Le 9 avril, Désiré François vivra intensément la scène, comme il a pris plaisir à le faire face au public depuis bientôt un quart de siècle bientôt. De Séparation en 1993 à Dipain Griyé, Disque de l’année 2015, le chanteur a eu un parcours exceptionnel, qui a fait de lui une des voix les plus appréciées de l’océan Indien.
La nouvelle est tombée la semaine dernière : Désiré François présentera son concert à guichets fermés. Trois semaines avant son grand rendez-vous avec ses fans à Phoenix, toutes les places avaient déjà été vendues, alors que la promo autour de l’événement n’avait même pas atteint son apogée. Ce jour-là, Désiré François devait prendre l’avion pour La Réunion. “Je ne m’y attendais pas”, répond-il à Scope, alors qu’il se préparait pour le concert marquant la fête de l’indépendance mauricienne à l’île soeur.
Désiré François partage sa vie entre les deux îles. De là-bas, il parle de Maurice avec émotion et se dit “heureux” de l’attention que lui portent ses compatriotes. “Cela démontre que les gens nous apprécient toujours. Nous sommes très touchés.” “Nous”, le précise-t-il, “car sans mes musiciens, je ne suis rien.”
Avant la musique, avant Cassiya et ce succès qui a fait de lui une des voix les plus appréciées du séga moderne dans l’océan Indien, Désiré François avait retenu une précieuse leçon qu’un ami lui avait donnée sur un chantier de construction où il travaillait comme ferrailleur. “Il m’avait dit qu’au théâtre, celui qui nettoie les toilettes et bouge les éléments du décor sur la scène contribue aussi au succès d’une pièce. Sans lui, les comédiens n’arriveraient jamais à donner le meilleur d’eux-mêmes. C’est pourquoi j’ai toujours eu du respect pour mes musiciens. Si pena mizisien pena mwa !” Et d’ajouter : “Si pena piblik, pena mwa.”