En déposant son dossier de candidature à l’organisation des Jeux 2023 déjà avant décembre 2017, Mayotte a pris une belle avance sur les Comores et les Maldives dans ce même registre. Se faisant, elle se positionne à ce jour comme le pays le plus sérieux à pouvoir assurer la pérennité des Jeux au-delà de 2019. D’autant que le Cij devrait déjà avoir disposé de la candidature formelle d’un pays lors de sa prochaine réunion prévue en février 2019. En prenant assez tôt la mesure de l’enjeu, le président du Comité régional olympique et sportif (Cros) de Mayotte, Madi Vita, se dit prêt à relever le défi en s’appuyant sur l’État français et le soutien de l’Union européenne.

Mayotte a déposé au Cij un dossier relatif à l’organisation des Jeux 2023. Peut-on savoir ce qui y a été décidé au terme de cette session?
Nous avons effectivement déposé notre dossier avant le 31 décembre 2017 en respectant le cahier des charges. Cette session nous a permis d’analyser justement le dossier en procédant à une présentation. On a abordé l’idée que le Cij effectue une visite sur place en juin, toujours selon le cahier des charges. Nous ne parlons pas que de la visite des infrastructures sportives, mais aussi de la prise en compte des moyens de déplacement, de capacité d’accueil et de tout ce qui est lié aux sanitaires, à l’hygiène et la sécurité. Tout cela constitue normalement la deuxième étape prévue dans les procédures de toute candidature aux Jeux.

Vous prenez donc déjà de l’avance sur les Comores et les Maldives pour l’éventuelle attribution des Jeux 2023. Si elle se concrétise, ce sera historique?
Oui, car c’est bien la première fois que nous sommes candidats.

Mais le défi reste énorme. Qu’est-ce qui vous fait croire que vous sauriez le relever?
Ce sera une grande première pour le sport mahorais. Nous manquons d’infrastructures car, en comparaison aux autres départements régionaux d’outre-mer, nous sommes en carence. Et partant de là, nous avons la volonté de rattraper ce retard. Beaucoup de missions sont venues à Mayotte pour le constater. Donc, la meilleure solution est d’organiser une manifestation de cette dimension, comme le prévoit le cahier des charges.

Ce sera un vaste chantier qui devrait également englober l’aspect écomonique. Quels sont les moyens de soutien que vous comptez mettre en oeuvre pour réussir ?
Nous avons surtout la possibilité de pouvoir compter sur les collectivités locales, soit le département régional de Mayotte, ainsi que les Intercommunalités, l’État français et l’Union européenne. Nous sommes devenus depuis janvier 2014 une région ultrapériphérique d’Europe. Donc, nous pouvons compter sur le soutien des toutes ces organisations et la France pour atteindre notre but. L’organisation des Jeux 2023 implique aussi un aspect économique au sens où cela va générer des activités en termes de construction, de service et de création d’emplois. On y abordera donc également l’aspect social. Encore une fois, nous sommes porteurs du projet, mais avec le financement des autorités publiques.

Peut-on connaître les disciplines sportives qui sont les plus populaires et les moins connues pratiquées à Mayotte?
Les plus populaires sont celles des sports de combat. Mais elles ne sont pas structurées et donc pas affiliées aux fédérations nationales. La voile, le canoë-kayak et le badminton sont aussi populaires. Les sports phares sont plutôt collectifs, à l’image du football. En 2015, nous avons été finalistes à La Réunion. Nous avons aussi le foot féminin, le basket-ball et le handball, où nous avons été finalistes en 2015, toujours à La Réunion. Pour l’athlétisme, nous avons des problèmes depuis 2011 quand la ligue a été dissoute. Nous ne sommes donc pas reconnus par la fédération nationale. Depuis, nous nous appuyons sur les athlètes évoluant en France métropole qui sont natifs de Mayotte.