PAUL DOMINGUE

Quoiqu’on puisse déduire d’après l’Histoire que la pauvreté a toujours existé dans toutes les sociétés depuis des époques révolues jusqu’à nos jours, on ne peut s’empêcher dans un esprit d’entraide et d’efficacité généreuse, de penser que dans cette ère de modernisme avancé, la fatalité d’être plus pauvre doit être, avec l’effort de tous, impérativement enrayée ! Cela paraît peut-être impossible, mais si la collectivité, évidemment dans le cadre légal du pays, s’y met sans aucune abstention mais animée et soutenue pour un engagement formel d’aide aux plus pauvres, il serait admirable, souhaitons-le, qu’on y réussisse.

Avec prochainement le lancement de notre satellite, le « Metro Express » et toutes les améliorations médicales modernes pour la santé, on ne peut nier que depuis ces dernières années le pays s’oriente vers la bonne direction pour le progrès. Aussi un mouvement virtuel de générosité pour l’éradication de la pauvreté serait une réalité humaine à tous les égards.

Soulignons d’autre part avec gratitude qu’il existe depuis longtemps des subsides importants et de nombreuses allocations pour alléger les fardeaux financiers du peuple et la prise en charge des handicapés, des personnes âgées et des plus démunis pour que la vie soit moins dure. Mais vu, disons, l’insuffisance de tout ce soutien dû à la démographie grandissante, on trouve heureusement chez toutes les communautés, certaines associations caritatives et des ONG qui s’engagent sans relâche, avec évidemment un cœur débordant de charité et de bonté, à venir avec un supplément d’âme aux plus nécessiteux. Cette initiative de nos compatriotes est certes profondément louable, mais pouvons-nous davantage rêver d’une résolution sociale plus rationnelle et plus organisée avec des moyens financiers adéquats pour l’accomplissement radical d’un mouvement abondant de ressources aux plus pauvres ?

Sans diluer la responsabilité de cette entraide et autres secours établis par l’administration du pays en vue de n’abandonner personne à la détresse de la misère et du coût élevé de la vie, n’est-il pas devenu tout de même impératif que chaque citoyen ou laïc, sans aucune connotation religieuse, s’attelle à démentir cette donnée de grande pauvreté universelle ?
Ne serait-il pas donc merveilleux de pouvoir créer chez nous un modèle d’entraide généralisée pour éliminer ces tentacules de fatalité impitoyable par une contribution collective, presque sacrée. Que résonne continûment dans le cœur de chaque Mauricien, reconnu pour sa grande générosité, une impulsion embrasée d’ardente volonté, comme innée et indépendante des différences de revenus individuels, pour instituer dans notre charmant pays un patrimoine de libéralité collective pour contrer la pauvreté et servir comme exemple au reste du monde !

Ce serait un prodigieux modèle exemplaire de notre petit paradis pour faire disparaître le moindre coin d’enfer angoissant des plus pauvres par un vibrant élan de sentiment profondément sensible, comme un besoin humain et immuable, de réaliser sans mesquinerie avec un cœur compatissant la disparition des affres de la misère de tous nos frères ? Cette merveilleuse expression de générosité pour assurer un apport pécuniaire, même le plus minimum, pour que les plus nécessiteux puissent exister, même sans fla-fla, serait l’accomplissement d’un devoir sacré.

Pour réussir pleinement cette belle aventure éloquemment sensible à nos frères sans aucun moyen vital et frappés durement par cette misère atroce, ne faudrait-il pas que la collectivité mauricienne, indépendamment des divers revenus personnels de chaque famille, délie la bourse, légère ou lourdement remplie, avec un cœur illuminé d’un regard affectueux et d’amour aux plus délaissés de la vie ?