Le coup d’envoi pour les examens est lancé !

By VEENA PULTON

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Ça y est ! C’est déjà le rush des examens ! Eh oui ! Les incontournables examens de School Certificate (SC) et de Higher School Certificate (HSC) approchent à grands pas.

Durant cette période charnière de l’année, le climat scolaire est tendu, d’autant plus que les élèves ressentent une pression grandissante. Si la session des examens marque une pause dans la gestion des classes et l’agitation des cours, les enseignants seront assignés à la surveillance des épreuves et à la correction des copies qui exigent du temps et de la concentration. Quant aux parents, ils vivront de véritables montagnes russes émotionnelles.

Toutefois, il serait intéressant de revenir sur l’étymologie du mot examen car ne dit-on pas que les mots ont une histoire, voire une naissance ? Issu du latin examen, langue de l’antiquité romaine, le terme désignait « l’aiguille mobile au centre d’une balance » qui évalue l’équilibre – d’où la notion d’examiner.

Il convient de rappeler que les examens écrits puisent leurs racines dans une tradition millénaire de la Chine impériale à la fin du VIe siècle, sous la dynastie des Sui. Conçus comme un mode de recrutement des meilleurs fonctionnaires pour servir dans la bureaucratie, les examens impériaux dits Keju en mandarin, évaluent les candidats sur les textes classiques de Confucius, le Grand Penseur et Philosophe de la Chine antique.

Au fil des siècles, le système d’examens évoluera. Il est vrai que les examens couperet restent le garant de l’excellence, de la discipline et du mérite scolaire. Le Gakao en Chine et le Seneung en Corée du Sud, qui marquent la fin des études secondaires, sont en effet deux concours dont la rigueur de sélection et l’organisation les rendent incomparables dans le monde.

Dans l’Empire du milieu, le Gakao, abréviation de « Concours national d’entrée d’éducation supérieure », ouvre les portes des institutions  prestigieuses comme Tsinghua et l’université de Pékin ou les universités d’élite Fudan et Jiao Tong à Shanghai. Mis en place en 1952, le Gaokao – qui a lieu chaque début du mois de juin –, s’étend sur 2 à 3 jours et dure 9 heures au total, selon les provinces. Cette épreuve très exigeante met en compétition plus de dix millions de jeunes Chinois. Oui!! Le nombre de candidats est en effet époustouflant.

Les enjeux considérables et la concurrence acharnée qui caractérisent le Gaokao font peser une pression énorme sur les parents, les poussant à investir massivement dans cette « course à l’armement éducatif » dès le plus jeune âge de leur progéniture. Pour de nombreux jeunes issus des familles modestes ou des zones rurales, le Gakao est perçu comme le seul moyen d’ascension sociale qui peut changer une vie.

Imaginez un pays tout entier qui oscille entre ferveur et silence de plomb le jour des examens. C’est ce qui se passe en Chine lors de la session du Gakao où les autorités, sur le qui-vive, déploient un dispositif logistique et sécuritaire conséquent. Les alentours des examens sont étroitement sécurisés. Les policiers escortent en moto les étudiants retardataires. Les sites d’examens s’équipent de caméras en circuit fermé ainsi que des portiques de sécurité.

Certaines voies sont fermées à la circulation et plusieurs villes interdisent les automobilistes de klaxonner pour ne pas perturber le bon déroulement des examens. Des taxis ou des véhicules privés arborent des signes distinctifs comme des rubans jaunes indiquant qu’ils offrent le transport gratuit aux candidats. Dans certaines écoles, la reconnaissance faciale est une des mesures de sécurité qui vise à empêcher la tricherie. En ce jour fatidique, si de nombreux jeunes Chinois sont vêtus de rouge, couleur de la chance, certains parents s’habilleront également en rouge afin de soutenir leur enfant.

Tout comme le Gakao en Chine, le Suneung, examen national en Corée du Sud, est le précieux sésame pour accéder aux trois grandes stars du savoir et de l’enseignement : les SKY, acronyme des trois universités d’élite du pays dont Seoul National UniversityKorea University et Yonsei University.

Instauré en 1993, chaque mi-novembre environ 550 000 jeunes Coréens planchent sur le Seneung qui dure entre 9 et 13 heures. Durant cette très longue journée, rien ne doit donc distraire les collégiens. De ce fait, les examinateurs n’ont pas le droit de porter des chaussures à talons ou de mettre du parfum.

Les trajets matinaux sont ralentis afin qu’il n’y ait pas d’embouteillages ou de cohue dans le métro. Les marchés boursiers et les bureaux ouvrent plus tard que d’habitude. Les klaxons se taisent dans les rues. Les travaux de construction sont stoppés. Le trafic aérien à certains endroits proches des centres d’examens comme Séoul, la mégapole, est également suspendu.

Exceller au Seneung  à tout prix ! Pour cela, des hagwons dit cram schools, institutions éducatives privées à but lucratif, sont pour les parents la condition sine qua non de la réussite scolaire. Les cours intensifs au hagwon après les cours scolaires peuvent terminer après 22 heures le soir. Le Seneung, bien ancré dans la culture sud-coréenne, est plus qu’un examen. Ce concours sélectif est en effet un reflet des valeurs éducatives et culturelles de la Corée du Sud.

Chez nous, à l’île Maurice, les épreuves de School Certificate et de Higher School Certificate débutent généralement mi-septembre avec les examens pratiques suivis des épreuves écrites, et la dernière session est prévue pour mi-novembre.

À tous les élèves, rassurez-vous ! Il n’est certes pas facile de garder son calme voire de rester zen en période d’examens. Mais un corps détendu, c’est un esprit plus réceptif aux révisions. « Win Before You Go To War ! »  Cette célèbre maxime de l’œuvre phare de Sun Tzu « The Art of War » offre une profonde leçon de stratégie. De ce fait, tous vous efforts durant des mois de préparation vont porter leurs fruits. Alors Go for it !  You can do it !          

Références :

https.www.courrierinternational.com

http.www.enseigner.ulaval.ca

By VEENA PULTON

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