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Angélique de la Hogue : « J’ai envie de braver le secret qui empoisonne »

« Entends-tu pulser dans mes veines l’encre de mes mots qui palpitent dans ma plume pour jaillir sur la page pour révéler mon histoire… » est l’extrait d’un des poèmes du recueil « Avec l’orage qui m’accompagne » d’Angélique de la Hogue. Son livre, qui sera publié le 24 novembre, renferme ses mots et ses dessins à la plume qui racontent ses blessures d’enfant après une agression sexuelle. Et aussi le parcours d’une femme qui se reconstruit à travers la parole pour être heureuse. Professionnelle de la relation d’aide, Angélique de la Hogue, 42 ans, est aussi un nom dans le secteur socio-éducatif  et qui a co-fondé une ONG reconnue pour ses interventions auprès des enfants. Dans cet entretien, elle aborde sa décision de parler de cette douloureuse  épreuve et de ses séquelles. Est-elle parvenue à les surmonter? Angélique de la Hogue répond que « le processus de reconstruction et de résilience est on going…« 

Depuis une semaine que vous médiatisez votre livre et que vous êtes amenée à parler ouvertement de l’agression dont vous avez été victime, enfant, vous sentez-vous soulagée?

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Pour l’instant, je ne peux parler de soulagement, mais plutôt d’un peu de tension et d’appréhension. Parler de ce sujet est quand même particulier. Quand j’ai subi ce viol, alors que j’étais une enfant, l’agresseur m’avait interdit d’en parler en brandissant des menaces dans lesquelles il évoquait l’enfer. J’ai grandi dans un milieu catholique où la religion était très présente avec des références comme le paradis et l’enfer. Il a fini par me faire promettre que je ne dirais rien de ce qui s’était passé. Il m’a dit: « Maintenant que tu as promis, si tu en parles, tu iras en enfer.«  J’ai dû surmonter avec difficulté cette interdiction à la parole. Et je l’ai fait au fur et à mesure. J’ai  d’abord parlé à ma mère, puis en thérapie. En exposant cette histoire en public, j’ai quand même des appréhensions. Mais ma démarche, à travers mon livre, est personnelle. Mon expérience d’écriture m’a fait du bien. Il y a des textes que j’ai écrits il y a 10 ans. Les partager, ça veut aussi dire avancer dans les différentes étapes de la parole, car j’ai envie de braver l’interdiction qui m’avait été imposée et le secret qui empoisonne. Faire le contraire de ce qui m’a été imposé est l’antidote de ce poison. Je suis libre d’en parler, donc je parle! A chaque fois que je le fais, je réalise que je gagne en sensation de liberté et j’allège le poids que je porte. Aussi, toutes les fois que j’ai vu une femme victime de viol en parler publiquement, cela m’a aidée à avancer. Si à mon tour, je peux contribuer à briser le tabou autour d’un fléau social qui touche une femme sur cinq, je le ferai. Se taire c’est s’isoler, parler c’est s’exposer. J’ai choisi de parler.

Cela vous a pris combien de temps pour écrire vos poèmes?

La démarche de ce livre était assez particulière. Il y a 10 ans, j’ai fait une grosse dépression pour laquelle je suivais un traitement médical et thérapeutique. Je me suis, alors, mise à écrire de manière spontanée. Fait étonnant, j’ai commencé à écrire des poèmes, moi qui ne suis pas de formation littéraire ou qui n’avais pas d’attrait particulier pour la poésie. J’étais convaincue que l’écriture est un exercice précédé par la réflexion. Mais dans ce contexte, l’écriture m’aidait à structurer ma pensée. Et au fur et à mesure que j’écrivais, j’arrivais à mieux comprendre des choses et ce qui se passait en moi. Un texte m’a aidé à confronter la personne. Cette expérience d’écriture m’a aussi permise de me renforcer. La majorité des textes ont été écrits il y a 10 ans. Ce n’est que plusieurs années après que j’ai bouclé mon recueil.  Je n’avais pas écrit avec l’intention d’être publiée. Une année de cela, j’ai suivi un coaching pour mon orientation professionnelle au cours duquel la question de la prise de parole a surgi, d’autant que pendant mes fonctions à TIPA, Terrain for Interactive Pedagogy through Arts que j’avais fondé avec Emilie Carosin, j’intervenais souvent sur la cause des enfants et au nom de l’organisation. En fin de compte, c’était aussi une façon pour moi de dire des choses, mais en me cachant derrière une organisation. Pendant le coaching professionnel, est venue la question de savoir au nom de qui j’allais être désormais appelée à prendre la parole. Avec la coach qui m’accompagnait, j’ai senti qu’en tant qu’individu, j’avais des choses à dire et sans craintes. C’est ainsi qu’a surgi l’idée de la publication du livre.

Avec l’orage qui m’accompagne engage également vos proches…

C’est un sujet sensible qui pourrait remuer beaucoup de choses, d’autant que je ne sais pas comment la publication du livre sera accueillie. Quant à moi, je saurais comment réagir et quoi répondre en cas de réactions négatives. Bien entendu, j’ai consulté ma famille avant de m’engager dans ce projet.

A quel âge avez-vous révélé votre agression à vos parents?

A 7 ans. Quelques semaines après l’agression…

Comment ont-ils réagi?

Ils m’ont de suite cru. Croire d’emblée à un enfant est une grande chance pour celui-ci, d’autant que cela met l’adulte en face de ses responsabilités. Il est plus facile pour les adultes de tomber dans le déni. A l’époque, mes parents m’ont accompagnée du mieux qu’ils pouvaient.

Quelles sont les étapes qu’il vous reste à franchir pour être totalement libérée du poids que vous portez?

Je ne saurais le dire. Il n’y a pas eu de plan pour les étapes franchies. Chacune me paraissait insurmontable. Et à chaque fois que je franchissais une étape, je me disais que je ne pourrais pas aller plus loin, que j’avais déjà fait le maximum. Peut-être que ma prochaine étape serait d’ouvrir un espace de parole sur ce sujet avec des femmes et des hommes, victimes ou concernés par la question. Déjà en parler à mes parents était, avant de le faire, impensable! J’avais extrêmement peur. Ensuite, parler en thérapie, je pensais que ce serait trop dur aussi, mais je l’ai fait! Il y a une dizaine d’années, une psychologue me confiait, en se basant sur son expérience, que de ses patientes, celles qui avaient pu se reconstruire sont celles qui ont porté plainte à  la police. A ce moment-là, cela n’était même pas envisageable pour moi! Je croyais que cette étape aurait été insurmontable. Et il y a 10 ans, je suis allée à la police, il y a eu un procès, mais la personne n’a pas été condamnée. Les preuves n’étaient pas suffisantes.

Donc, sur une échelle de 10 en apaisement, vous en êtes où?

8. Il y a un an, je n’aurais pas eu cet entretien avec vous. Le processus de reconstruction et de résilience est on going…

Est-ce que la parole dite et racontée est suffisante pour empêcher les agresseurs de récidiver?

J’ai décidé de faire tout ce qui était en mon pouvoir. A 7 ans, je pouvais parler, je l’ai fait. Et ce, même si pendant des années, j’ai vécu avec l’angoisse d’aller en enfer. Dans  ma situation, j’ai fait ce dont j’étais en mesure de faire. J’étais en mesure de consigner une déposition, je l’ai fait. Après, la justice s’est saisie de l’affaire mais il n’y a pas eu de condamnation. Je ne peux faire plus. Du coup, comme il y a eu un procès, l’entourage de cette personne a été au courant des faits qui lui sont reprochés. Je ne sais pas si cela a suffi pour que la personne ne s’en prenne à d’autres enfants.

A votre avis, est-ce que les lois sont dissuasives?

Il est clair que non! Cependant, dans mon expérience, je retiens un point positif: il n’y a pas de prescription en justice pénale à Maurice. J’ai pu porter plainte 25 ans après les faits, soit à 32 ans. J’ai fait le choix de ne pas faire un procès civil. Je n’étais pas dans la démarche de réclamer une réparation. Mais étant donné que l’Etat poursuivait la personne, moi en tant que victime étais considérée comme témoin principal. Aussi, je n’ai pas rencontré de représentant du Directeur des Poursuites Publiques (DPP) jusqu’au moment du procès. Je suppose que les spécialistes du judiciaire pourront dire qu’il y a de bonnes raisons à cela. De ce fait, on s’est basé uniquement sur ma déposition pour faire le procès. Il n’y a pas eu de dossier monté après consultation. Alors que lui, il a pu avoir recours à un avocat. C’était son droit. Donc, pendant le procès où il est accusé de viol, il a fait valoir son droit au silence et s’y est retranché, alors que j’ai été cuisinée par son avocat pendant trois heures! J’estime aberrant le fait qu’il n’y ait eu qu’une parole. Je suppose que d’autres victimes ont pu vivre la même chose que moi. Par rapport au nombre de cas (je ne dispose pas de chiffres) de viols sur enfants rapporté à la Child Development Unit, les condamnations sont très rares. Une impunité s’installe.

On dit que les enfants sont résilients. Mais face à la douleur découlant d’un abus qu’ils subissent, le sont-ils? Vous le confirmez?

Il faut faire la différence entre la résilience et le mécanisme de survie. Quand on est face à un événement traumatique, le cerveau se défend comme il peut. On ne le contrôle pas. La personne peut aussi faire complètement abstraction de l’événement et s’en dissocier. Généralement, les réactions à l’agression sont Fight Flight, Freeze… Quand il s’agit de viol d’enfant, l’agresseur est beaucoup plus fort que sa victime. Cette dernière ne peut alors fight. Et comme dans 80% des cas, l’enfant connaît déjà son agresseur, lequel peut être un membre ou un proche de la famille, il est donc sous le choc et la confusion est forte. Il est difficile de dire qu’un  enfant est résilient. La résilience implique la disposition de ressources et l’accompagnement pour avancer. Pour moi, l’enfant est plus en mode de survie. Souvent, on s’entend dire que le traumatisme nous a rendu plus fort. Je dis non! Le trauma que j’ai vécu m’a accablée, détruite, donné des nuits d’insomnie, des réactions que je ne voulais pas avoir. Ce qui m’a rendue plus forte est le soutien que j’ai eu des personnes qui m’ont entourée, les moyens que j’ai eus pour chercher de l’aide, la capacité interne à trouver d’autres ressources pour avancer. Le traumatisme aurait pu me tuer, me rendre folle. La dépression activée par ce traumatisme que j’ai eue il y a 10 ans aurait pu me tuer, aussi. Si on ne prend pas soin de l’enfant au moment voulu, les conséquences peuvent être catastrophiques (…) Cela ne va pas faire plaisir à tout le monde de l’entendre – car il est plus facile de se dire que les agressions sexuelles se passent dans les milieux précaires à cause de la promiscuité et de la précarité: les abus se passent dans tous les milieux sociaux. J’étais loin de vivre dans des conditions précaires. Toutes les couches sociales, peu importe les origines et la communauté, sont concernées. C’est un sujet considéré comme tellement honteux qu’il ne faut pas en parler… et comme dans 80% des cas, ce sont des proches qui commettent les abus, il faut donc faire attention à la réputation. Cela affectera l’honneur des hommes, dont la fille, la mère ou la sœur a été victime d’agression. Malheureusement, on a comme une chape de plomb sur le sujet, ce qui rend la protection des enfants difficile.

A quel moment avez-vous pu parler de votre agression à vos enfants?

Il y a environ 7 ans pendant la période du procès. C’était très difficile de trouver les mots justes pour leur en parler. Il faut bien choisir ses mots et en parler, sans entrer dans les détails. Il me fallait leur révéler mon histoire pour qu’il n’y ait pas de tabou entre nous. Mais il faut être conscient qu’un enfant ne peut tout entendre à n’importe quel âge. Trop tôt, cela peut être un choc pour lui. En tant que parents, nous avons la responsabilité de bien nous renseigner si nous ne savons comment nous y prendre.

Est-ce que le pardon fait partie de votre processus de reconstruction? Peut-on pardonner à quelqu’un qui abuse d’un enfant, l’enfant que vous étiez?

C’est une question qui est encore très actuelle pour moi. J’ai des éléments de réponse car je n’ai pas encore résolu la question. Nous avons chacun une interprétation du pardon. C’est un mot qui renvoie à la religion et je ne veux pas aller dans ce sens. Pour certains, pardonner implique l’oubli et le passé. Pour moi, les expériences du passé sont importantes et servent à éclairer l’avenir. Par considération pour la petite fille de 7 ans, il est hors de question de lui dire que ce qui est arrivé relève du passé, c’est bon on efface l’ardoise, non!  J’ai lu que le pardon est un don que l’on se fait, parce qu’en en voulant à quelqu’un, on se ronge, on se fait mal, on continue à instiller du poison, alors que la personne n’est pas affectée. Je ne parlerai pas de pardon, mais du dépassement de l’animosité et de la rancœur, tout en gardant la mémoire de ce qui s’est passé, en me disant que plus jamais cela ne se produira et qu’il me sera inacceptable de laisser les choses telles quelles. Je dois prendre des actions pour moi, pour des enfants.

Il peut arriver qu’un adulte victime d’agression sexuelle se remette en cause? Un enfant peut-il avoir des sentiments de culpabilité? 

C’est cela qui est dur. A cette époque, on est élevé avec l’idée que la sexualité est sale, qu’il ne faut pas en parler. L’enfant a conscience de ce qui est autorisé quand il est dans le sens générationnel, les jeux de découvertes sans violence. Mais quand il y a un écart d’âge, de la force, des processus d’intimidation qui sont impliqués, il y a des signaux qui font que l’enfant sent un comportement anormal. Mais comme il sait que ses parents et lui-même font confiance à la personne qui commet l’acte d’abus, l’enfant peut se dire que cette personne n’est pas mauvaise et que c’est lui le problème. De plus, l’agresseur rajoute le poids du secret et du chantage: Si tu parles, ton papa va te tuer. Cela amplifie la confusion dans la tête d’un enfant. Pour lui, c’est soit tout est bon ou tout est mauvais, il n’y a pas de nuances. C’est difficile pour un enfant de discerner entre ce qui est mal et ce qui n’est pas de sa faute.

Avez-vous réussi à comprendre ce qui peut passer par la tête d’un adulte pour agresser un enfant?

Je n’ai pas été très loin dans mes recherches, même si je me suis beaucoup intéressée à la question de comprendre ce qui peut pousser une personne d’un certain âge à agresser des enfants. Mais il y a un élément qui a retenu mon attention. Ces personnes cherchent à incorporer les qualités identifiées chez leurs victimes: leur innocence, leur gentillesse, leur intelligence, leur joie de vivre… Là, c’est de l’ordre de la pathologie. Je n’ai pas été plus loin car cela m’aurait demandé de l’empathie pour ces personnes-là et j’avais l’impression de renier la petite fille de 7 ans. J’ai fait le choix de la prendre en considération.

A chaque crime sexuel entraînant la mort  d’un enfant, l’opinion monte au cerneau. Les réactions à chaud réclament des sanctions plus sévères, voire la peine de mort. Il y a débat et puis on oublie… La solution dissuasive tarde. Votre avis?

D’abord, je suis contre la peine de mort. Il ne faut pas seulement que la solution soit dissuasive mais structurée et organisée. Les réactions retombent parce qu’il n’y a pas la volonté politique de se saisir de la question comme un chantier pour travailler sur un plan avec des personnes qui s’y connaissent pour mettre en œuvre, démarrer des actions et les suivre. On a intérêt, en tant que société, à faire en sorte que la réhabilitation soit la plus réussite possible, pour l’agresseur lui-même qui doit retrouver sa place, et la société pour qu’elle ne s’expose pas au danger. J’ai eu l’occasion de travailler avec une ONG qui intervient auprès des détenus, j’ai pu constater que nous sommes encore bien loin de ce qu’on pourrait faire !

Etes-vous en faveur de la castration?

Je suis mal placée pour répondre à cette question (réflexion). J’ai deux voix qui ont envie de répondre. La première est celle de l’engagée du social qui croit que c’est important de donner une seconde chance aux auteurs d’offenses et de réunir les conditions de vie et d’épanouissement dans la société, indépendamment de ce qu’ils ont commis. Et puis, il y a l’autre voix qui dit que le viol d’un enfant est tellement inacceptable que tous les moyens sont bons pour que cela ne se reproduise pas. Avant de parler de castration, il faut que cette personne ait pu avoir l’occasion d’être accompagnée, d’admettre et de comprendre l’étendue des dégâts qu’il a faits. La castration serait pour moi le dernier des recours (silence). C’est difficile d’en parler… Il y a beaucoup de cas de violeurs qui sont des mineurs, c’est-à-dire des enfants selon la définition de la convention des droits de l’enfant. Il est important d’avoir une prise en charge adaptée aux agresseurs encore mineurs. Et c’est nécessaire de prendre la question des mineurs en considération quand on parle de castration, de nuancer le débat, sans être radical.

Avez-vous pu construire votre vie de femme?

Mon adolescence a été très compliquée. Je me construisais avec la croyance que les garçons ne pensaient qu’au sexe. Puis, j’ai eu la chance de rencontrer mon mari, on est ensemble depuis 20 ans. Dès le début de notre relation, il s’est montré très respectueux, ce qui m’avait d’ailleurs étonné. La question du consentement dans le couple est importante, même en tant que couple marié. La sexualité n’est pas un devoir conjugal. Le respect constant m’a réconcilié avec ma sexualité et m’a aidée à me reconstruire. J’en parle justement dans un autre texte en particulier. Mais c’est un travail qui a pris du temps. On ne peut pas faire abstraction de cette histoire dans la vie de couple. Quand on a vécu une expérience de viol, les cartes sont brouillées. Cela arrive aussi dans les cas de violence domestique où les agressions se perpétuent dans le couple. Je me sens chanceuse d’avoir rencontré mon mari.

Etes-vous heureuse?

(Rires) Il y a 4 ans, j’ai pris conscience que je suis responsable de mon propre bonheur. Je suis très perfectionniste. Etre heureux à 100% ou l’être lorsqu’on est à 80% du bonheur? J’ai eu beaucoup de belles opportunités dans la vie, dont celle d’être née dans un milieu aisé, ce qui est un départ chanceux. J’ai la chance d’avoir des parents attentionnés, des amis, un mari qui a beaucoup contribué dans mon processus de résilience et de reconstruction. Il est quelqu’un d’extrêmement respectueux, en qui je peux avoir confiance et avec qui j’ai pu construire une relation saine. J’ai des enfants qui m’apportent beaucoup de joie et de challenge. Je fais un travail qui me passionne… oui, je suis heureuse.

Entretien réalisé par : Sabrina Quirin.

 

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