L’Afrique doit transformer ses immenses ressources en valeur, emplois et prospérité
L’Afrique dispose d’immenses ressources naturelles et humaines, mais doit désormais franchir une étape supplémentaire en transformant ce potentiel en valeur, en opportunités et en prospérité pour sa population. C’est le message lancé par le président de la république par intérim, Robert Hungley, lors de la rencontre avec le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf. Au cœur des discussions : l’avenir de l’intégration africaine, la transformation des ressources du continent, la circulation des biens et des personnes, ainsi que le rôle que Maurice peut jouer comme passerelle entre l’Afrique, l’Asie et les marchés internationaux.
Robert Hungley a notamment relevé le potentiel que représentent la jeunesse et la croissance démographique de l’Afrique, combinées à l’abondance de ses ressources naturelles. Mais, pour lui, ce potentiel ne pourra être pleinement exploité que si les pays africains augmentent leurs capacités de production, de transformation et de commerce à l’intérieur du continent.
Le président par intérim a cité l’exemple des terres rares. Des ressources qui sont actuellement exportées sous forme de matières premières pourraient, selon lui, être transformées sur le continent avant d’être mises sur les marchés internationaux. Une telle démarche permettrait de créer davantage de valeur ajoutée en Afrique et de relancer la compétitivité des produits africains.
La question de l’intégration économique africaine a également occupé une place importante dans les échanges. Robert Hungley a plaidé pour une plus grande harmonisation économique et financière entre les différents ensembles régionaux, notamment l’Union africaine, le COMESA et la SADC.
L’objectif, a-t-il fait ressortir, doit être de faire de la libre circulation des biens, des services et des personnes une réalité concrète et non un simple objectif politique.
La connectivité constitue également, à ses yeux, un élément essentiel de cette intégration. Il a évoqué l’importance d’améliorer les liaisons aériennes et maritimes et a souligné le potentiel de Maurice en tant que pont entre l’Afrique, l’Asie et les marchés internationaux.
Dans le contexte des perturbations que connaissent les chaînes d’approvisionnement mondiales, il a également mis en exergue les possibilités offertes par les infrastructures portuaires et logistiques mauriciennes pour soutenir des échanges commerciaux plus résilients, tant au niveau régional qu’international.
Confiance, transparence et institutions
Mais l’intégration africaine ne saurait reposer uniquement sur les infrastructures, a fait ressortir le président par intérim. Elle doit également s’appuyer sur la confiance, l’intégrité, la transparence et la solidité des institutions.
Ces conditions sont indispensables, selon lui, pour créer un espace économique africain dans lequel les entreprises pourront investir, commercer et se développer dans un environnement stable et prévisible.
Robert Hungley a aussi exprimé le souhait de voir davantage de paix et de stabilité dans les différentes régions du continent touchées par les conflits. Il a rappelé que le développement économique et le progrès humain ne peuvent être durables sans paix.
Souvenir de la visite de 1993
Pour sa part, Mahmoud Ali Youssouf, qui effectue une visite à Maurice dans le cadre notamment du lancement de l’Africa Credit Rating Agency (AfCRA), a évoqué son premier passage dans le pays en 1993.
Il a dit avoir été frappé par le « dynamism » de Maurice et par sa vision du développement économique. Il a également salué la contribution du pays à l’architecture économique et financière africaine, ainsi que son rôle dans l’accueil de l’AfCRA.
Robert Hungley a, de son côté, réaffirmé l’engagement de Maurice en faveur de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et d’une coopération continentale renforcée. Il a également relevé l’importance d’une plus grande coopération Sud-Sud.
Pour le président par intérim, le constat est clair : l’Afrique doit mieux exploiter ses ressources, investir dans sa population, produire davantage de valeur sur son propre territoire et consolider sa place dans l’économie mondiale.
« The time for Africa is now », a conclu Robert Hungley.

