire puisse réussir face à la menace avec l’objectif que ses conséquences ne soient pas pires que celles de l’inaction ?

Ainsi, les réformes globales préconisées auraient certainement permis à l’Organisation de réduire les risques de conflits militaires sur tous les continents. Or, aujourd’hui, il est malheureux que la planète soit devenue un monde d’ego qui se sert de crises pour des démonstrations de force à travers des stratégies géopolitiques savamment orchestrées et, parfois, hautement irresponsables, dans un jeu planétaire à somme nulle.

Dr DIPLAL MAROAM

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