Trop, c’est trop. Il faut arrêter de mener les employés en bateau. C’est le cri de guerre de l’Airports of Mauritius Ltd Employees Union (AMLEU), et également de la Mauritius Duty Free Paradise (MPFP) qui se disent lésés dans leurs droits. Cette semaine, avec leur syndicat, ils sont montés au créneau pour dénoncer des situations irrégulières, réclamant leur dus, dont une révision salariale.
Lors d’une conférence de presse la semaine dernière, les membres l’AMLEU, qui compte quelque 600 employés, en l’occurrence des general handy worker, security officers, ingénieurs, techniciens, chauffeurs, plantons… ont expliqué leur frustration après dix mois d’attente pour une révision salariale due depuis septembre 2012. Les membres du syndicat expliquent avoir coopéré avec la direction d’AML depuis septembre 2012 en vue d’une révision salariale à la satisfaction de tous. Ils indiquent avoir attendu, comme convenu, la publication du rapport Manraj fin mai pour reprendre les négociations, car la direction leur avait assuré qu’un rapport, en ligne avec les révisons du PRB, leur sera remis. Cependant, plus d’un mois après la publication du rapport Manraj, les employés d’AML sont toujours dans l’attente. Leur dernière rencontre avec le Chief Executive Officer (CEO) Serge Petit en fin de semaine, n’a pas été satisfaisante. « Le CEO nous a indiqué que le rapport n’était pas prêt. Jusqu’aujourd’hui, nous n’avons même pas de draft », déplorent les membres du syndicat. « Ceci est une aberration. On est en train de nous mener en bateau », disent-ils. D’autant que plusieurs employés doivent prendre leur retraite d’ici quelques mois et qu’ils sont toujours dans le flou quant à la révision salariale à laquelle ils auront droit. Estimant qu’ils sont lésés dans leur droit, les membres de l’AMLEU réclament une copie du rapport relatif à leur révision salariale afin de pouvoir, au plus vite, continuer avec les négociations.
Inquiets quant à leur avenir
Le syndicat fait également ressortir que la frustration est également grandissante chez les employés d’AML en ce qui concerne leur mutation au nouveau terminal. Ils sont quelque 150 qui devraient être mutés et, à ce stade, seul 35 d’entre eux ont été effectués leur formation chez Airport Terminal Operations Limited (ATOL). L’AMLEU fait ressortir qu’il attend toujours de prendre connaissance du Memorandum of Understanding (MoU) que AML détient avec ATOL pour le transfert des employés d’AML. « On nous a fait comprendre que rien ne changeait et que nos conditions de travail et de salaire, le welfare, score of promotion etc., restés les mêmes. Mais ceux qui ont déjà été mutés rencontrent chaque jour des problèmes car ATOL instaure de nouvelles conditions », expliquent les membres du syndicat. Inquiets quant à leur avenir, ils ont tenté, lors de leur dernière rencontre avec le CEO, d’obtenir une copie du MoU. D’autant que les employés qui avaient obtenu la garantie qu’ils seraient désignés pour les promotions en cas de postes vacants à ATOL, au vu de leur qualifications et expérience, sont surpris de constater des annonces de presse pour des postes vacants ouvert au public. Leur tentative a été vaine, font-ils ressortir, car le CEO leur aurait expliqué qu’il n’est pas en mesure de répondre à leur demande. « Il nous a dit qu’il pourrait uniquement nous mettre sur papier les conditions du MoU signé avec ATOL mais qu’il ne pouvait pas nous remettre une copie de cet accord », expliquent les membres du syndicat. L’AMLEU souhaite une nouvelle rencontre urgente avec la direction d’AML, en présence du Chairman, Rajiv Servansingh et réclame que les postes vacants chez ATOL soient pour l’instant gelés en attendant qu’une garantie soit donnée aux employés d’AML qui doivent être mutés au nouveau terminal, qu’ils seront les premiers considérés pour ces postes.
A la MDPF, les nouveaux horaires déplorés
Parallèlement, depuis février 2013, les 200 employés de la boutique du Mauritius Duty Free Paradise (MDFP) se retrouvent coincés dans un shift system qu’ils considèrent illégal. C’est la conclusion à laquelle ils sont parvenus après consultations avec plusieurs syndicalistes et également le ministère du Travail. En raison du nouveau roaster mis en place par la direction de la MDFP, les employés s’estiment lésés et se retrouvent avec un manque à gagner d’environ Rs 700.
Ainsi, depuis quelques mois, au lieu de travailler 22 jours à défaut de 40 heures par semaine, les employés de la MDFP affectés aux boutiques hors taxes travaillent désormais 14 jours, soit 38 heures par semaine, effectuant deux jours de travail consécutifs sous un roaster variant de 05h00-11h30, 08h30-16h30, et 15h00-23h30. Avec cela, leur meal allowance qui tourne autour de Rs 2700 mensuellement a été réduit alors qu’ils avaient obtenu la garantie de leur Operation Manager D. Seetaram que tel ne serait pas le cas. Cette nouvelle donne représente un manque à gagner de Rs 700 par mois, font ressortir ces employés qui déplorent le nouveau roaster. Une somme conséquente tenant compte du coût de la vie qui augmente chaque jour et des engagements financiers que certains avaient avant que leur salaire ne se retrouve réduit avec le nouveau roaster. Certains employés, apprend-on, pensent même à trouver un travail à mi-temps pour boucler leurs fins de mois.
Dépités, ces employés de la MDFP expliquent que plusieurs d’entre eux ont accepté, soit 97.3%, les nouveaux horaires car ils ont été induits en erreur. Si le nouveau roaster leur a été présenté comme une opportunité pour eux, selon laquelle ils travailleraient deux jours avec deux jours de repos consécutifs, cela devait être sur une base pilote. Or, tel n’a pas été le cas et aujourd’hui, tous les employés des boutiques hors taxes doivent se plier au nouveau roaster, qu’ils estiment être un cadeau empoisonné. Qui plus est, outre la réduction de leur salaire, ces employés ressentent de plus en plus la fatigue à ces heures indues. Cependant, peu d’entre eux osent s’exprimer auprès de la direction de peur de représailles, dont de sévères avertissements. Les nombreuses doléances des plus hardis sont tombées dans l’oreille de sourds. A ce stade, les employés de la boutique ne savent plus à quel saint se vouer. D’autant que ces employés entendent toujours la révision salariale qui aurait dû avoir été faite en janvier dernier.