Observateur attentif de la société mauricienne et de ce qui se passe aussi ailleurs, Mgr Ian Ernest livre son analyse de l’année 2015, qui s’achève dans six jours. Dans l’interview qui suit, l’évêque de Maurice, avec subtilité, aborde une kyrielle de sujets, allant des affaires du pays aux préoccupations des Mauriciens en passant par la religion. Une des faiblesses relevées par Mgr Ernest est le manque de vision pour le pays alors qu’il s’agit, selon notre invité, d’une question fondamentale pour progresser. « On procède par fragmentation (…) Il n’y a pas de vision globale pour donner au Mauricien ce qu’il mérite comme citoyen (…) Qu’il y ait une vision claire et planifiée de ce que sera Maurice dans 15 ans et que cela dépasse les clivages politiques », souhaite Mgr Ernest.
L’année 2015 est déjà bouclée, quels sont les sentiments qui vous habitent ?
La vie est une continuité et le calendrier nous permet de prendre du recul par rapport à une certaine période de notre vie. L’année 2015 a eu son lot d’épreuves mais aussi d’opportunités et de choix mais c’était une période intéressante tant sur le plan national, diocésain que personnel. Au plan national, il y a eu une grosse attente dans la population à la fin de l’année dernière, et il y a eu beaucoup d’espoirs que celle-ci se réaliserait. Mais il y a eu des déconvenues et des moments de déception. La nature humaine a tendance à regarder toujours le négatif et rarement nous nous penchons sur les points positifs. Ne voyons pas la tache noire sur une belle nappe blanche, voyons tout d’abord la nappe blanche. Je crois fermement que l’être humain doit être avant tout une personne imprégnée d’espérance. Face à l’échec, se dire que cette situation ne dure pas et que l’échec est l’occasion de rebondir, de se prendre en main pour atteindre la joie et le bonheur qui a échappé.