Pré-COP 31 | Diplomatie climatique L’OI et le Pacifique, la voix à l’unisson des États insulaires

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À un mois de la COP31, qui se tiendra à Antalya (Turquie) du 9 au 20 novembre, le Pacifique est au cœur d’un rendez-vous inédit de la diplomatie climatique. À l’initiative de l’Australie, les Tuvalu et les Fidji seront en effet au centre d’un événement de haut niveau ces 5 et 6 octobre, en vue de donner une voix plus forte aux petits États insulaires dans les négociations internationales sur le climat.

Renforcer la voix des petits États insulaires : une démarche ambitieuse, alors même que la participation de dirigeants extérieurs à la région reste limitée. À ce titre, le président de la République, Dharam Gokhool, représente Maurice et les îles de la région de l’océan Indien à cette réunion pré-COP31, la première à réunir les chefs d’État du Pacifique et de l’océan Indien

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Le choix des Tuvalu et des Fidji n’est pas anodin. Dans cette région particulièrement exposée à la montée du niveau de la mer, à l’érosion côtière, aux cyclones et aux autres conséquences du changement climatique, la question climatique n’est pas une préoccupation à long terme : elle constitue déjà une réalité quotidienne et une menace directe pour les populations, les territoires et les économies. Le rendez-vous des 5 et 6 octobre réunira ainsi des dirigeants et représentants gouvernementaux aux Tuvalu avant de se poursuivre aux Fidji. Objectif affiché : mettre les réalités vécues par les États insulaires du Pacifique au premier plan des discussions qui doivent conduire à la COP31.

Aux Tuvalu, les participants doivent notamment prendre part à une cérémonie traditionnelle de bienvenue, recevoir des briefings sur les effets du changement climatique et les mesures d’adaptation mises en œuvre dans le Pacifique, visiter des sites affectés par le changement climatique ainsi que des projets de résilience, et échanger avec les autorités et les communautés locales. Le déplacement se poursuivra ensuite aux Fidji, où les dirigeants participeront à une séance plénière consacrée à la préparation de la COP. Cette séquence doit permettre au Pacifique de présenter ses priorités et de faire entendre ses demandes avant l’ouverture des négociations internationales.

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L’initiative australienne vise également à accroître la visibilité internationale des enjeux auxquels sont confrontés les petits États insulaires. Mais, selon des informations rapportées par Reuters, l’ambition de transformer cette rencontre en un grand moment de mobilisation mondiale ne s’est pas encore concrétisée.

Parmi les dirigeants non issus du Pacifique qui participent aux événements des Tuvalu et des Fidji figurent ceux de Maurice et de l’océan Indien, d’Antigua-et-Barbuda, du Cap Vert, de Thaïlande, des Maldives et du Timor-Leste. Le gouvernement fidjien indique néanmoins qu’une trentaine de représentants de pays et d’organisations participeront à la séquence consacrée aux dirigeants. Il s’agit d’une première pour une réunion pré-COP de ce type, avec la présence de présidents ou de Premiers ministres.

Quelque 4 000 délégués sont par ailleurs attendus aux Fidji dans le cadre des travaux destinés à faire avancer les négociations avant la COP31. Au-delà de la préparation technique de la COP31, la rencontre revêt donc une dimension politique. Les États insulaires souhaitent notamment que les discussions internationales tiennent davantage compte de leur vulnérabilité particulière et de la nécessité d’accroître les financements consacrés à l’adaptation et à la résilience.

Le choix des Tuvalu comme première étape constitue, à cet égard, un puissant symbole. Avec ses neuf îles et atolls situés à moins de cinq mètres au-dessus du niveau de la mer, cet État figure parmi les pays les plus exposés aux conséquences de la montée des océans. Pour l’Australie, qui copréside cette initiative avec les Tuvalu et les Fidji, l’événement représente aussi une occasion de raffermir ses relations avec les États insulaires du Pacifique. La région revêt en effet une importance croissante sur les plans climatique, diplomatique et stratégique.

La rencontre intervient ainsi dans un contexte où le Pacifique cherche à transformer sa vulnérabilité en capacité d’influence. Les petits États insulaires ne veulent plus seulement être considérés comme les premières victimes du changement climatique, mais comme des acteurs à part entière des solutions et des décisions qui détermineront l’avenir de la planète.

Le rendez-vous des Tuvalu et des Fidji servira donc de prélude à la grande bataille diplomatique de la COP31. Il s’agira notamment de déterminer si les préoccupations exprimées depuis longtemps par les nations insulaires pourront réellement se traduire en engagements internationaux plus ambitieux.

 

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