C’est une première pour la police ?! Plusieurs officiers sont en effet descendus dans les rues de Port-Louis aujourd’hui pour exprimer leur ras-le-bol quant à leurs conditions de travail. Cette marche pacifique a été organisée par la Police Officers Solidarity Union (POSU) un an jour pour jour après le vote au parlement de la Police (Membership of Trade Union) Act, donnant le droit aux policiers de se syndiquer.    
Une cinquantaine de policiers et de proches ont répondu présents pour cette marche pacifique, dont le départ a été donné aux Champs de Mars avant que le cortège n’emprunte les rues Labourdonnais et La Poudrière pour ensuite gagner le Jardin de la Compagnie. Pancartes en main, les participants ont scandé des slogans tels « Polisie pa bann robo, nou imin » ou encore « respekte nou drwa ».
Le président de la POSU et l’initiateur de cette marche, l’inspecteur Jaylall Boojhawon, estime que « c’est un jour historique pour la force policière, car pour la première fois les policiers descendent dans la rue pour dénoncer les carences de l’administration, nos conditions de service, les rémunérations auquel on a droit et la non-application du rapport du Pay Research Bureau (PRB) ». Pour lui, tout syndicat doit pouvoir travailler en toute indépendance d’après les recommandations de la Police Membership of Trade Union Act. « Les policiers font un travail difficile et risqué sur le terrain. Le POSU a fait différentes recommandations pour le bien des policiers en général, mais très peu ont été concrétisées. La majorité de nos doléances sont restées sans réponse. Ena pe pli interese fet 250e laniverser lapolis kot pe depans par milion alor ki lapolis pena efektif dan stasion, pena lank, pena papie, pena twalet, pena bon stasion. Sertin polisie apre 12 mwa pa ankor gagn zot “travelling”. Ena boukou polisie pe soufer an silans akoz ena boukou reprezay. »
Même si seulement une cinquantaine de manifestants ont fait le déplacement à Port-Louis ce matin, l’inspecteur Jaylall Boojhawon estime malgré tout que « c’est déjà une grande victoire, car la marche est une première ». Et d’ajouter : « Des policiers continuent à vivre dans une culture de frayeur. Peut-être à travers cette marche prendront-ils leur courage à deux mains dans le futur. »
Profitant de l’occasion, il a annoncé que son syndicat remettra une lettre au bureau du Premier ministre « pou ki amelior nou bann kondision travay e ki nou bann drwa pa bafwe ». Le président de la POSU a déclaré que le but de cette marche est de faire prendre conscience aux autorités concernées des doléances des policiers et d’améliorer leurs conditions au quotidien.           
Par ailleurs, le commissaire de police par intérim, Krishna Jhugroo, a estimé que depuis la promulgation de la Police (Membership of Trade Union) Act, en novembre 2016, quatre syndicats de la police se sont enregistrés. « Me pa finn ena okenn reket de “recognition” ziska ler », dit-il. « Fode zot gagne “recognition”, lerla zot vinn sindika ofisielman. Nou ankor pe atann ! »
Intervenant au cours d’un atelier de travail sur le syndicalisme hier aux Casernes centrales, le DCP Jhugroo souhaite « la formation de syndicats de police responsables et structurés ». Il a rappelé qu’antérieurement à la Police Act, il y avait la Police Federation, où plusieurs réunions ont eu lieu avec la direction de la police pour discuter des doléances de leurs membres. « Pwisk pena okenn sindika ki “recognise”, nou pa gagn boukou rankont avek bann organizasion aster. Selman, dan lapolis ena enn “Internal Assesment cell” kot nou gagn boukou bann korespondans ek doleans kot nou “deal” avek », soutient le haut gradé.