Faire de la Fintech un nouveau pilier de la croissance économique et positionner Maurice comme un hub régional de la finance numérique. Telle est l’ambition de la National Fintech Strategy 2026-2030, lancée officiellement jeudi par le ministère des Services financiers et de la Planification économique au Côte d’Or Technopole. Cette feuille de route vise à accélérer l’adoption des solutions numériques, renforcer la compétitivité du pays et favoriser l’émergence d’un écosystème Fintech dynamique, capable d’attirer les investissements et de stimuler l’innovation.
La cérémonie s’est déroulée en présence de la ministre des Services financiers et de la Planification économique, Jyoti Jeetun, du ministre des Technologies de l’information, de la Communication et de l’Innovation, Avinash Ramtohul, ainsi que de la directrice du Bureau sous-régional pour l’Afrique australe de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (UNECA), Eunice Kamwendo. Plus de 200 représentants des secteurs financier et technologique ont également assisté au lancement.
La National Fintech Strategy 2026-30 s’inscrit dans une vision de long terme visant à doter Maurice d’un écosystème Fintech à la fois innovant, inclusif et compétitif. À travers cette feuille de route, le gouvernement souhaite attirer davantage d’investissements, encourager l’innovation et offrir un environnement favorable au développement des entreprises locales et internationales. La stratégie poursuit également un double objectif : consolider la position de Maurice comme centre régional de référence pour les technologies financières tout en accélérant la transformation numérique et financière du pays grâce à une adoption plus large des solutions Fintech par les administrations publiques, les entreprises et les ménages.
Pour atteindre ces objectifs d’ici à 2030, la stratégie s’articule autour de six piliers : le renforcement du cadre réglementaire et de l’innovation, le développement des infrastructures numériques et de la cybersécurité, la formation des talents et des compétences, le soutien à l’innovation, aux investissements et au développement du marché, la collaboration internationale et le positionnement régional, ainsi que l’inclusion financière, la sensibilisation et la protection des consommateurs. Ces piliers visent à mettre en place un environnement réglementaire plus agile, transparent et efficace, à travers la simplification des processus, le renforcement de la coordination institutionnelle, entre autres. Outre cela, le rapport met l’accent sur le renforcement des infrastructures, notamment les systèmes de paiement afin de garantir un environnement numérique fiable et sécurisé.
« Faire de Maurice la plateforme
de confiance de l’Afrique »
Prenant la parole lors de la cérémonie, la ministre des Services financiers et de la Planification économique a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire de Maurice un acteur incontournable de la finance numérique sur le continent africain. « La Stratégie nationale FinTech 2026-2030 reflète l’ambition du Gouvernement de positionner Maurice comme la plateforme de confiance de l’Afrique pour la finance numérique, portée par l’innovation, l’inclusion et la collaboration transfrontalière. Partout dans le monde, les technologies financières transforment les économies, facilitent l’accès aux services financiers, simplifient les échanges et créent de nouvelles opportunités de croissance.
Pour Maurice, elles représentent une occasion unique de repenser notre modèle économique, d’accélérer la création de valeur locale et de renforcer notre compétitivité. Notre objectif est clair et ambitieux : faire de la Fintech un pilier central de la croissance économique de demain et rapprocher encore davantage Maurice du continent africain et du monde », a-t-elle déclaré.
Elle a ajouté que d’ici à 2030, la stratégie prévoit la mise en place d’un cadre réglementaire plus agile, d’infrastructures numériques résilientes, ainsi que le développement des compétences, du rayonnement international et du niveau d’inclusion financière, tout en renforçant la protection des consommateurs. « Cette stratégie constitue une étape importante dans notre vision d’un secteur financier moderne, innovant et tourné vers l’avenir », a-t-elle affirmé.
Une stratégie complémentaire à l’IA
Pour sa part, le ministre des Technologies de l’information, de la Communication et de l’Innovation, Avinash Ramtohul, a souligné que la Stratégie nationale FinTech s’inscrit pleinement dans la vision gouvernementale visant à positionner Maurice comme un leader régional de confiance dans la finance numérique et l’innovation.
« Celle-ci complète la Stratégie nationale sur l’intelligence artificielle ainsi que les lignes directrices FAIR AI, qui jettent les bases d’une adoption responsable de l’intelligence artificielle dans l’ensemble des secteurs économiques. Nous renforçons l’écosystème FinTech grâce à un cadre réglementaire moderne et favorable à l’innovation, à une cybersécurité renforcée, à une protection robuste des données, à des infrastructures numériques interopérables, ainsi qu’au développement continu de la SuperApp KOREK! et des services gouvernementaux numériques », a-t-il indiqué.
Il a ajouté que le gouvernement mise également sur le développement des compétences numériques, le soutien aux start-up, la promotion de l’innovation et des partenariats internationaux, ainsi que sur le renforcement de l’inclusion financière.
Inclusive et innovante
La Mauritius National Fintech Strategy 2026-2030 illustre la volonté de Maurice de se doter d’une économie numérique moderne, ouverte et compétitive. Ce cadre d’action commun rassemble les acteurs publics, privés, universitaires et internationaux autour d’un objectif partagé : faire émerger un écosystème Fintech durable et créateur de valeur. En misant sur l’innovation, le développement des infrastructures numériques, le renforcement des compétences et la coopération internationale, Maurice ambitionne de consolider son rôle de passerelle entre l’Afrique et le reste du monde.
Le ministère des Services financiers a bénéficié de l’appui de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (UNECA) dans l’élaboration de la Mauritius National Fintech Strategy. Intervenant lors de la cérémonie, la directrice du Bureau sous-régional pour l’Afrique australe de l’UNECA, Eunice Kamwendo, a fait état de l’engagement de l’institution aux côtés de Maurice dans le développement de la finance numérique sur le continent.
« Maurice s’impose comme un véritable modèle, démontrant comment les pays africains peuvent élaborer des politiques adaptées aux technologies émergentes, conçues localement tout en étant compétitives à l’échelle mondiale », a-t-elle déclaré.
Elle a fait ressortir que l’Afrique progresse dans la mise en place de cadres communs, notamment en matière de réglementations, de classification des risques et de mécanismes de financement dédiés à la Fintech. Selon elle, la question de la gouvernance et de la cohérence des politiques publiques est centrale pour soutenir l’emploi, l’innovation et l’inclusion financière sur le continent. « La stratégie nationale FinTech de Maurice est précisément de cette nature : tournée vers l’avenir, ambitieuse et fondée sur des données probantes », a ajouté Eunice Kamwendo.
L’événement a également été marqué par la signature d’un addendum au protocole d’accord (MoU) entre la Financial Services Commission Mauritius et la Banque de Maurice. Cet accord vient renforcer la collaboration entre les deux institutions autour des enjeux liés à la fintech, à l’innovation financière et à la transformation numérique du secteur financier à Maurice.

