Il est revenu, comme d’habitude, au ministre du Travail et des Relations industrielles, Reza Uteem, de répondre au leader de l’opposition, Joe Lesjongard, lors de la suite des débats sur le Finance Bill. Le ministre a consacré l’essentiel de son intervention à défendre la réforme des pensions, tout en accusant l’opposition de diffuser de « fausses informations » destinées à inquiéter la population.
D’emblée, Reza Uteem a rassuré les bénéficiaires actuels de la pension de vieillesse. « Cette réforme n’affecte en rien les personnes qui perçoivent déjà une pension de vieillesse », a-t-il affirmé. Et de préciser que les pensions d’invalidité et de veuvage ne sont pas concernées par les changements proposés.
Le ministre a ensuite réfuté la critique selon laquelle la pension à 60 ans disparaîtrait. Il ajoute que le nouveau système introduit une flexibilité accrue. À partir du 1er janvier 2027, chaque citoyen pourra choisir l’âge auquel il souhaite commencer à percevoir sa pension, entre 60 et 70 ans.
« Dire qu’il n’y aura plus de pension à 60 ans est faux », s’est appesanti Reza Uteem. En revanche, une personne qui choisira de prendre sa pension avant l’âge normal de 65 ans verra le montant ajusté à raison de 0,5 % par mois d’anticipation, soit 6 % par année. À l’inverse, ceux qui décideront de différer leur départ à la retraite bénéficieront d’une majoration de 0,75 % par mois, soit 9 % par an.
Le ministre a fait valoir que cette approche s’inspire du fonctionnement déjà appliqué aux régimes de retraite contributifs du secteur privé et de la fonction publique. « Si vous prenez votre retraite plus tôt, votre pension est ajustée. Si vous travaillez plus longtemps, elle est augmentée. C’est un principe qui existe déjà dans les fonds de pension contributifs », a-t-il expliqué.
Répondant directement à Joe Lesjongard, Reza Uteem a également rejeté l’idée selon laquelle une pension réduite à 60 ans resterait définitivement figée.
« C’est faux, archi-faux », a-t-il lancé, laissant entendre que les pensions continueront d’être révisées régulièrement afin de tenir compte de l’évolution du coût de la vie. Il a également mis en exergue que les amendements au Finance Bill inscrivent désormais explicitement dans la loi les augmentations accordées à certains âges, notamment à 65, 75, 90 et 100 ans.
Reza Uteem a ensuite défendu la création de l’Independent Pension Regulatory Authority, appelée à jouer un rôle central dans la future gouvernance du système de retraite. Cette instance indépendante sera chargée d’élaborer une stratégie nationale en matière de pensions et de formuler des recommandations au gouvernement. Il a comparé son fonctionnement à celui du Pay Research Bureau (PRB) ou du National Remuneration Board.
Le ministre a affirmé que la pension universelle continuerait d’exister, mais qu’elle serait progressivement complétée par un régime contributif destiné à offrir aux salariés un revenu supplémentaire au moment de leur retraite.
Il a également mis en avant une réforme touchant directement les élus. Les nouveaux députés et ministres seront désormais soumis à un régime de pension contributif (Defined Contribution) au lieu du système actuel de prestations définies (Defined Benefit). Leur pension sera également payable à partir de 65 ans, selon les mêmes principes que ceux applicables aux autres citoyens.
En fin d’intervention, Reza Uteem a regretté que le débat se soit focalisé presque exclusivement sur les pensions alors que le Finance Bill contient, d’après lui, plusieurs avancées sociales majeures.
Il s’est notamment attardé sur l’introduction du congé menstruel payé, qu’il a qualifié de « mesure historique ».


