Xavier-Luc Duval, leader du PMSD : « Les difficultés sociales ne peuvent être ignorées »

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Les récentes émeutes et la crise de l’eau mettent en lumière « des difficultés sociales qui ne peuvent être ignorées ». Tel est en tout cas le constat dressé par Xavier-Luc Duval, leader du PMSD, lors d’une conférence de presse samedi. Tout en condamnant fermement les actes de violence, il estime en effet que leurs causes profondes doivent être prises en considération, citant notamment le coût de la vie, la précarité de l’emploi, les difficultés liées au logement et à l’éducation, ainsi que les ravages de la drogue.

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Xavier-Luc Duval se dit convaincu que le gouvernement n’ira pas de l’avant avec le rabaissement de l’âge de la responsabilité criminelle. « Nou tou kone kouma gouvernman ete. Linn anons sa… 2, 3 zour apre linn anons enn Select Committee », dit-il. Pour autant, il soutient que les parents ont aussi un rôle à jouer dans l’éducation de leurs enfants, et qu’ils doivent « en assumer une certaine responsabilité. »

Il a par ailleurs établi un lien entre les difficultés rencontrées par certains jeunes et les changements apportés au système éducatif, tout en critiquant vertement l’Extended Programme, qui n’a pas donné les résultats attendus, selon lui. L’un des principaux sujets d’inquiétude soulevés par Xavier-Luc Duval concerne les jeunes classés dans la catégorie des NEETs, ceux qui ne travaillent pas, ne poursuivent pas d’études et ne suivent aucune formation. S’appuyant sur les données de Statistics Mauritius datant de 2022, il a avancé le chiffre de plus de 34 000 jeunes âgés de 16 à 24 ans dans cette situation, soit approximativement 20 % de cette tranche d’âge. Il est d’avis que « laisser autant de jeunes sans perspectives risque de les conduire progressivement au découragement et à l’exclusion sociale. »

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Le leader du PMSD estime aussi que ce dispositif n’a fait que prolonger la scolarité de nombreux élèves sans leur garantir de qualification reconnue. « Des milliers d’élèves ont quitté le parcours scolaire sans obtenir ni le certificat du Primary School Achievement Certificate (PSAC), ni celui du National Certificate of Education (NCE), tandis que d’autres ont abandonné leurs études », poursuit Xavier-Luc Duval. Aussi demande-t-il au gouvernement d’évaluer « sérieusement » d’autres formules afin d’apporter de véritables améliorations et d’éviter aux jeunes concernés de connaître un nouvel échec scolaire.

Il indique que l’Extended Programme, introduit par l’ancienne ministre de l’Éducation Leela Devi Dookun-Luchoomun, a depuis été remplacé par le Foundation Programme, avec un examen désormais appelé le National Foundation Certificate of Education et une orientation davantage technique. Xavier-Luc Duval a ainsi émis de vives critiques à l’endroit de l’ex-ministre qui, dit-il, « a une énorme responsabilité dans la situation que connaît le système éducatif ». Ses décisions, dit-il encore, « ont conduit à l’échec du système de formation du Mauritius Institute of Training & Development (MITD) ».

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Xavier-Luc Duval a ensuite consacré une partie de son intervention à la lutte contre la pauvreté. Il souligne que le ministère de l’Intégration sociale avait été créé en 2010 pour identifier et soutenir les poches de pauvreté. Cette institution a fini par se retrouver « comme un sous-ministère » de la Sécurité sociale en 2019. Pour illustrer les actions menées par le passé, il a évoqué plusieurs projets de logements sociaux, la mise en place de crèches dans différentes régions, ainsi que des programmes de réhabilitation dans des quartiers tels que Roche-Bois et Karo-Kalyptis. Il a également mentionné les interventions réalisées à Panchavati et à African Town, à Riambel. Il a aussi déploré la disparition de plusieurs structures d’accueil destinées aux jeunes enfants comme à Cité-La-Cure, La-Valette, St-Hilaire, et plaidé pour que l’Intégration sociale retrouve une place centrale dans les décisions gouvernementales.

Le leader des Bleus s’en est ensuite pris au fonctionnement de la Central Water Authority (CWA) et à sa gestion des ressources hydriques en cette période de crise. Avant de plaider pour que l’organisme soit libéré des contraintes liées au Pay Research Bureau (PRB) afin de gagner en efficacité et d’améliorer la gestion de l’eau.

Il estime également que la CWA doit bénéficier d’une plus grande autonomie administrative pour recruter des ingénieurs et des spécialistes qualifiés. « Je demande au gouvernement d’envisager de soustraire l’organisme à la tutelle du ministère de la Fonction publique afin d’accroître ses compétences techniques et de mettre en œuvre des solutions durables face aux difficultés d’approvisionnement en eau », a conclu Xavier-Luc Duval.

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