Reza Uteem : « Un viol de la démocratie régionale car le GM est trop peureux » 

Reza Uteem déclare d’emblée que l’Explanatory Memorandum du projet de loi ne fournit pas la raison pourquoi le président de la République, agissant sur les conseils du Premier ministre, Pravind Jugnauth, aura le pouvoir d’étendre le mandat d’un conseil municipal ou de village pour deux ans.

- Publicité -

Qui plus est, l’explication fournie par le vice-Premier ministre ne tient pas la route. Il dénonce qu’en outre, en répondant aux interpellations parlementaires sur la tenue des municipales, le Premier ministre n’avait jamais indiqué que ces élections allaient être renvoyées parce que le gouvernement comptait revoir la Local Government Act. Il avait même donné l’assurance que ces élections devaient être organisées.

« Il est inconcevable que deux semaines avant l’expiration du mandat des conseillers, l’on propulse ce projet de loi sous un certificat d’urgence et ensuite de s’attendre que la population vous croie lorsque vous affirmez que vous faites cela vu qu’un comité interministériel, dont personne n’a jamais entendu parler, a été mis sur pied », dénonce-t-il.

- Publicité -

Le député du MMM a qualifié le projet de loi de « morally wrong » mais qui également peut être potentiellement anticonstitutionnel, vu que la section 1 de la Constitution stipule que « Mauritius shall be a sovereign democratic State which shall be known as the Republic of Mauritius ».

Il s’est amputé sur les commentaires des Law Lords dans le récent jugement du Privy Council concernant le Trinidad and Tobago , à l’effet que « It is inimical to a representative democracy that the representatives are chosen by anyone other than the electorate. It is not for Parliament, still less the Government, to choose the representatives ».

- Advertisement -

Reza Uteem a ainsi résumé que c’était à l’électorat urbain de choisir ses représentants, et non le gouvernement ou le Premier ministre. Mais avec ce projet de loi, ce sera le Premier ministre qui pourra demander au président de la République d’étendre le mandat des élus par deux ans.

Reza Uteem a aussi affiché sa fierté que c’est le MMM qui avait consolidé la démocratie, par exemple en imposant des élections générales tous les cinq ans ou encore que le MMM a toujours été pour la dévolution des pouvoirs aux collectivités locales, comme il l’avait fait pour Rodrigues à travers le Rodrigues Regional Assembly Act. Il a renchéri que ce sont ces valeurs qui dictent la conduite des députés du MMM en s’opposant à un projet de loi, permettant le renvoi des municipales selon les caprices du Premier ministre.

Il a fait ressortir que depuis que le MSM est aux commandes depuis 2014, c’est la troisième fois que le cadre légal est amendé pour renvoyer des élections locales. « L’explication la plus plausible est que le gouvernement n’a pas le courage de faire face à l’électorat. Le gouvernement sait que les citadins en ont marre avec la façon dont les municipalités sont gérées, avec ce gouvernement et tous ses scandales, sa mauvaise gestion de l’économie et le gaspillage des fonds publics », dit-il.

« Ce Premier ministre, qui dirige le gouvernement le plus faible jamais élu dans ce pays en termes de nombre de voix, ne peut priver les citadins du droit de choisir leurs conseillers. L’histoire retiendra que ce soir, les membres du gouvernement ont violé la démocratie régionale et usurpé le droit de vote des citadins, étant trop peureux pour faire face à l’électorat », a conclu Reza Uteem.

EN CONTINU
éditions numériques