Bénéficiaire de la SSR National Scholarship à l’issue des examens du HSC 2017, Jason Ah Chuen ne souhaite pas poursuivre d’études en médecine, suivant les conditions rattachées à cette bourse. Il trouve « dommage » que le boursier de la SSR National Scholarship doive obligatoirement opter pour ce secteur particulier. Quant au ministère de l’Éducation, il fait valoir que chaque bourse est régie par un cadre légal.

Jason Ah Chuen a eu à prendre une décision difficile en déclinant la SSR National Scholarship, qui finance cinq ans d’études, alors que la State of Mauritius Scholarship finance quatre ans d’études. Mais pour le jeune homme, une chose est claire : il n’a jamais été vraiment attiré par la médecine. « Pendant un temps peut-être, il y avait un manque de médecins dans le pays. Mais aujourd’hui, cette filière est saturée. Le boursier devrait pouvoir entreprendre les études qu’il veut et non pas être contraint à choisir une filière qui ne l’intéresse pas. Moi, je voudrais créer ma propre compagnie un jour. Pourquoi encourager un jeune à faire de la médecine alors qu’il veut être entrepreneur ? Cette bourse ne devrait pas se limiter à des études de médecine », martèle-t-il.

Le jeune homme n’a pu donc se résoudre à faire de médecine, étant davantage tenté par des études en informatique et en entrepreneurship. Il a pris la décision de se faire admettre à la Stanford University, en Californie, où il s’envolera en septembre prochain. Entre-temps, dans une correspondance adressée au ministère, il a fait comprendre son choix et a exprimé le souhait que ses études de cinq ans soient financées par le gouvernement, comme cela aurait été le cas sous la SSR National Scholarship. « Comme la State of Mauritius Scholarship ne finance que quatre ans d’études, il me manquera environ Rs 2 M pour la cinquième année », dit-il.

Selon le ministère de l’Éducation toutefois, chaque bourse est régie par un cadre légal et des conditions y sont rattachées. « Chaque année, il y a des étudiants qui, pour des raisons X ou Y, veulent changer de bourse. Ils se voient donc attribuer quelque chose par rapport à ce que prévoit la loi. Concernant Jason Ah Chuen, les procédures sont en cours pour lui octroyer la State of Mauritius Scholarship. Maintenant, s’il y a quelque chose d’additionnel, le ministère pourra étudier sa demande. En même temps, on ne veut pas créer un précédent. Il peut choisir de faire une partie de ses études à Maurice et une autre à l’étranger. Mais en aucun cas il n’a été pénalisé », a déclaré une source du ministère.
L’ancien élève du Royal College de Port-Louis est certes reconnaissant envers l’État, qui lui offre une bourse, « mais c’est dommage que je n’aie pas droit à une bourse de cinq ans, comme cela aurait été le cas sous la SSR National Scholarship, à laquelle j’ai droit suite à mon dur labeur ».

Il est d’avis que la SSR National Scholarship, réservée au premier garçon et à la première fille de la filière Sciences, devrait rester ouverte, et non pas réservée à des études de médecine. Et d’ajouter : « J’ai déjà entendu des cas où des boursiers ont fait la médecine alors que cette filière n’était pas leur choix premier. »