Les habitants d’Agalega se disent « blessés » par l’absence d’un représentant de l’État pour la cérémonie officielle de la fête nationale. Généralement, la cérémonie du lever de drapeau se déroule en présence du resident manager ou de son assistant. Tout en ne diminuant pas la fonction de ces derniers qu’ils côtoient tous les jours, les habitants disent qu’ils auraient aussi apprécié la présence d’un « guest of honour » désigné par le gouvernement, comme c’est le cas pour Rodrigues. Cela en ne manquant pas de souligner l’aspect solennel de cet événement au plan national.
Comme chaque année, la cérémonie officielle du lever de drapeau à Agalega a lieu à midi sur le terrain de football au Village 25, dans l’île du Nord. D’habitude, la majorité des 300 habitants y assistent car pour eux « le 12 mars est un jour spécial dans la vie du pays ». Cependant, les Agaléens auraient apprécié qu’un représentant du gouvernement fasse le déplacement dans l’île pour l’occasion. « Pourquoi pense-t-on chaque année à envoyer un représentant du gouvernement à Rodrigues pour la cérémonie du lever du drapeau et pas chez nous ? Nous sommes blessés et cette attitude renforce le sentiment que nous sommes des oubliés de la République », témoigne un père de famille engagé dans le domaine social dans l’archipel. Si jamais la mission qu’effectuent au début de chaque année dans l’île des représentants de l’Outer Islands Development Corporation (OIDC) coïncide avec la période de fête nationale, ces officiels participent alors à la cérémonie du 12 mars. Mais cela est très rare parce que leur déplacement dépend de la date du voyage du bateau.
Chaque année, le ministère des Arts et de la Culture donne une somme d’argent à l’OIDC pour l’organisation des activités dans le cadre de la fête nationale à Agalega. Les résidents apprécient ce geste du gouvernement mais cette contribution financière, pour eux, ne suffit pas. « Les Agaléens doivent sentir qu’on s’intéresse à eux et qu’ils sont des citoyens à part entière de la République à Maurice, au même titre que ceux qui résident à Maurice et à Rodrigues. La présence d’une personnalité à l’occasion de la fête nationale apporte une autre dimension à la célébration de cet anniversaire », disent de jeunes habitants.
Ces habitants « blessés » déplorent aussi le manque d’intérêt et ce qu’ils qualifient d’« oubli » de la station de radio et de télévision nationale aux célébrations qui s’y déroulent ce jour-là. « Il n’y a rien sur Agalega dans les reportages sur les célébrations du 12 mars qui passent dans le JT. Kan nou get informasion nou trouve se ki finn pase dan Moris ek dan Rodrigue sa zour-la me sa fer nou dimal ki pena nanryen lor nou. Mem pa enn mo lor seremoni ki ena pou bann zelev le 11 mars ».