Le ministre Sinatambou : « Maurice utilise 100 millions de bouteilles en plastique par an »

Shatyam, habitant Flic-en-Flac, est un retraité qui fait partie d’un groupe de personnes du troisième âge de la localité. Il a participé à une campagne de sensibilisation dimanche dernier sur la plage de Flic-en-Flac.

Shatyam a ramassé tout ce qu’il trouvait sur la plage, des mégots de cigarette, des brindilles de filaos, des coraux, entre autres, dimanche dernier dans le cadre d’une activité organisée par le ministère de l’Environnement, en collaboration avec la Beach Authority. Cette activité marquait la Journée internationale de l’Environnement qui a été célébrée le 5 juin. Le sexagénaire était suivi par deux proches, Nazima Samma et son frère Ibrahim Samma, d’origine mauricienne. Ils viennent de l’Afrique de l’Ouest. lls sont tous deux partenaires dans une nouvelle compagnie basée à Maurice pour développer l’énergie éolienne. Ils attendent que toutes les conditions soient réunies avant de démarrer. « Nou laplaz sa ou pas capa reste indifferan. Li nu dewar donn coup de main pour laisse heritaz future génération », dira Shatyam. « Li bien important preserv l’environnement à Moris », ajoute Ibrahim.

Éric et Sanjay, deux élèves du collège Saint-Esprit, Quatre-Bornes, ne sont pas restés insensibles à l’appel des organisateurs de cette campagne. Je suis très sensible à tout ce qui touche à l’environnement. Je me fais un devoir d’apporter mon soutien non seulement à des activités organisées, mais je m’efforce de partager avec les gens autour de moi l’expérience que j’avais vécue à Rodrigues lors d’un atelier de travail sur l’environnement. Nous avons beaucoup à apprendre de Rodriguais dans le domaine de l’environnement, surtout en ce qui concerne les sachets en plastique. Vous n’avez qu’à faire un tour dans l’île pour voir la différence », conseille Éric.

Sanjay est d’avis lui que la police de l’Environnement ne joue son rôle comme il faut. Selon lui, cette unité aurait dû être plus présente sur le terrain pour faire respecter la loi, notamment sur les plages pendant les week-ends et les jours fériés. « Il est inconcevable que des ordures soient laissées par les pique-niqueurs après une journée au bord de la mer les dimanches et ce, malgré les poubelles installées sur les plages comme à Flic-en-Flac, par exemple. Il faut un changement de mentalité à Maurice. »

Cathy Thompson, d’origine mauricienne, est en vacances au pays. Accompagnée de ses enfants et ses proches, elle ramassait de confettis laissés sur place par des pique-niqueurs. « Ces personnes ne savent pas à quel point elles font du tort à l’environnement. Les confettis, aussi petits soient-ils, peuvent causer d’innombrables torts à l’environnement. Les confettis s’envolent facilement dans la mer ainsi que les sachets en plastique. Il est temps que les Mauriciens prennent conscience et fassent un effort de mettre un petit sac en plastique dans un grand lorsqu’ils vont à la plage. Si nous ne changeons pas notre mentalité, la génération future va payer cela très cher », prévient-il.

Étienne Sinatambou, le ministre de l’Environnement qui était présent n’y est pas allé lui aussi avec le dos de la cuillère. Se basant sur des chiffres, il a mis en garde l’assistance. « Les sachets qui se trouvent dans l’océan constituent un risque pour les animaux en mer. Chaque année, on estime que plus de 100 000 animaux marins, notamment des tortues, meurent empoissonnés dans un sachet en plastique ou après avoir ingurgité un déchet flottant en le confondant avec une proie. »

Selon les statiques disponibles, Maurice utilise 100 millions de bouteilles en plastique par an. « Nous devons vaincre les sachets en plastique. Sinon nous aurons plus de sachets en plastique que de poissons dans l’océan en 2050 », a-t-il prévenu.

Selon les experts, il faut environ 400 ans pour que les sacs en plastique se décomposent et probablement plus longtemps lorsqu’ils sont dans les fosses marines où la lumière ne parvient pas. « Les sachets en plastique se transforment en particules toxiques, contaminant ainsi l’eau et le sol et entrent dans la chaîne alimentaire lorsque les animaux les consomment accidentellement », a-t-il ajouté.