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Frédérick Bréville, du musée de la photographie : « Nous préserverons le patrimoine quitte à en déplaire à certains »

La rencontre a été provoquée par Scope au musée de la photographie, et ce, un peu moins d'un moins après le décès de son fondateur, Tristan Bréville. Sans langue de bois, comme ses parents, Frédérick Bréville, déplore le manque de soutien nécessaire pour préserver les reliques de l'Histoire du pays. De : Joël Achille.

Votre père a défendu ses idéologies et principes. Est-ce le même état d’esprit qui vous anime aujourd’hui ?

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Oui, c’est le même ! Nous avons grandi dans cet état d’esprit, c’est-à-dire être droit et honnête. Nous n’allons pas dévier de ce que nous pensons être bon. Nous poursuivons notre lutte avec cette manière d’être. Nous préserverons le patrimoine quitte à en déplaire à certains.

Vous ne craignez pas comme une sanction contre vous et le musée ?

Nous ne disons que la vérité, que les faits. C’est comme ça aujourd’hui : il ni d’aide ni maintenance. Les collections sont en train de disparaître. Je ne peux pas être responsable de comment les personnes accueilleront cette information. Il n’y a rien de personnel dans tout cette histoire. Donc, non je n’ai pas peur des répercussions. S’il y en a, je n’ai dit que la vérité.

De quel renouvellement avons-nous besoin au niveau du système ?

C’est un changement de mentalité qu’il nous faut et c’est extrêmement difficile à réaliser. J’ai 30 ans aujourd’hui et j’ai voté deux fois dans ma vie, mais jamais pour un parti traditionnel.

Même là, j’ai été profondément déçu par un gars qui s’appelle Oliver Thomas. Je lui ai accordé mon vote aux dernières élections parce qu’il est venu dans mon village, à Albion et il a dit qu’il voulait faire de la politique autrement. Qu’il faut se débarrasser de l’Establishement et donner la chance aux jeunes d’investir le Parlement, car ce n’est qu’ainsi qu’on pourra changer les choses. Donc j’ai voté pour lui. Et puis au lendemain des élections il a rejoint le MSM. Quel espoir il y a pour les jeunes ? On a envie de changer les choses et il y a un gars qui arrive et qui prétend qu’il va le faire. Tu lui fais confiance, et puis il te déçois.

Si les rêves et aspirations des jeunes pour l’avenir de notre île n’arrivent pas à être portés au Parlement, qu’adviendra-t-il des générations suivantes ?

Ma génération est déjà foutue. Même nos enfants ne pourront rien faire, dans ce contexte où il y a toujours cette affaire de « ti kopin ». Parce qu’un jour le grand-père d’un jeune de maintenant a eu un travail grâce à l’intervention d’un politicien, toute sa famille jusqu’à présent vote pour le même parti. Et ce, suivant la logique que « si to vot pou mwa, mo fer twa gagn enn travay, enn kontra ». Si on continue comme cela, tourne-vire ce sera tout le temps travailliste, MSM, MMM.

Le gouvernement dit qu’il travaille et qu’il fait ce qu’il dit. Qu’en pensez-vous?

Qu’on le veuille ou non, quand quelque chose de négatif survient dans le pays, « akoz gouvernman sa ». Mais peu importe ce qui se passe, les gens ont besoin de ressentir que le gouvernement est derrière eux.

Toutefois, en ce moment, les prix sont en train de monter. Le fret est multiplié par beaucoup. Ce n’est pas à cause du gouvernement ! Mais ça se répercute dans le panier de la ménagère. Qui allons-nous blâmer ? On va blâmer le gouvernement parce qu’il gaspille notre argent dans d’autres projets, alors que nous on souffre. C’est ça qui fait chier en fait !

C’est flagrant que le gouvernement jette de l’argent ailleurs, alors que ça aurait pu servir à aider la population. Voilà ce qui se passe dans le pays. J’ai lu un billet sur Scope (Ndlr : Nous, les vrais démocrates) qui dit cela : on les met devant des faits accomplis, mais ce n’est jamais de leur faute. C’est tout le temps un fonctionnaire qui a mal fait son travail, c’est tout le temps X ou Y. Selman bann-la gagn kas mem.

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